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Il était une fois… Jemaâ el Fna

20 mai 2013

Jemaâ el Fna… Le cœur palpitant de Marrakech. La place vers laquelle tous les touristes sont aussitôt envoyés depuis n’importe quel endroit de la médina. « Qu’est-ce que tu cherches ? La Place ? The Square ? C’est par là ». Cette place ne semble exister que pour eux, sorte d’attraction encouragée par le pouvoir pour soutenir l’industrie touristique. Assiégés par l’étrangeté du lieu, comprenons-nous réellement ce qui se passe à Jemaâ el Fna ? Notre regard se heurte aux roulottes des marchands de jus d’orange qui cernent les contours de l’espace triangulaire. Personne n’échappe à leurs interpellations. Le voyageur est tellement sollicité par ces vendeurs en surnombre que, même assoiffé, il se fait un point d’honneur de les ignorer. Les boutiques de vêtements et de souvenirs, pour la plupart estampillés « made in China », ouvrent leur devanture, et les allées sombres et poussiéreuses drainent la population de la médina pour la déverser de toute part sur cette agora marrakchia.

Marchands de jus d'orange - photo M. Six -

Marchands de jus d’orange – photo M. Six –

Mais prend-on vraiment le temps de voir ce qui s’y passe ? La grande place de Marrakech est la scène d’un théâtre dont le programme a évolué au fil des siècles pour s’adapter à son public et à son époque. Ses acteurs se mettent en place chaque jour au lever du soleil et le spectacle dure toute la journée…

Jemaâ el Fna est intimement liée à l’histoire de Marrakech, fondée en 1071 par les Almoravides. Tout au long des siècles passés, elle reste l’un des symboles de la ville, un carrefour culturel vers lequel convergent des populations de toutes origines. « Gens venus de tous les coins du bled, de la montagne, de la plaine, avec leurs ânes, leurs mulets et leurs chameaux, Berbères, Arabes, nègres, demi-nègres, toutes les teintes de peaux, depuis la couleur du pain cuit jusqu’à la plus sombre livrée du soleil éblouissant. […] Et toujours le flot me ramène à une place étrange, où cette population rustique, chaque jour renouvelée, s’arrête et s’accroupit autour de choses qui l’enchantent et me retiennent, moi aussi, pendant des heures, attentif comme un ignorant devant un grand livre ouvert » (Tharaud, 1920). La description faite par les frères Tharaud, en terme parfois contestables, mais à resituer dans son contexte colonial, montre clairement la diversité ethnique qui peuple alors Marrakech.

La Koutoubia - photo R. Six

La Koutoubia – photo R. Six

Autre symbole de la ville ocre, religieux, celui-là, le minaret de la Koutoubia voisine étroitement avec la place profane, lieu de tous les « vices »… Selon l’historien Hamid Triki (« Si la place Jemaâ el Fnaa m’était contée… », in SKOUNTI & TEBBAA, 2010), les chroniques marocaines médiévales rédigées entre le XIème et le XIVème siècle se réfèrent à une Rahba al-Ksar, une esplanade du palais située dans les parages de la Koutoubia. On y aurait infligé publiquement les peines exemplaires dès le XIIème siècle. Le palais dont il est question et certainement le Ksar al-Hajar édifié à la fin du XIème siècle par les Almoravides et dont les ruines subsistent aux pieds de la Koutoubia. Au fil des siècles, l’espace urbain évolue, s’agrandit et la place rétrécit insensiblement. Dès la seconde moitié du XVIème siècle, la place est décrite par l’auteur espagnol Carvajal Marmol comme un lieu cosmopolite où règne déjà une forte activité commerciale. Le nom actuel de Jemaâ el Fna n’apparaît qu’au début du XVIIème  siècle dans les textes historiques. L’historien soudanais Abderrahman Es-Saâdi, auteur du Tarikh Al-Soudan donne la seule explication vraisemblable. Le sultan saâdien Ahmed Al Mansour aurait projeté la construction d’une grande et merveilleuse mosquée sur ladite place. Aussi lui avait-on donné le nom de mosquée de la félicité ou de la quiétude (Jemaâ el Hna). C’est alors qu’une épidémie de peste décime une partie de la population, dont le roi, et empêche l’achèvement du bâtiment. Dès lors, le lieu reçut le nom de place de la mosquée anéantie, explication probable pour le mot « El Fna ». On peut dire aussi que Jemaâ signifie « lieu de réunion ». Ainsi, mosquée et place s’unissent dans une même fonction : un rassemblement éphémère…

Au début du XVIIIème siècle, la place est pour la première fois mentionnée dans une chronique en tant que lieu de spectacle, à travers la référence à la halqa, cette sphère créée entre le conteur et son public. Par-delà le divertissement, c’est toute la société marocaine de l’époque que l’historien al-Youssi dépeint dans ses différentes composantes, ethniques et linguistiques, rurales et citadines. Survolons les siècles jusqu’à l’année 1921, date à laquelle un arrêté viziriel de Mohamed El Mokri propose pour la première fois le classement de Jemaâ el Fna parmi les sites à sauvegarder. La place commence à prendre l’aspect actuel : les bâtiments de la poste et de la banque du Maroc viennent d’y être aménagés, plusieurs hôtels et cafés-restaurants sont ouverts autour de la place. Mais la promulgation du dahir interdit toute construction qui mettrait en péril l’identité de Jemaâ el Fna. Le travail architectural du lieu consiste à optimiser l’espace en dedans, l’idée étant que le spectacle est sur la place. C’est tout le peuple qui fait l’attrait de cet endroit légendaire. En 1985, la médina de Marrakech et donc la place Jemaâ el Fna qui en fait partie intégrante sont inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. En mai 2001, Jemaâ el Fna est proclamée patrimoine oral et immatériel de l’Humanité. Les activités de la place sont issues d’une tradition ancestrale, en perpétuel renouvellement, liées à la ville. De plus elle constitue un témoignage unique d’une tradition vivante mais menacée. Le but premier de l’Unesco est de sauvegarder ces pratiques traditionnelles et de les protéger contre le tourisme de masse, la standardisation de la culture, l’industrialisation et les conflits armés. Mais aujourd’hui, la place se trouve confrontée à une contradiction majeure : à l’heure où le patrimoine oral acquiert un statut officiel et une reconnaissance internationale, il connaît en même temps le renoncement le plus total puisque la chaîne du maître à disciple qui reliait la vieille génération à la nouvelle semble se briser. Si Jemaâ el Fna reste le lieu par excellence du divertissement, il revêt une forme beaucoup plus mercantile, sous la pression d’une modernisation et d’un accroissement touristique incessants. C’est que, en voulant préserver le patrimoine oral de la place, l’Unesco intensifie maladroitement son attraction touristique. Les acteurs se voient déviés de leur propre dessein ou ne peuvent plus pratiquer leur activité selon la tradition. Consécration à double tranchant.

Jusqu’à midi, la circulation automobile est permise. Depuis les terrasses des cafés qui surplombent la place on assiste à une chorégraphie entre les calèches, les vélos, les mobylettes, les taxis, les voitures, et les piétons. Peu à peu l’espace se voit assailli par ses nombreux protagonistes.

Jemaâ el Fna, depuis la terrasse panoramique du Café de France - photo R. Six -

Jemaâ el Fna, depuis la terrasse panoramique du Café de France – photo R. Six –

Pendant la journée, deux publics distincts s’enchevêtrent et se frottent sans toujours parvenir à s’assimiler. C’est que leurs objectifs sont divergents et leurs occupations réciproquement mal comprises. Les prestataires des spectacles « muets » – muet par opposition à parlant, savant, intelligent -, tels que les charmeurs de serpents, les danseurs travestis, les acrobates, les montreurs de singes, les porteurs d’eau, les musiciens gnawas, sont avides de la clientèle touristique, devenue leur principale source de revenus. Ils la sollicitent, la traquent avec insistance et obsèdent l’espace de leur niveau sonore. Face au vacarme et aux succès touristiques de ces spectacles, celui des comédiens, des chanteurs, des conteurs, de tous ceux qui ont quelque chose à dire, est amer. Ils se savent légitimement les représentants de la culture populaire qui fait la vie de cette place depuis toujours et estiment à raison que les touristes, qui ne comprennent pas leurs prestations, encouragent la facilité et la bêtise.

Dresseur de singe magot - photo M. Six

Dresseur de singe magot – photo M. Six

De cette évolution, les conteurs sont les plus grandes victimes. La place n’est plus à même de leur assurer le minimum nécessaire à leur survie. Elle profite à d’autres activités plus lucratives qui, elles n’ont aucun mal à se perpétuer. Confinés à la périphérie, ils se voient dans l’obligation d’exercer leur métier dans des conditions de plus en plus difficiles. Ils se sentent étrangers dans leur propre univers, dépossédés de cette place dont ils étaient autrefois l’emblème. Sorte de chaire en plein air, où les visiteurs accèdent aux enseignements de la tradition à travers les genres narratifs et les récits des contes des Mille et une Nuits ou des épopées d’Antar, les cercles de la halqa offraient un spécimen unique de transmission orale de la culture populaire. Le pacte entre le public et le hlaïqi semble désormais  brisé. Les conteurs voient leur nombre diminuer sans qu’une relève efficace ne soit assurée. L’écrivain espagnol, Juan Goytisolo, qui s’est battu pour faire inscrire le patrimoine oral de Jemaâ el Fna sur la liste de l’Unesco décrit la halqa dans son roman « Makbara » :

« vivre littéralement, du conte : d’un conte qui n’est, ni plus ni moins, qu’une histoire qui n’en finit pas : subtil édifice sonore en perpétuelle (dé)construction : toile de Pénélope tissée et défaite jour après nuit : château de sable balayé périodiquement par les lames de fond

servir au public affamé de récits un thème connu : nourrir son attente avec une imagination soutenue : recourir s’il y a lieu aux feintes et artifices du mime : jouer de la voix, de ses registres multiples

les auditeurs forment un demi-cercle autour du marchand d’illusion, absorbent ses phrases avec une attention hypnotique, s’abandonnent pleinement au spectacle de son activité variée, mimétique : onomatopées simulant le galop, mugissements de bêtes sauvages, hurlements des sourds, fausset des vieillards, vociférations de géants, sanglots : parfois il interrompt sa narration au moment crucial et une expression inquiète se peint sur les visages des enfants médusés à la lueur incertaine du quinquet : exploits et voyages d’Antar, espiègleries d’Aïcha Debbana, prouesses d’Haram el Rachid invitent le public à une participation active, agissent sur lui comme un psychodrame, développent grâce à un jeu d’identifications et d’antagonismes les rudiments de leur sociabilité embryonnaire : quand Jha se présente au palais vêtu et déshabillé, à pied et à cheval, riant et pleurant, l’hilarité juvénile salue son astuce et l’ingénieuse mystification du sultan : royaume idéal où la ruse reçoit la récompense et la force aveugle son châtiment, utopie d’un dieu équitable, aux desseins honnêtes et profonds : antidote nécessaire d’une existence pauvre et dépouillée, faim jamais satisfaite, iniquité : le charlatan se dépense sans compter et abreuve, éloquent, leur soif d’aventure : les diablotins à djellaba représentent son unique gagne-pain : lentement, avec une patience d’araignée, il les isolera du monde : enfermés dans une bulle légère : l’invisible et subtile prison verbale » (GOYTISOLO, 1982, pp.187-188).

Jongleurs, charmeurs de serpents, cartomanciennes, herboristes, acrobates, musiciens gnawas… Ils sont nombreux à évoluer sur la place. Mais plus rien n’est comme avant. Jemaâ el Fna vit sur sa réputation, elle est l’ombre d’elle-même et pourtant le sortilège opère chaque jour, chaque soir. Et ses protagonistes aux activités issues de traditions ancestrales ont bien du, ont bien su s’adapter  aux réalités économiques des dernières décennies.

Herboriste de Jemaâ el-Fna - photo M. Six -

Herboriste de Jemaâ el-Fna – photo M. Six –

Les herboristes d’origine saharienne – dont l’activité est censée relever d’une connaissance traditionnelle du corps humain et de la nature – exposent leurs produits à base de plantes, d’animaux et de minéraux : indigo, encens, myrte, ambre, roses de Jéricho, gris-gris protégeant les propriétaires du mauvais œil, iguanes du Sahara, vivants ou empaillés, mélanges d’épices aux vertus médicinales, le plus souvent aphrodisiaques… Mais la prolifération de telles échoppes provoque la suspicion du badaud. A tort ou à raison ?

Les charmeurs de serpents s’installent dès le matin avant l’arrivée du client et déposent leurs instruments et leurs sacs, qu’on espère bien fermés, au sol. Encore nombreux, ils constituent une catégorie à part car ils bénéficient dans la croyance populaire d’une aura particulière et suscitent chez le spectateur un respect mêlé de crainte. Immunisés dès leur naissance contre le venin des serpents, ils sont dotés du pouvoir de sucer directement le poison mortel et peuvent donc, du coup, sauver des vies humaines. Ce don, ils le doivent à leur sheikh Sidi Ahmed Ben Aïssa. A Jemaâ el Fna, ils soumettent les serpents à leurs lois, les défiant par le mouvement du gayta ou de leur corps. Le serpent est presque sourd et n’est pas attiré par la musique, mais par les vibrations que provoque le musicien en tapant du pied en rythme sur le sol. Le reptile se dresse alors, menaçant, en position de défense. Les Issaoua affirment que, derrière le désir de divertir se cache un profond respect pour leurs serpents. Ce fut probablement le cas à une époque lointaine mais comment y croire encore de nos jours. Les espèces les plus souvent exploitées sont le Cobra égyptien (Naja haje), la vipère du Levant (Vipera lebetina) et la Vipère heurtante (Bitis arietans). Selon certains spécialistes, un examen rapproché des reptiles révèle le secret du charmeur. En effet, la bouche du serpent serait soigneusement cousue laissant un écart suffisant pour lui permettre de sortir sa langue bifide, quand ce ne sont pas les crochets qui sont purement et simplement arrachés. Les serpents ainsi traités développent fréquemment des infections buccales funestes et sont, bien sûr, incapables de s’alimenter. Ils survivent le temps nécessaire pour fournir un bon spectacle, puis sont remplacés par des spécimens fraîchement attrapés.

Charmeur de serpent (Cobra d'Egypte) - photo M. Six -

Charmeur de serpent (Cobra d’Egypte)
– photo M. Six –

Depuis quelques temps, se greffent aux spectacles de ces « charmeurs » d’autres animaux tels que des cobayes et des écureuils de Berbérie terrorisés, des rapaces au plumage triste et à la patte enchaînée. Pourquoi réduisent-ils leur prestation à un spectacle de moins en moins ancré dans la tradition spirituelle et confrérique pour se limiter à des séances photo rémunérées ? On l’aura compris, les besoins et les désirs du public actuel de Jemaâ el Fna, constitué pour une large part de touristes sont tout autre…

 Une petite troupe de jeunes acrobates défie les lois de l’apesanteur devant la terrasse d’un café. Reconnaissables à leur boléro et à leur pantalon bouffant rouge et vert, ils ont pour saint patron Sidi Hmad ou Moussa, originaire de la plaine du Souss. Hier, ils étaient les figures incontournables de la place. Aujourd’hui, ils ne font plus que de rares apparitions, réservant leurs prestations aux établissements touristiques ou aux événements culturels et folkloriques. Etre acrobate est une affaire de famille. Contraints de vivre selon des règles très strictes dès leur plus jeune âge, ils sont soumis à un apprentissage physique très éprouvant. Le père est le porteur, et les plus lourds, forment l’ossature et la base de la pyramide humaine. Les enfants les plus légers et les plus habiles se hissent au sommet puis la pyramide se démantèle peu à peu comme une chaîne qui perdrait ses maillons.

Danseurs gnawas - photo M. Six -

Danseurs gnawas – photo M. Six –

Autre confrérie menacée, pourtant bien présente sur la place, les musiciens gnawa circulent la journée, leur qraqeb à la main, à la recherche de spectateurs. Parfois ils se font refouler face à l’incompréhension des touristes et, dans le meilleur des cas, ils ne récoltent que quelques dirhams en amusant les promeneurs de leur calot à pompon. Il y a quelques années encore, leurs spectacles drainaient les foules et conféraient à la place un rythme et une vibration particulière venue d’Afrique, avec leurs sauts en tourbillon, leurs couvre-chefs cousus de cauris et leurs chants émaillés de mots bambara.

Et puis, et puis… le folklorique guerrab, avec son outre en peau de chèvre circule parmi les touristes en faisant tinter sa cloche pour annoncer sa présence. Plus pour la séance photo que pour la coupe d’eau.

Porteurs d'eau ou guerrab - photo R. Six

Porteurs d’eau ou guerrab – photo R. Six

Les acteurs de Jemaâ el Fna sont essentiellement des hommes. Mais les femmes sont présentes à la périphérie de la place. Sous leur parasol, les naqachat préparent les seringues et agitent leur petit carnet de modèles. Elles pratiquent l’art ancestral du tatouage au henné. Là encore, on rapporte qu’il faut se méfier de la préparation utilisée. Elle pourrait provoquer de graves allergies lorsque, pour renforcer la teinte et sa fixation sur la peau, la poudre de henné est associée à un produit appelé paraphénylène diamine.

Il s’en passe des choses sur cette place. Lieu de tourments, d’anxiété, de prodiges et de stupeurs ou tout un chacun est passé, passe ou passera nécessairement. Et, contrairement à ce qu’écrit un guide touristique « mieux vaudrait parfois ne pas trop savoir ce qui se trame en coulisses », il ne faut pas fermer les yeux sur ce qui se passe. Il faut changer les choses. Des solutions existent…

 Isabelle S.

Tatoueuse au henné ou naqachat - photo M. Six

Tatoueuse au henné ou naqachat – photo M. Six

Référence bibliographique

  • Jérôme et Jean THARAUD, Les seigneurs de l’Atlas, Paris, Plon, 1920.
  • Juan GOYTISOLO, Makbara, Paris, Seuil, 1982.
  • Greg OXLEY, La perle du sud, in Qantara, hiver 1997-98, pp.66-70
  • Quentin WYLBAUX, La médina de Marrakech. Formation des espaces urbains d’une ancienne capitale du Maroc, L’Harmattan, 2001.
  • Ouidad TEBBAA, Mohammed FAïZ, Jemâa el Fna, Marrakech. Patrimoine oral de l’humanité, La  Croisée des Chemins & Paris Méditerranée, 2003.
  • Ouidad TEBBAA, La place Jemaâ el Fna. Patrimoine culturel immatériel de Marrakech, du Maroc, de l’humanité, Colloque international organisé par The Tsubbiuchi Memorial Theater Museum Tokyo, 2006.
  • Elzbietta et Hassan JOUAD, Marrakech. Culture populaire de la médina, Rodez, Ed. du Rouergue, 2007.
  • Jacques FERRANDEZ, Olivier CIRENDINI, Marrakech. Itinéraires, Casterman (Lonely Planet), 2010.
  • Catherine GRACIET, Place Djemaa el-Fna : les coulisses d’un  bazar très organisé, in Géo n°374, avril 2010, pp.66-77.
  • Ouidad TEBBAA, Le patrimoine de la place Jemaâ el Fna de Marrakech : entre le matériel et l’immatériel, Institut européen de la Méditerranée, Quaderns 13, 2010, pp.51-58.
  • Ahmed SKOUNTI, Ouidad TEBBAA (dir.), De l’immatérialité du patrimoine culturel, Rabat, Bureau régional de l’Unesco / Marrakech, Université Caddi Ayyat, 2011, pp.158-184.
  • http://jardinmajorelle.com/ang/wp-content/uploads/2013/04/Colloque_2013.pdf
  • http://geos-nature.org/Reportage-exploitation-serpents-et-autres_Marrakech.html
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4 commentaires leave one →
  1. Catherine permalink
    6 juin 2013 808 39

    a a l’air super ! Je lirai attentivement ce we.

    Merci.

    Cath

  2. Marissa permalink
    29 mars 2016 1010 41

    J’ai du mal à comprendre votre point de vue sur cette place. Vous en parler parfois comme étant un problème auquel nous devons trouvé solution, d’une place qui représente le vice et d’autre fois comme étant un emblème important de la ville de Marrakech, un emblème à préserver ? Comme plusieurs endroits celui-ci a du mal à évoluer avec son identité intacte. On a besoin de perpétuer ces traditions mais pas en réprimant les gens qui y vivent et qui essaient de gagner leurs vie (ou pas) de son commerce.

    • 18 juin 2016 2109 56

      Je prend enfin le temps de répondre à votre commentaire. La situation de la place peut être effectivement considérée comme un problème auquel il faut trouver une solution pour une partie de ses acteurs. Comme je l’indique dans l’article, la place est devenue actuellement un lieu essentiellement commercial où les boutiques ont pris le dessus sur les intervenants quotidiens. A l’origine, les conteurs étaient les personnages les plus importants de la place, actuellement ils ont quasi disparu. Les charmeurs de serpents et les montreurs de singes sont toujours là mais leurs animaux sont exploités, accablés par le soleil, le spectacle est assez pitoyable axé uniquement sur le touriste, son appareil photo et son argent. Il faut bien insister sur le fait que ces animaux sont désormais des espèces protégées au Maroc et qu’il est interdit de les sortir de leur milieu naturel (d’où contradiction : que font-elles sur la place ?). C’est essentiellement sur ce point que je pense qu’il doit y avoir une évolution ou une adaptation des traditions : quand elles mettent en danger des espèces protégées. Il y a peut-être du désenchantement dans la manière de présenter les choses dans cet article dans la mesure où l’inscription de la Place au patrimoine oral et immatériel de l’Humanité ne la protège pas des dérives mais semble, au contraire, les accentuer. Il ne s’agit pas de réprimer les gens qui essaie de gagner leur vie sur la place mais, au contraire, d’améliorer leur situation sans vouloir maintenir à tout prix des traditions d’un autre temps.
      Cet article est le résultat d’un constat sur place mais aussi d’une réflexion issue d’un colloque organisé par la Fondation Majorelle (Marrakech) qui s’est tenu en 2013 (voir note en bas d’article)

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  1. > Patrimoine et culture à Marrakech avec le Riad DAR ZAMPA | MAROC SANS FRONTIERES

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