Skip to content

> Escapade en dehors de Marrakech : le lac Lalla Takerkoust

14 mai 2017

Le barrage et le lac Lalla Takerkoust – photo I. Six

Marrakech est une ville animée, palpitante et… fatigante ! Lorsqu’on y vit toute l’année, les occasions de prendre l’air dans ses proches environs sont fort appréciables. Située au cœur de la plaine du Haouz,  la ville ocre est surplombée par les montagnes du Haut Atlas de Marrakech. Il suffit de parcourir quelques dizaines de kilomètres pour se trouver en pleine nature, croiser des troupeaux de moutons et de chèvres, découvrir des paysages verdoyants, traverser des gorges et des vallées auxquelles s’agrippent des petits villages berbères. Le dépaysement est radical.

Soleil, bouquin, sérénité… – photo R. Six

Un endroit, parmi d’autres, où j’aime particulièrement passer une journée, pour lire tranquillement un bon bouquin en sirotant un thé à la menthe ou pour faire une petite promenade jumelles au cou, est les abords du Lac Lalla Takerkoust. En hiver, les sommets enneigés se reflètent dans ses eaux calmes. Le soleil, présent quasi toute l’année, nous réchauffe alors que l’on mange des brochettes sur la terrasse du restaurant Amghouss. Les moineaux participent au repas en picorant les grains de riz et les miettes de pain laissés sur la table.

Le lac avec son niveau d’eau élevé – photo I. Six

Lorsque l’année est particulièrement pluvieuse, que la neige est tombée en abondance dans l’Atlas, le lac se remplit et son niveau monte sensiblement. Construit entre 1929 et  1935, sous le nom de Cavagnac, le barrage irrigue la plaine du Haouz et produit de l’énergie électrique pour toute la région. Le lac, créé par la retenue des eaux de l’oued n’Fiss, s’étend sur 7 km. Après l’époque du Protectorat, le barrage et le lac changèrent de nom pour s’attribuer celui de Lalla Takerkoust, une sainte protectrice du lieu où elle serait enterrée.

Les pédalos au repos – photo I. Six

Le week-end, l’endroit est privilégié par les Marrakchi qui viennent y passer la journée en famille, fuyant les grandes chaleurs de la ville, le bruit et la pollution. Des activités nautiques se développent : planche à voile, canoë, ski nautique, jet ski, stand up paddle, pédalos. Bien que la baignade soit interdite, il n’est pas rare de voir les enfants, et les plus grands, patauger dans l’eau.

Pour rejoindre ce petit paradis, on quitte Marrakech en ddirection d’Asni, puis l’on bifurque vers Amizmiz. La route passe à côté du village d’Oumnass. Une belle occasion d’y faire une halte et de visiter la kasbah datant du début du XXème siècle. Elle a servi à de cadre à plusieurs de film (dont Marrakech Express) et jouxte une kasbah plus ancienne laissée à l’abandon.

Le village d’Oumnass et la kasbah – photo I. Six

Dar Zagora, maison d’artistes – photo I. Six

Ensuite la route sillonne à travers un paysage aride et désertique qui se modifie à mesure que l’on approche de Lalla Takerkoust. La route est alors flanquée de murs rouges d’où débordent des bougainvilliés. C’est à ce niveau que l’on découvre d’étranges sculptures faites de toutes sortes de matériaux. Elles annoncent l’entrée de Dar Zagora, une maison d’artistes où ceux-ci peuvent y établir résidence, disposer d’espace de création et du matériel nécessaire. Des expositions, des activités pour les enfants et les écoles y sont organisées.

Enfin, au détours d’un virage, on débouche sur la petite ville de Lalla Takerkoust dominée par l’impressionnant barrage sur lequel s’affiche la devise nationale الله ؛ الوطن ؛ الملك : »Dieu, la patrie, le roi ». Cafés, restaurants, boutiques, stations d’essence se répartissent de part et d’autres et, à l’heure de la sortie des écoles, les enfants en tablier blanc se mêlent à une foule toujours dense. Des fresques peintes par les jeunes artistes de Dar Zagora ornent plusieurs murs du bourg.

photo I. Six

Pour rejoindre le lac, il faut bifurquer à gauche et prendre une petite route qui grimpe  légèrement. Les abords du lac apparaissent, bordés de bouquets d’eucalyptus. Au printemps, on entend le chant du coucou, quelques cormorans plongent dans les eaux poissonneuses, des bergeronnettes – grises et des ruisseaux – hochent leur queue à la recherche de quelques insectes. Malheureusement, comme dans beaucoup d’espaces naturels au Maroc, le pique-nique sauvage occasionne des détritus qui jonchent le sol çà et là, gâchant un peu la promenade. Mais les belles rencontres et les observations font très vite oublier ce point négatif.

Vue sur le lac depuis le plateau du Kik – photo I. Six

Pour rejoindre Marrakech par le chemin des écoliers, on reviendra jusqu’à la ville de Lalla Takerkoust pour prendre une piste qui traverse la plaine, dans un décor grandiose, jusqu’au plateau du Kik. Arrivé au sommet, la plaine s’étend en contrebas dans un paysage magnifique où s’inscrit les contours du lac. Les villages traversés, dénués de toute industrie et de tout confort, témoignent de la précarité dans lesquelles vivent les paysans de cette région. Culture et élevage sont les principales ressources et, malgré cette simplicité extrême, les habitants n’hésitent pas à partager avec vous la grande tradition du thé à la menthe. De là, la route redescend vers Moulay Brahim, traverse Asni et rejoint la vallée d’Ourika.

Une journée de repos, de découvertes, de rencontres, à moins d’une heure de Marrakech !

L’hospitalité marocaine – photo A. Happaerts

 

Publicités
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :