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> Une exposition au Musée d’Art et de Culture de Marrakech (MACMA) : L’Orient rêvé par l’Occident

26 juin 2016
ABASCAL, Village marocain, Azrou, 1928 Huile sur toile, 45 x 35 cm, Collection particulière, Tanger

ABASCAL, Village marocain, Azrou, 1928
Huile sur toile, 45 x 35 cm, Collection particulière, Tanger

LE MACMA – Musée d’Art et de Culture de Marrakech

Voilà quatre mois que le MACMA ouvrait ses portes au cœur du Guéliz, dans le passage Ghandouri où se regroupent snacks, boutiques de luxe et galeries d’art.

Le Musée d’Art et de Culture de Marrakech est dû à l’heureuse initiative du galeriste Nabil El Mallouki, qui fit appel à l’architecte Amine Tounsi. Le résultat offre un bel espace de 400 m², lumineux, moderne et tout en sobriété, répondant aux contraintes muséologiques d’exposition et de conservation. Disposant de sa propre collection, le MACMA ambitionne d’offrir aux visiteurs des expositions annuelles thématiques à caractère narratif, qui seront enrichies par l’apport de collectionneurs, d’amateurs, de fondations…

L'exposition Mahi Binebine & Najia Mehadji : Face à l'histoire - photo I. Six

L’exposition Mahi Binebine & Najia Mehadji : Face à l’histoire – photo I. Six

L’exposition inaugurale du 26 février 2016, en collaboration avec la Biennale du Marrakech, mettait à l’honneur les deux artistes contemporains, Najia Mehadji et Mahi Binebine, autour du thème des tragédies de l’histoire.

Dans la foulée, une exposition d’un thème bien différent vient orner les cimaises et présente l’Orient à travers l’œil des peintres orientalistes, jusqu’au 5 janvier 2017.

En toute logique, le parti fut pris par les organisateurs de limiter au Maroc la zone géographique représentée par les peintres et de sélectionner des artistes ayant vécu ou voyagé dans le royaume chérifien depuis la fin du XIXe siècle jusqu’aux années 1950.

L’ORIENT RÊVÉ PAR L’OCCIDENT …

G. BELLINI, Portrait de Mehmet II

G. BELLINI, Portrait de Mehmet II

L’attirance pour l’Orient n’est pas une invention récente au sein de la création artistique comme en témoigne, par exemple, le Portrait de Mehmet II par Gentile Bellini à la fin du XVe siècle. A la fin du XVIIIe, l’Occident va se focaliser sur l’Orient et particulièrement sur l’Egypte à travers la campagne d’Egypte de Bonaparte (du 19 mai 1798-31 août 1801) : La Description de l’Egypte et l’œuvre de Vivant Denon (1747-1825) vont permettent au public de découvrir les vestiges antiques et l’Orient contemporain.

Mais l’orientalisme prend véritablement naissance au XIXe siècle dans le contexte des voyages rendus plus faciles par la navigation à vapeur ou les chemins de fer. Beaucoup d’artistes persisteront dans une vision d’un Orient de légende, passionné, cruel et violent, d’autres dépeindront avec beaucoup d’application et de vraisemblance des gens vivants dans des lieux exceptionnels.

C’est Eugène Delacroix qui ouvre la voie vers le Maroc et l’Afrique du Nord. En 1832, le peintre est invité à se joindre à la mission diplomatique dirigée par le comte de Mornay et destinée, aux débuts de la « conquête » d’Algérie, à apaiser les inquiétudes du sultan du Maroc. Ce voyage est pour l’artiste une révélation, comme en témoignent ses lettres et ses carnets.

 » Vous ne pourrez jamais croire à ce que je rapporterai parce que ce sera bien loin de la vérité et de la noblesse de ces natures. » Eugène Delacroix – Tanger, 1832.

Pour illustrer la présence de l’artiste au Maroc, l’exposition du MACMA présente quelques œuvres de Delacroix à travers des phototypies (procédé d’impression permettant la reproduction en grand nombre).

Vue de l'exposition "L'Orientalisme au Maroc" au MACMA - photo MACMA

Vue de l’exposition « L’Orientalisme au Maroc »  – photo MACMA

L’Afrique du Nord offre aux peintres d’alors des sujets nouveaux et passionnants, aux couleurs vibrantes, baignés d’une lumière intense. Au départ, les artistes sont essentiellement Français et Britanniques ; pour les autres pays occidentaux qui ne sont pas à la tête d’un important empire, l’Orient est trop éloigné. Les artistes français sont pour les plupart attachés à des missions militaires, scientifiques ou diplomatiques envoyées dans les pays du bassin méditerranéen ou en Perse. Les Britanniques, par contre, se concentrent principalement en Egypte ou en Palestine. Mais dès les années 1870, les Britanniques et les Français ne jouissent plus du monopole virtuel de la peinture orientaliste et Belges, Autrichiens, Allemands, Italiens, Espagnols ou Scandinaves vont planter leur chevalet au-delà de leurs frontières. Cette diversité est évoquée dans l’exposition du MACMA.

L’orientalisme n’est pas un mouvement pictural ni un style mais un « sous-genre » qui débute en France. Il doit être considéré comme la recherche d’un refuge dans une autre réalité que l’on perçoit comme un symbole d’une sagesse éternelle et de valeurs constantes et immuables. La façon de traiter et de mettre en œuvre ces nouvelles données diffère d’un maître à l’autre puisque les artistes conservent leur style originel. Certains restent dans l’académisme pur, d’autres évoluent vers des styles plus novateurs. Les thèmes abordés sont variés et se réfèrent, dans un premier temps, à la vision occidentale de l’Orient : scènes de harem, scènes de chasses au faucon, combat, représentations de paysage typique (désert, oasis, villes orientales). Ces thèmes vont peu à peu se substituer au profit d’une peinture ethnographique plus précise et moins idéalisée.

Plage, Tanger, 1890 Huile sur panneau, 16 x 27 cm, Collection MACMA

J. V. KRÄMER, Plage, Tanger, 1890
Huile sur panneau, 16 x 27 cm, Collection MACMA

Elève de Leopold Carl Muller, peintre autrichien d’histoire et orientaliste, Johann Viktor Krämer (1861 – 1949) visite Paris, Londres, Madrid, et Tanger de 1888 à 1890. Il participe à la fondation de la Sécession viennoise en 1897. Il voyage en Egypte et en Palestine et avec son appareil Kodak prend des photographies qui figurent maintenant dans les collections de l’Albertina de Vienne.

 

L’IDÉE FANTASMÉE DU HAREM

De tous les thèmes de la peinture orientaliste, celui des femmes dans leur appartement a été assurément le plus populaire.

José CRUZ-HERRERA, Le harem, Huile sur toile, 55 x 65 cm, Collection particulière Casablanca

J. CRUZ-HERRERA, Le harem, Huile sur toile, 55 x 65 cm, Collection particulière Casablanca

Comme le harem était précisément le lieu interdit aux hommes, et qui plus est aux hommes étrangers, les artistes peintres ont donné libre cours à leur imagination pour dépeindre ce lieu plein de secrets. De fait, le harem est sans doute l’institution orientale la plus connue et controversée, et sa signification sociale reste encore aujourd’hui largement incomprise. Le mot, tiré de l’arabe « haram » signifie « ce qui est interdit par la loi ». Considéré sous un angle profane, le mot fait référence à une partie de la maison orientale occupée par les femmes et qui constitue pour elles un véritable sanctuaire social. Même si elles pouvaient librement se mêler avec des hommes dont le lien de parenté était étroit, et, si elles étaient voilées, avec des hôtes dans d’autres parties de la maison, elles préféraient en général se tenir à l’écart des regards dans leurs appartements.

En 1875, l’écrivain et journaliste Edmondo de Amicis, accueilli dans une maison marocaine, écrivait à propos du harem : « on entendait les pas et la voix des gens cachés. Tout autour et au-dessus de nous s’agitait une vie invisible, qui nous avertissait que nous étions bien dans les murs, mais en réalité hors de la maison ; que la beauté et l’âme de la famille s’étaient réfugiées dans ses profondeurs impénétrables, et que le spectacle c’était nous, et que la maison restait un mystère ».

Parmi les toiles exposées, celle de l’artiste espagnol José Cruz-Herrera (1890-1972) témoigne de son talent à mettre en valeur la sensualité charnelle de ses modèles. Il part au Maroc en 1929 et s’établit à Casablanca durant de nombreuses années. Connu comme peintre orientaliste avec une prédilection pour la représentation de scènes intimistes et de vie quotidienne du Maroc, sa palette est dominée par des tons chauds – bruns, rouges, – et une pâte généreuse.

Femme au narguilé, Huile sur toile, 48 x 56 cm, Collection particulière, Casablanca

R. BEZOMBES, Femme au narguilé, Huile sur toile, 48 x 56 cm, Collection particulière, Casablanca

A quelques années d’intervalle, Roger Bezombes (1913-1994) traite le même sujet d’une toute autre manière. Proche du style de Matisse, il opte pour une grande liberté dans l’attitude des personnages et dans la pose des couleurs en larges pans continus. Roger Bezombes parcourt le Maroc en 1937 où il se lie avec l’écrivain Albert Camus, et effectue plusieurs séjours dans les autres pays d’Afrique du Nord. Il fait des incursions en Egypte, Palestine et, de ces voyages, rapporte une synthèse poétique et artistique publiée dans l’Exotisme dans l’art et la pensée.

Douceur marocaine (Les deux amies), Huile sur toile, 73 x 50 cm, Collection MACMA

S. DROUET, Douceur marocaine (Les deux amies), Huile sur toile, 73 x 50 cm, Collection MACMA

Figurent également aux cimaises de l’exposition un très beau dessin intimiste de Kees Van Dongen, Femme et enfant (1910) et une huile sur toile de Suzanne Drouet (1885-1973) intitulée Douceur marocaine (Les deux amies). Une des premières femmes admises à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, Suzanne Drouet y rencontre Aline de Lens qui deviendra son amie et qu’elle ira visiter régulièrement au Maroc. Aline de Lens, alors épouse d’André Réveillaud, contrôleur civil de Meknès, sera la seule femme française à pouvoir pénétrer l’intimité des femmes marocaines. Elle relate quelques recettes de sorcellerie et de beauté qui lui ont été confiées par ces femmes dans son ouvrage Pratiques des harems marocains: sorcellerie, médecine, beauté (1925). Devenu veuf en 1925, André Réveillaud épouse Suzanne Drouet qui séjourne avec lui dans la médina de Fès jusqu’en 1950. C’est au Maroc qu’elle réalise la plus grande partie de son œuvre. De 1929 à 1931, elle participe à plusieurs expositions à la galerie Derche de Casablanca avec les peintres Marcel Vicaire et Jean Baldoui et son œuvre est saluée par les critiques de l’époque.

L’APPEL DE LYAUTEY

Les tombeaux saadiens, Marrakech, 1918, Huile sur carton, 32 x 24 cm, Collection MACMA

J. MAJORELLE, Les tombeaux saadiens, Marrakech, 1918, Huile sur carton, 32 x 24 cm, Collection MACMA

Une autre section de l’exposition – probablement celle qui offre les plus belles pièces – rassemble des artistes venus au Maroc dans le sillage de Jacques Majorelle, ou à l’appel du général Hubert Lyautey. Depuis la mise en place du protectorat, le 30 mars 1912, le Résident général de la France au Maroc n’a eu de cesse d’encourager les artistes, peintres et écrivains, à venir s’imprégner de la lumière du Maroc. L’accueil des peintres au Maroc favorise avant tout l’exportation d’images du pays par le biais des œuvres picturales réalisées sur place. A leur retour en France, expositions, concours et publications sont organisés. Dès lors, la peinture sert de tremplin à la politique propagandiste et touristique.

Village de Tasgah, ca 1945, Huile sur toile, 55 x 65 cm, Collection particulière, Casablanca

J. MAJORELLE, Village de Tasgah, ca 1945, Huile sur toile, 55 x 65 cm, Collection particulière, Casablanca

A l’invitation de Lyautey, Nancéien comme lui et ami de sa famille, Jacques Majorelle (1886-1962) gagne le Maroc et s’établit à Marrakech en 1917. Le climat sec lui convient mieux que celui de Tanger et Rabat où il séjourne très peu de temps. Il devient, en quelques années, l’une des personnalités en vue de la ville ocre et est reçu à la Résidence du pacha el Glaoui. Il n’hésite pas à parcourir la ville en tous sens et à installer son chevalet dans les ruelles de la médina. Peu à peu, il va s’éloigner de la ville et entreprendre dès 1920 l’ascension des hauteurs de l’Atlas, franchir les oueds et partir à l’assaut des vigoureuses kasbahs de terre. Il obtient les autorisations nécessaires pour travailler dans ces immensités de rocailles et se rend dans la vallée d’Ounila à Telouet, Anemiter, Tasgah, Tamdaght, Agoudim…

Il parcourt également les escarpements du Moyen Atlas et de ses pérégrinations il fait une suite de gravures réunies en 30 planches publiées dans Les Kasbahs de l’Atlas avec un texte de Pierre Mc Orlan.

En 1922, il explore les hautes vallées du N’fis et du Sous. L’année suivante, il choisit de quitter la médina de Marrakech et de s’installer à la limite de la palmeraie en achetant un terrain planté de peupliers qui deviendra peu à peu le jardin que l’on connaît.

Kasbah de Telouet, aquarelle sur papier, 26 x 33 cm, Collection MACMA

EDY-LEGRAND, Kasbah de Telouet, aquarelle sur papier, 26 x 33 cm, Collection MACMA

Si, de nos jours, le nom d’Edouard Edy-Legrand (1892-1970) n’est pas aussi connu que celui de Majorelle, sa réputation d’illustrateur et de décorateur était pourtant déjà bien établie lorsqu’il arriva au Maroc en 1932.

En tant que décorateur, il fut associé à la réalisation des décors et des fresques des paquebots « Normandie » et l’Île de France » mais aussi des fresques pour la cathédrale de Rabat. Lorsqu’il arrive à Marrakech, il fait la rencontre de Majorelle avec qui il se lie d’une grande amitié. Le peintre nancéien lui fera découvrir les montagnes du Haut Atlas et les villages du sud marocain.

Homme de Tafilalet, ca 940, Gouache sur papier, 36 x 32 cm, Collection particulière Marrakech

H. PONTOY, Homme de Tafilalet, ca 940, Gouache sur papier, 36 x 32 cm, Collection particulière, Marrakech

C’est grâce à une bourse de voyage de la Société coloniale des Artistes français que Henri Pontoy (1888-1968) voyage en Afrique du Nord (Tunisie en 1926 puis Maroc et Algérie). A partir de 1930, il réside plusieurs années à Ouarzazate où il fait la connaissance de Jacques Majorelle. A Fès, Pontoy devient professeur des arts et lettres au lycée Moulay Idriss. Il est lauréat du Grand Prix de la ville d’Alger en 1933. En 1947, après la guerre, il part avec Majorelle en Afrique occidentale française (Guinée, Côte d’Ivoire et Cameroun). Sa palette de couleurs chaudes, tant en huiles qu’en aquarelles, a toujours rencontré un vif succès auprès du public. Il est l’un des derniers représentants français de l’orientalisme néo-classique trouvant son apogée dans l’entre-deux-guerres.

Raoul Dufy (1877-1953) accompagne son ami le grand couturier Paul Poiret et le fils de celui-ci, Colin, lors d’un voyage en Algérie et au Maroc en 1926. Ils débarquent à Oran et traversent Tlemcen en voiture, font une halte à Meknès, Fès puis atteignent la côte, visitent Rabat, Casablanca avant de rejoindre Marrakech et le Sud. Dufy rapporte de chacune de ses étapes des aquarelles dans lesquelles il saisit d’un pinceau léger les entrelacs et les arabesques.

Café maure, 1926, Aquarelle sur papier, 50 x 65 cm, Collection particulière, Casablanca

R. DUFY, Café maure, 1926, Aquarelle sur papier, 50 x 65 cm, Collection particulière, Casablanca

De retour à Paris, Dufy se devait de partager avec ses amis l’étonnant périple qu’il venait de réaliser. Il demande à la Galerie Bernheim-Jeune d’organiser une exposition présentant sa moisson marocaine. Celle-ci connait un succès retentissant. Elle présente une série d’aquarelles délicates aux tonalités bleutées ou vertes.  Plus tard, il illustre les « Notes marocaines » (Mermod, 1954) de son amie Colette, souvenirs d’un séjour de printemps 1926 au cours duquel elle fut conviée à un grand dîner, ainsi que Dufy et son ami Poiret, par le Thami el-Glaoui lui-même.

Une salle est consacrée aux peintres espagnols. Ceux-ci se firent plus présents dans le nord du Maroc, alors sous protectorat espagnol. En effet, entre 1859 et 1860, l’Espagne mena une guerre coloniale contre le Maroc, appelée Guerre d’Afrique, Première Guerre du Maroc ou encore Guerre de Tétouan. Le Maroc sort vaincu de cette guerre pendant laquelle son armée fut battue autour de Tétouan lors de diverses batailles. La paix de Ouad el Ras est signée à Tétouan le 25 avril 1860 par le Général O’Donnell et l’émissaire Moulay el-Abbas ; elle stipule que le Maroc verse une indemnité de guerre de 20 millions de piastres à l’Espagne, la ville de Tétouan demeurant sous occupation militaire de l’Espagne jusqu’au versement complet de cette somme. La ville ne redeviendra marocaine qu’avec l’indépendance du royaume chérifien sous le règne de Mohamed V, en 1956.

M. BERTUCHI, La bataille de Tétouan en 1860, Tétouan, 1941 Huile sur panneau, 81 x 120 cm, Collection MACMA

M. BERTUCHI, La bataille de Tétouan en 1860, Tétouan, 1941 Huile sur panneau, 81 x 120 cm, Collection MACMA

Mariano Bertuchi (1884-1975) est considéré comme étant le peintre officiel du Maroc espagnol. Il s’y rend pour la première fois à l’âge de 15 ans avec l’interprète du général O’Donnell, une seconde fois en tant que reporter-graphiste, pendant la guerre civile marocaine en 1904, puis à la suite de l’armée pendant la guerre du Rif. Beaucoup de ses peintures illustrèrent les revues militaires coloniales et d’autres furent achetés par les bureaux de l’administration.  Après de nombreux séjours, il s’établit définitivement au Maroc en 1928, après avoir été désigné Inspecteur des Services des Beaux-Arts. Il dirige l’École des Beaux-Arts indigènes  (Escuela de Artes Indígenas) de Tétouan – lui donnant une grande impulsion – et d’autres institutions que Mohammed V voulut garder après l’indépendance. Son importante activité d’enseignement et de défense du patrimoine culturel traditionnel allait de pair avec son activité  de peintre, principalement inspiré aux paysages urbaines de Tétouan et Chefchaouen: marchés, cafés, jardins, rues, scène de vie quotidienne, fêtes et cérémonies, panoramas.

J. MAJORELLE? Aït Bou Guemmez, 1953, Gouache sur panneau, 65 x 81 cm, Collection Mr J.F.C., Paris

J. MAJORELLE, Aït Bou Guemmez, 1953, Gouache sur panneau, 65 x 81 cm, Collection Mr J.F.C., Paris

Quelles que soient leurs motivations, les voyageurs qui visitent l’Orient subissent un choc violent : couleurs, lumières, parfums, textures.  Les peintres transposeront ces sensations dans leur art avec leur sensibilité propre, selon leur vérité. L’intensité de la lumière du sud et la gamme des tons les inciteront à revoir leur technique picturale de façon plus ou moins radicale. Certains réinventent un orient de pacotille où le décoratif prévaut sur la véracité, d’autres traduiront une approche plus ethnographique du voyage. Il en ressortira d’immenses talents, de belles découvertes, mais aussi des manieurs de pinceaux complaisants et maniérés répondant aux attentes d’une société avide d’exotisme.

La vogue de l’orientalisme sur le marché de l’art actuel autorise à retrouver le meilleur comme le pire… Allez voir l’exposition du MACMA, elle présente le meilleur.

I. Six

Principaux ouvrages consultés

Maurice Arama, Itinéraires marocains – regards de peintres, Editions du Jaguar, 1991.

Lynne Thornthon, La femme dans la peinture orientaliste, ACR Edition, 1993.

Lynne Thorton, Les Orientalistes – Peintres voyageurs, ACR Editions, 1993.

Jacques Majorelle. Rétrospective, cat. exp. Musée des Beaux-Arts de Nancy, 1999.

Aline R. de Lens, Journal 1902-1904, La Cause des Livres, 2007.

Mylène Théliol, L’Association des peintres et sculpteurs du Maroc (1922-1933), Rives nord-méditerranéennes, n°32-33, 2009, pp.237-249.

Christine Peltre, Orientalisme, Editions Terril, 2010.

Latifa Benjelloun-Laroui, Les Voyageuses occidentales au Maroc 1860-1956, Editions La Croisée des Chemins, 2014

EXPOSITION L’ORIENT… RÊVÉ PAR L’OCCIDENT

du 9 mai 2016 au 5 janvier 2017

MACMA – Musée d’Art et de Culture de Marrakech

61, rue de Yougoslavie – Passage Ghandouri, Guéliz – Marrakech

museemacma@gmail.com

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