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> Circuit « Désert et Oasis »

13 octobre 2015

Oasis

« DÉSERT ET OASIS » : un circuit nature dans le désert marocain

Guêpier d'Europe (Merops apiaster) - photo O. El Achab

Guêpier d’Europe (Merops apiaster) – photo O. El Achab

Le désert saharien, steppe désertique, est un milieu bien vivant où la vie est soumise à une sélection très sévère. Au Maroc, cette région est située au sud des Atlas, là où s’arrête la végétation méditerranéenne. Les conditions sont rudes avec des températures estivales pouvant atteindre les 45°C au plus fort de la journée et descendre en dessous de zéro les nuits d’hiver. Cette très forte amplitude thermique est typique d’un climat saharien, exacerbé par une quasi absence de pluies et une forte sécheresse de l’air. En revanche, les chutes de température nocturne engendrent au petit jour une rosée vitale à certaines espèces végétales et animales. C’est cette vie qui rayonne en silence que nous vous proposons d’observer lors d’un circuit « Désert et Oasis » en avril 2016. Un guide ornithologue accompagnera le groupe pour une initiation à l’avifaune du désert et des oasis. Les guides berbères, qui connaissent le désert à la perfection, vous apprendront à lire les traces d’animaux, à reconnaître certaines plantes, à décrypter le paysage. Mais aussi ils partageront avec vous leur quotidien en toute simplicité.

Le circuit est accessible à tous. Pas besoin d’être un grand marcheur ni un ornithologue chevronné. Vous adorez les grands espaces et rêvez de dormir sous les étoiles ? Vous  aimez écouter  les bruits de la nature, l’observation et souhaitez découvrir le monde merveilleux des oiseaux ? Ce voyage est pour vous.

CIRCUIT « DÉSERT et OASIS »

  • Programme détaillé sur demande
  • Nombre de participants limité à 10
Pommier de Sodome (Calotropis procera) - photo I. Six

Pommier de Sodome (Calotropis procera) – photo I. Six

Au départ de Marrakech, les 4×4 passeront le Tizi-n-Tichka ou « col des pâturages » à plus de 2.000 mètres d’altitude. Mais avant cela, ils emprunteront une route peu touristique pour découvrir des vallées et des villages magnifiques sublimés par la lumière du printemps.  Ensuite ils traverseront les montagnes de l’Atlas pour rejoindre l’oasis de Fint puis la vallée du Draâ et Zagora aux portes du désert. La méharée est le mode de transport traditionnel des nomades dans le désert. En compagnie des chameliers et de leurs dromadaires, vous parcourez des paysages où alternent regs, plateaux arides, grandes étendues de sables. Vos dromadaires porteront vos affaires ainsi que le matériel de bivouac. La diversité des paysages offre la possibilité d’observer une grande variété de faune et de flore.

Au retour du circuit, vous pouvez prolonger votre séjour au riad Dar Zampa, véritable oasis de quiétude au cœur d’une ville trépidante. Il présente les atouts d’une parfaite maison d’hôtes dans le sens le plus pur du terme aux attraits d’une véritable table d’hôtes qui fait la part belle à la cuisine marocaine dans ce qu’elle a de plus savoureux et parfumé.

Huppe fasciée (Upupa epops) - photo O. El Achab

Huppe fasciée (Upupa epops) – photo O. El Achab

POUR TOUS RENSEIGNEMENTS

Riad Dar Zampa

85 derb Iminzate, Zaouia Abbassia, 40000 Marrakech

Tél : +212 (0)5 24 38 65 44

Mob : +212 (0)661 88 05 81

E-mail : contact@riad-darzampa.com

Website : http://www.riad-darzampa.com

> Cake aux épices et aux dattes

18 septembre 2015
Régime de dattes - R. Six

Régime de dattes – R. Six

Le début de l’automne, c’est la période où l’on trouve des fruits tels que les grenades, les coings ou les dattes. Ces dernières ont l’avantage de se trouver fraîches et à profusion sur les étals des marchands marocains. Fruits fragiles, leur durée de conservation est limitée et on les trouvera petites, brunes à la chair fripée sur les marchés européens. Et sous cette forme séchée, leurs caractéristiques nutritionnelles ne sont pas les mêmes que lorsqu’elles sont consommées fraîches. La datte voit sa portion de glucides, de minéraux et de fibres largement supérieur à celle d’un fruit frais classique. Le pourcentage de calories peut atteindre 118 kcal pour 100 g contre 50 à 70 kcal pour un fruit frais normal. Néanmoins, la datte séchée remporte la palme, avec sa capacité hautement énergétique de 282 kcal pour 100 g. Sa teneur en glucides, pouvant aller de 64 % à 69 %, représente un complément énergétique de qualité pour faire du sport. Cette valeur est trois à cinq fois supérieure à celle d’un fruit frais. Les nomades ne s’y trompent pas et connaissent sa valeur nutritive au-delà de toute espérance. Après s’être délectés de la pulpe d’une datte fraîche, ils offrent le noyau à leur chameau. On raconte que celui-ci rit de bonheur et de ravissement de déguster cette amande dure dont la pellicule est encore miellée.

Palmier dattier ou Phoenix dactylifera - photo I. Six

Palmier dattier ou Phoenix dactylifera – photo I. Six

La datte est le fruit du palmier dattier ou Phoenix dactylifera, cultivé depuis plusieurs millénaires au Moyen Orient et dans le Nord de l’Afrique. Cette plante est dioïque : les fleurs mâles et femelles sont portées par des individus différents. La pollinisation des pieds femelles se fait par le vent, mais en culture elle doit se faire par la main de l’homme, le nombre d’individus mâles étant volontairement inférieur au nombre d’individus femelles. Le dattier apparaît essentiel dans les agrosystèmes oasiens car il domine la strate arborée des arbres fruitiers qui poussent à son ombre et qui, eux-mêmes, couvrent cultures maraîchères, fourragères et céréalières.

Outre le fruit très énergétique, toutes les autres parties de la plante sont également utilisées : le stipe (tronc) comme matériau de construction ou comme combustible, les feuilles ou palmes pour couvrir les toits, fabriquer des clôtures et fixer les dunes ainsi que pour la vannerie.

Palmeraie de Tinghrir - photo I. Six

Palmeraie de Tinerhir – photo I. Six

Au Maghreb, la datte agrémente tajines, couscous et ragoûts, ou on l’intègre dans des desserts tels que des makrout. Mais surtout les dattes accompagnent la fameuse harira, soupe de la rupture du jeûne du mois de ramadan, qui peut être consommée tout au long de l’année, principalement en hiver.

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Cannelle gingembre, noix et raisins secs, dattes fraîches – photo I. Six

Nous vous proposons un cake aux épices et aux dattes, idéal pour couper une petite faim d’après-midi.

INGRÉDIENTS pour 6 personnes

    • 5 œufs
    • 10 cl d’huile de tournesol
    • 100 g de beurre mou
    • 100 g de dattes (de préférence fraîches)
    • 50 g noix émondées
    • 50 g de raisins secs
    • 100 g de farine
    • 100 g de sucre en poudre
    • 2 c à soupe de cannelle en poudre
    • 1 c à soupe de gingembre en poudre
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Cake aux épices au Riad Dar Zampa – photo I. Six

PRÉPARATION :

    • Préchauffer le four à 180° (th.6)
    • Dénoyauter les dattes, les laver et les mixer.
    • Dans un récipient mélanger la farine, le sucre, les œufs, l’huile, les noix, les dattes, les raisins secs, le gingembre, la cannelle.
    • Ajouter le beurre mou.
    • Beurrer un moule un cake et y verser la pâte. Faire cuire au four environ 40 minutes. Démouler et laisser refroidir.

Prenez un morceau de cake, une tasse de café et laissez-vous vivre avec un bon bouquin…

 

Isabelle S.

Références bibliographiques

« La première friandise », Saveurs, par Monique Zetlaoui, in Qantara, octobre 2006, n°61, pp.65-67.

 « Origines et domestication du palmier dattier (Phoenix dactylifera L.) », par Muriel Gros-Balthazard, Claire Newton, Sarah Ivorra, Margareta Tengberg, Jean-Christophe Pintaud et Jean-Frédéric Terral, in Revue d’ethnoécologie [En ligne], 4 | 2013, mis en ligne le 19 novembre 2013, consulté le 17 septembre 2015. URL : http://ethnoecologie.revues.org/1524 ; DOI : 10.4000/ethnoecologie.

Dattes fraîches de Zagora (cultivar Bu-shamî) - photo I. Six

Dattes fraîches de Zagora (cultivar Bu-shamî) – photo I. Six

> Gâteau aux coings

9 septembre 2015
Un cognassier et ses fruits

Un cognassier et ses fruits

Le coing est le fruit du cognassier (Cydonia oblonga), un arbuste ne dépassant pas 5 à 6 mètres de hauteur et originaire d’Asie, plus précisément des régions du Caucase (Arménie), de la Perse (Iran) et de l’Anatolie (Turquie). Il aurait été introduit au moyen âge, progressivement en Afrique du Nord où il est cultivé comme arbre fruitier, puis dans les pays de l’Europe occidentale où on l’emploie principalement comme plante ornementale. Au Maroc, le coing se retrouve sur les marchés au même titre que les pommes ou les poires dès le mois de septembre et se prépare généralement en tajine.

La chair dure et ligneuse des fruits devient jaune et très parfumée à maturité. La forme et la grosseur du coing sont variables selon que l’arbrisseau appartient à la lignée des « cognassiers mâles », produisant des « coings-pommes » (à fruits ronds, tels ceux du cultivar  »Leskowatz »), ou à celle des « cognassiers femelles », produisant des « coings-poires » (piriformes, comme ceux du très ancien cultivar « Champion »).

Coings-pommes - photo I. Six

Coings-pommes – photo I. Six

Si le coing dégage une odeur particulièrement agréable, le goût de sa chair – assez coriace et chargée de tanins – est plutôt âpre lorsqu’il est cru. Aussi, il sera toujours préparé avant d’être consommé : gelée, pâte de fruit ou compote sont les préparations les plus faciles.
Il peut être consommé en légume, coupé en morceaux, dans de l’eau citronnée, pour accompagner du gibier ou intégré dans des tajines (tajine d’agneau ou coings).
Mais nous vous proposons une recette de gâteau, une fois n’est pas coutume, où l’âpreté du coing est compensée par la douceur de la cassonade caramélisée. Pour ceux qui apprécient la pâtisserie bretonne (ceci n’est pas une recette bretonne, mais un mélange de diverses influences du moment), on retrouve le délicieux mélange de beurre salé et sucre… Chasseurs de calories s’abstenir !

INGRÉDIENTS pour 6 personnes

Le gâteau aux coings - photo I. Six

Le gâteau aux coings – photo I. Six

  • 500 g de coings
  • 100 g de farine
  • 80 g de sucre en poudre
  • 2 c à soupe sucre cassonade
  • 1 c à c de cannelle
  • 20 cl de crème fraîche
  • 75 g (+ 25 g pour le plat) de beurre salé
  • 1 c à c d’eau de fleur d’oranger
  • ½ verre de lait

RÉALISATION :

  • Difficulté : facile
  • Préparation : 15 min
  • Cuisson : 45 min
  • Temps total : 1h

PRÉPARATION :

  • Préchauffez le four à 210°C (thermostat 7). Beurrez le plat avec les 25 g de beurre. Epluchez et évidez les coings puis coupez-les en cubes. Rangez-les dans le plat en les serrant. Saupoudrez-les d’1 cuillère à soupe de cassonade et de la cannelle.
  • Enfournez et faites cuire les coings environ 15 minutes à 180°C (thermostat 6).
  • Dans un saladier, mélangez la farine avec 80 g de sucre, l’eau de fleur d’oranger, la crème fraîche, le lait et les 75 g de beurre salé fondu. Mélangez bien pour obtenir une pâte homogène et molle.
  • Versez la préparation sur les coings et saupoudrez d’une cuillère à soupe de cassonade. Enfournez à mi-hauteur et faites cuire pendant 30 minutes à 210°C (thermostat 7).
Régalez-vous…

Isabelle S.

> « Le Lion et le Vent » : cinéma et histoire

6 septembre 2015

Titre

L’affiche du film

Pour voir la bande annonce du film en VO :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19512418&cfilm=10888.html

En 1975 sortait un film d’aventure aux accents orientalisants, réalisé par l’Américain John Milius. Le nom de Milius n’est peut-être pas connu des cinéphiles avertis mais cette figure incontournable du cinéma américain appartient à la bande des cinéastes des années 1970 (Movie Brats) tels que Francis Ford Coppola, Steven Spielberg, Martin Scorsese, Brian de Palma ou encore George Lucas. A peine dix films en quinze ans en tant que réalisateur (on lui doit Dilinger, Conan le Barbare, L’adieu au roi…), il est plus prolifique dans le domaine de la scénarisation (Dirty Harry, Jeremiah Johnson, Apocalypse Now, Jaws, la série Rome…).

Synopsis

Basé sur des faits réels, The Wind and the Lion (« Le Lion et le Vent ») nous transporte au début du siècle dernier dans un Maroc alors source de conflits entre les grandes puissances que sont l’Allemagne, la France et l’Angleterre qui, toutes trois, essayent d’établir une sphère d’influence dans le pays. Par une belle journée d’octobre 1904, un groupe de cavaliers mené par le chef berbère Moulay Ahmed er-Raizuli enlève dans leur villa qui domine la ville de Tanger, Eden Pedecaris (Hélène Carter, dans la version française) et ses enfants, William et Jennifer. Opposé au jeune sultan Moulay Abd el-Aziz et son oncle, le pacha de Tanger qu’il considère comme corrompu et à la solde des Européens, Raizuli réclame une rançon exorbitante  dans le but délibéré de provoquer un incident diplomatique, espérant bien embarrasser le sultan et démarrer une guerre civile.

Brian Keith dans le rôle de Théodore Roosevelt (image du film)

Pendant ce temps, aux Etats-Unis, le président Théodore Roosevelt, en pleine campagne électorale pour sa réélection à la Maison blanche, s’empare du « dossier Pedecaris » et décide d’utiliser le kidnapping à des fins de propagande politique (inventant l’idiotisme « Pedecaris vivante ou Raizuli mort ! »).

Les Pedecaris sont maintenus en otage dans le Rif par Raizuli et ses hommes, loin de tout secours. Alors que la fascination pour le peuple rebelle et son chef semble peu à peu s’exercer sur  les enfants, et plus particulièrement sur le jeune William, un sentiment ambigu tiraille la belle Eden qui trouve Raizuli « rustre et brigand » mais ne peut s’empêcher d’être troublée par son charisme et son mystère. En revanche, Raizuli en digne chef Berbère, ne peut tolérer qu’une femme rie de lui, surtout en présence de ses hommes mais avoue que l’Américaine est « une grande perturbation » et il fait tout son possible pour ne pas perdre la face. Aidés par un des hommes de Raizuli, les Pedecaris tentent de s’échapper mais, trahis, ils se trouvent entre les mains de voleurs en plein désert. Fort heureusement, Raizuli les tire d’affaire et avoue à Eden qu’il n’a jamais eu l’intention de nuire aux Pedecaris (« Raizuli ne tue jamais les femmes et les enfants »).

Premier regard entre Raizuli et Eden Pedecaris

Premier regard entre Raizuli et Eden Pedecaris (image du film)

Sous  la contrainte, le Pacha accepte d’accéder aux exigences de Raizuli. Durant l’échange des otages, Raizuli est trahi et capturé par les troupes allemandes et marocaines sous le commandement de Von Roerkel, alors que Eden Pedecaris et ses enfants sont mis sous bonne garde par un contingent américain. Lors d’une bataille au cours de laquelle Berbères et Américains s’unissent pour battre les Allemands et leurs alliés marocains, Raizuli est libéré par Eden. Il s’enfuit avec ses hommes sous les yeux admiratifs du jeune William. Son « héros » arrive vers lui sur son cheval blanc et attrape le fusil qu’il tenait dans ses mains…

Aux Etats-Unis, Roosevelt applaudit cette victoire et les Pedecaris arrivent sains et saufs à Tanger. Roosevelt reçoit alors une lettre de Raizuli, comparant ainsi les deux hommes et donnant tout son sens au titre du film : « Moi, comme le lion je reste à ma place, alors que vous, comme le vent, vous ne savez jamais où est la vôtre ».

Faits historiques

Caricature concernant l’Affaire Pedecaris

Alors que le film nous montre l’enlèvement de la veuve Pedecaris, les faits historiques diffèrent légèrement. En effet, le 18 mai 1904, Ion Perdicaris, citoyen américain d’origine grecque et son gendre Varley, sujet britannique, sont enlevés par Raissouni, chef d’un mouvement de « rébellion » au nord du Maroc. Celui-ci impose au Makhzen des conditions pour la libération de ses otages. Il souhaite entre autres la destitution du pacha de Tanger, la libération de ses compagnons enfermés dans les geôles du pays  et le versement d’une indemnité de 70.000 $. Il exige également que les Anglais et les Américains lui garantissent l’acceptation de ces conditions. Contrairement aux apparences, cet « incident » dépasse de loin le cadre du Maroc et sa grande signification est plutôt due à son influence sur la compétition des grandes puissances rivales pour la conquête de l’Afrique du nord.

Le chef berbère Raissouni (photo voixdailleurs.com)

Le personnage  joué par Sean Connery, Ahmed er-Raizouni trouve son origine dans la figure historique d’Ahmed Rassouni (ca 1860-1925), sorte de bandit justicier qui dépouillait et rançonnait les voyageurs dans la région de Tanger et qui lançait des opérations contre les souks de la régions, détroussant les commerçants. Les expéditions envoyées contre lui n’aboutirent pas car, en cas de difficultés, il regagnait sa base imprenable de Zinat, dans le pays des Jbala ce qui lui valut le surnom de « L’Aigle de Zinat ». Sa mise en état d’arrestation par son propre cousin et frère de lait, le Pacha de Tanger provoque un véritable tournant dans la vie de Raissouni et un durcissement de son caractère. Enchaîné comme un esclave pendant quatre ans que dura son emprisonnement , il faillit perdre la vie. Libéré suite à une grâce accordée par le nouveau sultan, Moulay Abd el-Aziz,Raissouni reprend ses activités mais s’en prend à certains émissaires étrangers, le premier étant le journaliste anglais Walter Harris. En contrepartie, il n’exigera « que » la libération de ses compagnons de prison.

Héros nationaliste ou bandit des grands chemins, les historiens hésitent encore sur la catégorie dans laquelle le classer.

Sultan Moulay Abd el-Aziz (photo Zamane)

Le film présente le jeune sultan Moulay Abd el-Aziz comme un souverain immature, indolent, caractériel, une image qui cautionnerait presque la colonisation d’un pays… Il s’avère que lorsqu’il exerça le pouvoir en 1900, Moulay Abd el-Aziz avait à peine 20 ans. Pour l’anecdote, c’est sous le règne de son père, Hassan Ier, que Léopold II, roi des Belges et au titre de souverain de l’Etat indépendant du Congo, chercha à prendre pied sur l’un ou l’autre point de la côte atlantique et envoya la mission Whettnall, du nom du ministre résident de  Belgique à Tanger, auprès du sultan de décembre 1887 à janvier 1888. Cette ambassade transportait un chemin de fer miniature en pièces détachées dont on voulait  faire la démonstration au sultan en vue de l’inciter à la construction d’une voie ferrée de Tanger à Fès. Cette première tentative n’aboutit à aucun résultat sur le plan pratique mais c’est cette locomotive que l’on aperçoit dans le film lorsque l’ambassadeur des Etats-Unis vient rendre visite au sultan dans son palais de Fès.

Le sultan Moulay Abd el-Aziz était réellement fasciné par les nouveautés européennes. Il jouait au tennis, possédait de nombreuses bicyclettes – comme on peut le voir dans le film -, des automobiles, des pianos, des appareils photographiques, des phonographes… Son goût des gadgets attira dans la sphère du pouvoir toute une cohorte de « commis voyageurs » européens qui ne manquèrent pas de corrompre tout son entourage.

Cette liberté avec l’histoire donne un souffle épique et une touche romantique au film. C’est aussi l’occasion de belles confrontations de caractères entre Candice Bergen, sublime en femme de tête, intelligente, courageuse,  et un Sean Connery très crédible en chef berbère, dont la foi et l’honneur sont inébranlables. Chacun admire les qualités de l’autre, leur interaction se situe à un niveau intellectuel, sans écarter pour autant toute implication émotionnelle.

Sean Conney (Raizouli) et Candice Bergen (Eden Pedecaris)

Sean Conney / Raizuli et Candice Bergen / Eden Pedecaris (image du film)

Film savoureux à plus d’un titre, qui ne cache pas ses sources d’inspiration dans Lawrence of Arabia pour les scènes de bataille ou pour les paysages de désert, il l’est également dans sa manière de mettre en exergue la prétention des Etats-Unis et leur goût prononcé pour la guerre. Obnubilé par le grizzli,  Théodore Roosevelt compare son pays au grand ursidé, symbole américain par excellence : « Aucun allié, seulement des ennemis. On vous respectera, on vous craindra, mais on ne vous aimera jamais. » Les mots lancés par une mégère dans la foule alors qu’il est en campagne électorale, « Eh Winnie, est-ce que tu vas laisser les Arabes se moquer de nous au Maroc ? », si ils ont pu faire sourire dans les années ’70, prennent un tout autre sens aujourd’hui…

Le réalisateur John Milius

John Milius montre à travers ce film sa fascination pour la figure de Théodore Roosevelt ainsi que celle qu’il partage avec lui pour les armes à feu. Le réalisateur est connu pour recevoir les journalistes chez lui avec un fusil à pompe sur les genoux. On aime la mise en scène…

La musique composée par Jerry Goldsmith incorpore aux cuivres tonitruants un grand ensemble de percussions d’inspiration arabe et valut à son auteur un Academy Award.

Pour écouter le thème du film, cliquez ici : https://www.youtube.com/watch?v=SSa2dv0-dhQ

Isabelle S.

Bibliographie

Ismaïl HARAKAT, Le Lion et le Vent : Quand Hollywood s’intéresse à Ahmed Raissouni, voixdailleurs.com, 2015.

Ismaïl HARAKAT, Ahmed Raissouni, chérifdes Jbalas: héros ou brigand ?, voixdailleurs.com, 2015.

Bernard LUGAN, Histoire du Maroc. Des origines à nos jours, Paris, Ellipses, 2011.

El-Mostafa AZZOU, Un otage américain au Maroc : Perdicaris (1904), in « Guerres mondiales et conflits contemporains », 2004/4, n°216, CAIRN. INFO.

The Wind and the Lion (1975 – Dir. John Milius), Cliomuse.com.

> Gâteau aux figues fraîches

18 juin 2015
Figuier - photo I. Six

Figuier – photo I. Six

En Belgique, on a l’habitude de voir la figue sous sa forme ratatinée et sèche, principalement pendant la période des fêtes de fin d’année. On la mange avec les fruits secs, les dattes et parfois fourrée de pâte d’amande. Mais ici, quelle chance, c’est la saison des figues fraîches ! Il est vrai que c’est un fruit du bassin méditerranéen, cultivé depuis des millénaires mais originaire de l’Asie mineure. Il existe une multitude de variétés que l’on peut classer selon la couleur et la taille. Si la saison des figues fraîches semblent bien courte, les figuiers fructifient deux fois par an ce qui permet deux récoltes, l’une vers le mois de juillet et une autre d’août à septembre. La figue, comme la fraise, est un faux fruit. En effet, les « vrais fruits » sont les petits grains appelés « akènes », qui sont enfermés dans la figue. Pour que chaque akène naisse, il faut donc polliniser chaque petite fleur grâce à un intervenant extérieur. Et il n’y a qu’une seule espèce d’insecte digne de pénétrer l’intimité de la figue. L’heureux élu est un hyménoptère hyper-spécialisé (Blastophaga psenes)… Le rituel se déroule chaque année sous le soleil du printemps, lorsque la rosée sur les feuilles et les fruits a séché, car l’humidité empêche la progression de l’insecte sur le corps de la figue. Dans les vergers, c’est l’homme qui, à l’aide d’un petit pinceau, va féconder les fleurs…

Délicieuses en confiture, mais aussi en tajine, on peut tout simplement les savourer en les croquant natures et bien mûres…

Mais pourquoi se priver du plaisir de déguster un bon gâteau avec du thé à la menthe. Surtout qu’une figue de bonne taille n’apporte que 57kcal/100g…

Figues fraîches vertes - photo I. Six

Figues fraîches vertes – photo I. Six

INGRÉDIENTS pour 6 personnes

  • 125 g de farine
  • une pincée de sel
  • 100 g de cassonade
  • un demi sachet de levure chimique
  • 2 œufs
  • 25 g d’huile d’olive
  • 50 g de lait
  • un peu de cannelle
  • 500 g de figues fraîches

RÉALISATION

  • Préparation : 15 min
  • Cuisson : 30 min

PRÉPARATION :

  • Préchauffez le four à 210°C (thermostat 7). Beurrez le moule.
  • Mélangez tous les ingrédients sauf les figues. La préparation doit être bien homogène et onctueuse.
  • Versez la pâte dans le moule. Si vous trouvez qu’il y a peu de pâte, ne vous inquiétez pas, elle montera…
  • Coupez les figues en deux ou en quatre selon leur taille, et disposez-les sur la pâte, peau en dessous. Parsemez-les légèrement d’un peu de cassonade pour obtenir à la cuisson un effet doré et caramélisé.
  • Faites cuire 30 minutes. Vérifiez la cuisson en plantant un couteau dans la pâte, il doit en ressortir propre.
Gâteau aux figues fraîches - photo I. Six

Gâteau aux figues fraîches – photo I. Six

> Mousse onctueuse à l’orange

17 juin 2015

Envie de fruits… Mais de desserts aussi ! Alors cette petite mousse légère à l’orange est parfaite pour terminer un repas. Elle peut se décliner avec n’importe quel agrume mais l’orange lui confère peut-être un goût plus doux et moins acide que le citron ou le pamplemousse. Ajoutez-y une pointe de cannelle et quelques gouttes d’eau de fleur d’oranger si vous aimez… encore et toujours cette note orientale.

Oranges non traitées pour pouvoir en prélever le zeste - photo I. Six

Oranges non traitées pour pouvoir en prélever le zeste – photo I. Six

INGRÉDIENTS pour 6  personnes :

  • 2 oranges
  • 3 feuilles de gélatine (facultatives car cela n’apporte finalement pas grand-chose à la texture)
  • 4 œufs
  • 175 g de sucre en poudre
  • 30 g de beurre
  • 400 g de crème épaisse
  • 1 cuillère à café de cannelle
  • Quelques gouttes d’eau de fleur d’oranger

RÉALISATION

  • Préparation : 15 min
  • Temps de repos : 2 heures

PRÉPARATION :

photo I. Six

photo I. Six

  1. Zestez les oranges et pressez-en le jus. Mettez les feuilles de gélatine dans de l’eau froide.
  2. Faites chauffer doucement et ajoutez 4 jaunes d’œufs et le sucre. Mélangez doucement au fouet à main pour obtenir une consistance de crème anglaise. Retirez du feu lorsque cela commence à frémir.
  3. Ajoutez le beurre fondu et les feuilles de gélatine, saupoudrez d’une pincée de cannelle. Versez la préparation dans un récipient et conservez au réfrigérateur.
  4. Montez les blancs en neige en y ajoutant une pincée de sucre.
  5. Incorporez-les au mélange ainsi que la crème épaisse fouettée. Mélangez délicatement. On a une crème mousseuse et légère.
  6. Répartissez la mousse dans les éléments de service et placez au frais pendant au moins 2 h. Au moment de servir, décorez de zestes d’oranges ou, selon la taille des verrines, vous pouvez recouvrir la mousse d’une fine rondelle d’orange du diamètre du verre.
La mousse légère à l'orange - photo I. Six

La mousse légère à l’orange – photo I. Six

> Tagliatelles de carottes à l’huile d’argan

9 juin 2015

Cultivée dans tout le pays et tout au long de l’année, la carotte est un légume de base utilisée dans beaucoup de tajines. On la prépare également en salade avec du cumin et de la coriandre ou encore associée à l’orange.

J’ai trouvé la recette des tagliatelles de carottes sur internet et ai adapté l’assaisonnement et les condiments pour y donner toutes les saveurs du pays. Comme entrée ou comme plat d’accompagnement, elle peut se proposer tiède ou froide.  Très simple à réaliser, il faut un peu de patience et de dextérité pour couper les carottes en belles lanières au moyen d’un couteau-économe (ou épluche-légumes) sans perdre trop de matière. Pour le reste, il suffit de suivre les étapes ci-dessous :

INGRÉDIENTS pour 4 personnes :

Tagliatelles de carotte à l'huile d'argan - photo I. Six

Tagliatelles de carotte à l’huile d’argan – photo I. Six

  • 6 belles carottes
  • 1 gros oignon
  • 1 cuillère à soupe d’huile d’olive
  • 1 poignée de noix ou noisettes concassées grossièrement
  • 1 cuillère à soupe de miel
  • 1 filet d’huile d’argan
  • 1 cuillère à café de cumin
  • Quelques brins de coriandre fraîche
  • Sel, poivre

 

RÉALISATION

  • Difficulté : facile
  • Préparation : 15 mn
  • Cuisson : 15 mn
  • Temps Total : 30 mn

 

PRÉPARATION :

  • Émincer l’oignon, le mettre dans une poêle avec l’huile d’olive et laisser colorer.
  • Détailler les carottes en tagliatelles avec un économe. Les ajouter aux oignons. Couvrir et laisser cuire 10 minutes environ. Si nécessaire, ajouter un peu d’eau.
  • Quand les carottes sont cuites, ajouter le miel, les noix (ou noisettes), le cumin, le sel et le poivre. Bien mêler le tout.
  • Disposer dans le plat à service et parsemer de coriandre fraîche.

 

Régalez-vous…

photo I. Six

photo I. Six