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> Le Musée du Parfum de Marrakech

28 mars 2017

Un art de vivre au Maroc

Un parfum est un concentré d’émotion, de rêves, d’amour et de partage – Abderrazzak Benchaâbane

Le parfum est un art de vivre au Maroc. Il accompagne toutes les étapes et tous les rites du passage de la vie des Marocains. Et c’est en toute logique que le nouveau musée consacré à l’art du parfum, de l’aromathérapie et du bien-être a ouvert ses portes à Marrakech dans ce qui n’était autre que le Musée de l’Art de vivre ! Sis à deux pas de la fontaine Chrob ou Chouf et de la Bab Taghzout, le musée occupe un ancien riad du XIXème siècle. Son fondateur, Abderrazzak Benchaâbane figure incontournable à Marrakech (ethno-botaniste, il est professeur à l’Université Cadi Ayyad et a œuvré à la restauration du jardin Majorelle), est lui-même créateur de parfums et son « Soir de Marrakech » figure dans l’osmothèque de Versailles, premier conservatoire de parfums de l’histoire.

Le parfum reste la forme la plus tenace du souvenir – Marcel Proust

Toute personne à la découverte du Maroc, et de Marrakech en particulier, ne reste pas indifférente aux multiples senteurs qui émanent de sa médina, de ses souks, de ses jardins. Ces odeurs s’impriment irrémédiablement dans le souvenir qu’elle ramène de son voyage. Les épices et les herbes aromatique exposées sur les étals des herboristes, les effluves des fleurs d’oranger à l’aube du printemps, l’encens qui émane des mosquées, l’odeur du pain qui sort du four collectif du quartier, ou encore le fumet du bois brûlé lorsque l’on passe devant la porte ouverte du « ferrân », toutes ces senteurs participent à l’image olfactive de Marrakech.

Le patio du Musée du Parfum – photo I. Six

Aux origines du parfum

Si le mot parfum vient du latin per fumum (par la fumée), c’est que, bien avant la mise en œuvre des techniques de parfumerie modernes, les premiers parfums sont obtenus par fumigation, en brûlant du bois, des résines ou des mélanges plus complexes. L’homme a toujours été exposé à des odeurs et c’est probablement autour du feu, en y jetant des herbes, des feuilles, des branches de telle ou telle espèce végétale, qu’il découvre sa capacité à générer de nouveaux parfums.

Tombe de Nébamon, vers 1350 A.C., British Museum

L’usage du parfum, contemporain de la création des premières villes, est alors essentiellement à but religieux, pour communiquer avec les dieux ou permettre aux morts de rejoindre le monde de l’au-delà. Et c’est dans l’Antiquité qu’il prend naissance, lorsque Égyptiens et Grecs brûlent des essences aromatiques (baumes, plantes et résines) en l’honneur des divinités. Certains de ces onguents sont également appliqués par les prêtres sur les statues sacrées. Les offrandes et les respirations de parfums illustrent la volonté des hommes de se rapprocher de l’univers divin, mais aussi d’améliorer le cadre de vie domestique en vivant comme les dieux dans une ambiance parfumée. Le parfum entre dans la sphère spirituelle lorsque l’embaumement des morts est pratiqué à l’occasion des rites funéraires. Cette pratique post mortem nécessite des quantités importantes de myrrhe, de divers onguents et d’huiles parfumées. Du sacré le parfum passe au profane et s’initie progressivement à la beauté et à la séduction grâce à Cléopâtre qui l’utilise en onguents ou en bains parfumés. Avant l’apparition du principe de la distillation, au début de notre ère, les principes actifs étaient extraits par des matières grasses. Le baume se plaçait au sommet de la tête et s’écoulait sur les cheveux, comme en atteste la lecture de peintures murales dans les tombes égyptiennes.

La Bible, dans plusieurs passages de l’Exode, parle également du parfum et le situe clairement dans la sphère du sacré :

30. « Tu verseras de l’huile sur Aaron et ses fils, et tu les consacreras ainsi pour qu’ils soient à mon service en tant que prêtres. »

33. « Toute personne qui fera un mélange semblable ou mettra de cette huile sur une personne étrangère à la fonction de prêtre sera exclue de son peuple.»

L’arbre à encens du Musée du Parfum – photo I. Six

Grâce à la domestication du dromadaire et au développement du commerce des matières premières venues d’Orient, l’art de la parfumerie s’enrichit. Ainsi, l’arbre à encens du Musée du Parfum fait voyager le visiteur de l’Arabie heureuse aux confins de la Somalie. A l’origine, le véritable encens provenait du Boswelia sacra (Arbre à encens) dont on incisait le tronc pour faire couler la sève laiteuse qui se coagulait au contact de l’air. Par extension, l’encens à brûler est une résine produite par plusieurs espèces végétales à encens comme la myrrhe, le benjoin, le bois d’Aloès….

 

Sept salles pour sept thématiques

Réparties sur deux étages, les sept salles du Musée du Parfum sont chacune dédiées à un thème bien précis :

Le bar à parfum

La pyramide olfactive – http://www.ojade.ch

L’originalité du musée réside en grande partie dans ce salon-atelier. Des soliflores préparés à partir de fragrances naturelles du Maroc et d’Orient permettent de construire une pyramide olfactive. Les notes de tête, volatiles et senties en premier lieu lors de la découverte du parfum, sont fraîches, toniques et aromatiques. Ce sont par exemple les notes d’agrumes (hespéridés). Lorsque les notes de tête s’atténuent, se révèlent alors les notes de cœur. Plus affirmées et fleuries, elles peuvent durer quelques heures et véhiculent l’identité et la puissance d’un parfum (jasmin, fleur d’oranger, violette, rose…). Enfin, les notes de fond, à l’odeur persistante, sont peu volatiles et servent de fixateur aux notes de tête et de cœur. Ses composants olfactifs très lourds (patchouli, santal…) permettent au parfum de durer plus longtemps. Ce principe établi, le visiteur peut commencer à créer son parfum personnalisé, sous l’égide et les conseils d’un animateur.

Soliflores du bar à parfums – photo I. Six

 La salle du hammam

Plus qu’un art de vivre, le hammam au Maroc est un véritable phénomène social. Alors que dans les maisons qui ne disposent pas encore d’adjonction d’eau, le hammam reste le seul endroit où se laver, l’arrivée de l’eau courante dans les villes n’a pas fait disparaître cette habitude. Il s’adresse à toutes les catégories de la société. Les femmes s’enduisent les cheveux de ghassoul (mélange d’argile, de roses séchées, d’herbes, de lavande) et de henné. Les différents accessoires du bain sont présentés dans cette salle : savon noir, khessa (gant de gommage), pierre ponce en terre cuite, diverses coupelles pour les ablutions…

La salle des aromates et simples du Maroc

Cette salle s’ouvre sur un comptoir d’herboriste, avec sa balance de précision et ses multiples bocaux en faïence. Les simples ou « bonnes herbes », sont des plantes vivaces faciles en culture telles que la menthe, la mélisse, le thym, le romarin, la sauge, l’ortie… qui entre dans la pharmacopée marocaine mais aussi dans l’art culinaire ou dans la parfumerie.

Les aromates et herbes simples du Maroc – photo I. Six

Argan, huile de providence

La fabrication de l’huile d’argan – photo I. Six

Depuis toujours les femmes berbères ont utilisé l’huile d’argan comme cosmétique pour assouplir la peau et nourrir les cheveux. Ses vertus seraient dues à une exceptionnelle teneur en acides gras essentiels et en vitamine E. Arbre rustique et épineux, l’arganier vit en marge des déserts, en forêts clairsemées. Il semble qu’il soit endémique du Sud-Ouest marocain et qu’il pousse que dans une région très limitée qui irait d’Essaouira sur la côte atlantique, à Taroudant à l’est et jusqu’à Guelmim au sud. C’est du noyau concassé que l’on extrait des graines appelées amandons qui produiront le précieux nectar.

Parfum du Maroc, un art de vivre

Dans cette salle sombre, à l’ambiance feutrée et séparée par un épais rideau, sont présentés les sept parfums emblématiques du Maroc.

La fleur d’oranger, fleur de la virginité, donne naissance après distillation à une essence recherchée, le néroli. Cette huile est produite plus précisément à partir de la fleur du bigaradier ou oranger amer (Citrus aurantium var. amara), et l’eau obtenue lors de ce traitement n’est autre que la fameuse eau de fleur d’oranger.

Le jasmin dont le nom viendrait du persan « Yasmeen », est attesté en Méditerranée orientale dès l’Antiquité. Parmi plus de 200 espèces, le Jasminum grandiflorum, reste l’une des senteurs les plus utilisées en parfumerie. Sa fleur a un parfum unique, doux, floral, fruité et intense.

Fleurs de rose dans la salle de l’alambic – photo I. Six

La culture de la rose au Maroc est localisée dans la vallée du Dadès, à flanc de montagne. Elle couvre actuellement 1.000 ha qui se présentent sous forme de haies autour des parcelles agricoles. La Rosa Damascena, qui résiste au froid et à la sécheresse, aurait été introduite par des pèlerins de retour de la Mecque au X° siècle. Cultivée pour la consommation locale sous forme d’eau de rose mais également pour l’exportation et l’industrie du parfum, on en récolte trois à quatre mille tonnes par an, au cours d’une semaine qui se clôture par le moussem des Roses au mois de mai.

Deux variétés de menthe sont principalement utilisées en parfumerie : la menthe poivrée (mentha piperata), qui contient beaucoup de menthol et a une odeur aromatique très fraîche, montante, et la menthe verte (Mentha spicata) qui a une odeur plus végétale, herbale. Elles sont employées dans l’élaboration des fragrances fraîches et les senteurs masculines.

Le cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica) se rencontre au Maroc en forêt denses sur les montagnes humides (Rif, Moyen Atlas et Haut Atlas oriental). C’est de l’écorce de bois réduit en copeaux que se distille l’huile essentielle du cèdre.

Le safran, l’or rouge, provient exclusivement de la fleur de crocus (Crocus sativus linnaeus). La fleur est récoltée aux premières lueurs du jour, afin que les pétales restent bien clos et protègent les précieux pistils. Puis les trois filaments rouges du safran (du persan za’farân) sont délicatement retirés lors de l’opération d’émondage et mis à sécher dans un environnement aéré. Quant à son utilisation dans la parfumerie, elle reste encore marginale. La matière première utilisée est le safranal, un composé organique, principal constituant responsable de l’arôme.

La verveine odorante (Aloysia citrodora) est communément appelée Verveine citronnelle ou Citronnelle. Les feuilles, récoltées lorsque la plante est en fleur, conservent un parfum de citron tenace. Cette plante connut un grand succès durant l’Angleterre victorienne, pour la création de pots-pourris. Au début du siècle, on la rencontrait en Inde, à la Martinique, à la Réunion et aussi, en Italie où elle se serait naturalisée, en Tunisie et en Algérie. En France, pour les besoins de la parfumerie, de la liquoristerie et de l’herboristerie, la Verveine odorante était cultivée dans les environs de Grasse, de Cannes, d’Antibes, de Nice. Elle est aujourd’hui répandue dans diverses régions tropicales et sub-tropicales (Chine, Kenya, etc.), dans les zones tempérées chaudes de l’Europe et de l’Afrique du nord (Maroc, Espagne, un peu le Midi de la France, etc.), au Kenya, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

 L’alambic, la magie de la distillation

Le procédé de la distillation – photo R. Six

De la cueillette à la conception du jus, la matière première va subir plusieurs traitements, la première étant l’obtention de l’essence de la plante ou du fruit.

L’outil utilisé est l’alambic probablement inventé entre le VIIIème et le Xème siècle. La distillation est applicable seulement aux produits ne se décomposant pas à la chaleur (lavande, citronnelle, géranium), et à la fabrication des eaux de fleurs. Ce procédé est fondé sur le principe de l’évaporation, puis de la condensation des liquides. Il repose sur la capacité de la vapeur d’eau à entraîner les huiles essentielles.

L’alambic de parfumerie moderne est composé de trois parties : le corps de l’alambic, une cuve ovale sur la partie supérieure de laquelle se fixe un chapiteau ou col de cygne, lui-même relié au réfrigérateur, cuve remplie d’eau froide dans laquelle se trouve un serpentin en métal.

Le produit à distiller (fleurs, herbes, feuilles, branches, racines, mousses…) est chargé dans la cuve, sur les plateaux perforés. L’eau du bain-marie, qui représente au minimum cinq fois le poids en eau des végétaux, est portée à ébullition. La vapeur, chargée des principes odorants contenus dans la plante, s’échappe par le col de cygne et passe alors dans le réfrigérateur, où l’essence se condense. Le mélange d’eau et d’huile essentielle ainsi obtenu est alors récupéré dans des essenciers, encore appelés vases florentins, dans lesquels les deux liquides se séparent naturellement par différence de densité. Les huiles essentielles sont recueillies à la surface pour être utilisées en parfumerie, tandis que les eaux parfumées de certaines essences (eau de rose, eau de fleur d’oranger…) sont réservées à d’autres usages.

L’orgue à parfums

Dans son roman « A rebours » paru en 1884, Joris-Karl Huysmans évoque la relation exceptionnelle de son personnage, des Esseintes, avec le parfum. Il imagine dans ce roman l’orgue à parfums, repris ensuite par Boris Vian dans « L’Ecume des jours » (1947) pour son piano à cocktail. Ce meuble, dont les laboratoires se sont appropriés l’idée et qu’ils ont fait fabriquer par les ébénistes, est destiné à ranger en demi-cercle l’essentiel des flacons de matières premières utilisés par le parfumeur. Il trouve ainsi à portée de main, essences de fleurs absolues, essences de plantes aromatiques, résines, baumes et extraits.

L’orgue à parfums – photo I. Six

Un musée pédagogique

Le Musée du Parfum est un concept interactif et offre au visiteur, outre les expositions, la possibilité de créer en une demi-heure son eau de toilette au bar à parfum ou son huile hydratante ou de massage au bar à huiles. Ainsi le visiteur n’est plus un simple découvreur du musée et de ses collections mais un acteur actif qui peut vivre une expérience olfactive unique.

Le musée s’adresse également à un public jeune puisqu’il met en place une programmation pédagogique destiné aux écoles défavorisées ou éloignées de Marrakech. Des orgues à parfum portatifs initieront les enfants à l’art du parfum, susciteront un éveil olfactif et, peut-être, des vocations.

Des événements pluriannuels ponctueront les activités du musée : distillation de la fleur d’oranger, récolte des roses…

Abderrazzak Benchaâbane et son bar à parfum – photo I Six

 Texte : Isabelle Six

Renseignements pratiques

Musée du Parfum de Marrakech

2 derb Cherif (Diour Saboun), 40000 Marrakech

Ouvert de 9.00 à 17.30

http://www.benchaabane.com/lemuseeduparfum/

> Patrimoine et culture à Marrakech avec le Riad DAR ZAMPA

25 avril 2017

DANS LA MÉDINA : Le patrimoine architectural

> Zaouia de Sidi Bel Abbès

Cet édifice religieux honore la mémoire de Sidi Bel-Abbès, le saint-patron de la ville. À sa mort, en 1205, un petit sanctuaire est érigé à sa mémoire. Dès le XVIe siècle, une mosquée puis une bibliothèque sont bâties adossées au mausolée. En 1720, Moulay Ismaïl fait construire une coupole au-dessus de la tombe du saint. Le souk Majadliyin (des passementiers) attenant à la zaouia est construit par Mohammed IV. Avec ses boutiques sous arcades, il a été rénové tout récemment mais a malheureusement perdu ses jolies peintures rouges à étoiles blanches.

> Fontaine Chrob ou Chouf

Avec celle de Mouassine, c’est la plus ancienne fontaine de Marrakech, construite sous le règne du sultan saadien Ahmed el Mansour (1587-1603). Si la fontaine en elle-même n’a pas d’attrait particulier, c’est son auvent en cèdre sculpté et à linteau portant des motifs floraux autour d’inscriptions calligraphiques qui suscite tout l’intérêt. Son nom signifie « Bois et regarde »…

 

 

 

> Qobba Ba’Adiyn ou almoravide

Kaat Benahid, Marrakech Medina (en face de la Mosquée Ben Youssef) / Actuellement fermée au public

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Dernier vestige de la dynastie almoravide, la qobba (coupole) Ba’Adiyn fut ensevelie par des siècles d’alluvions et redécouverte au milieu du XXe siècle. Aujourd’hui, son niveau permet de situer exactement celui de Marrakech au temps de sa fondation. Il s’agirait d’un bassin d’ablutions d’une ancienne mosquée détruite par les Almohades. Le bâtiment est entièrement restauré et surmonté d’une coupole dont l’intérieur est orné de motifs floraux sculptés avec finesse.

> Medersa Ben Youssef

Kaat Benahid, Marrakech Medina / Ouvert tlj (sauf fêtes religieuses) : 08.00-17.00 / Prix : 20 DH

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Fondée au milieu du XIVe siècle par le sultan mérinide Abou el-Hassan, cette école coranique sera reconstruite en 1565 par Moulay Abdellah, de la dynastie saadienne. C’est alors qu’elle deviendra un des plus importants centres de théologie islamique du Maghreb. Joyau de l’art arabo-andalou, elle accueillait plus de 900 étudiants avec quelque 130 chambres spartiates ouvertes sur l’atrium central ou sur une des sept cours de la médersa.

> Mosquée et minaret de la Koutoubia

Entrée interdite aux non-musulmans

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Monument religieux le plus emblématique de Marrakech, la mosquée de la Koutoubia et son minaret de 77 mètres de haut, ont été édifiés au XIIe siècle sous le règne des Almoravides. Achevée en 1157, une mauvaise orientation géographique par rapport à la Mecque aurait obligé le sultan Abd el-Moumen à en commander une autre qui sera bâtie entre 1158 et 1162. De la première version, il reste un alignement de base de colonnes.  Le minaret sera terminé en 1190 sous le règne de son petit-fils, Yacoub el-Mansour, et servira de modèle à la grande mosquée de Séville dont il ne reste plus que la Giralda. Comme toutes les mosquées du Maroc, la Koutoubia ne peut être visitée par les non-musulmans, mais on peut se promener dans le très beau Parc Lalla Hasna qui l’entoure.

> Place Jemaâ el Fna

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Si la place en elle-même ne présente pas grand intérêt d’un point de vue architectural, cette vaste esplanade de plus d’un hectare est un véritable théâtre de plein air dont l’activité croît à mesure que le soir approche. Marchands de jus d’orange, charmeurs de serpents, conteurs, acrobates, herboristes, tatoueuses de henné, porteurs d’eau, ses acteurs font de la place un chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité.

> Mosquée et fontaine Mouassine

Entrée de la mosquée interdite aux non-musulmans

Carte postale ancienne

La Mosquée et son minaret trapu font partie d’un ensemble comprenant une fontaine, des latrines et une ancienne médersa. La fontaine, protégée par une grille, est surmontée d’un auvent en bois de cèdre sculpté. Un des bassins était réservé aux hommes, un autre aux animaux et un troisième servait de réservoir. Quant aux toilettes situées sur la droite du bâtiment, elles datent du XVIe et se répartissent dans un espace rectangulaire avec des cellules sur quatre côtés et un bassin au centre recouvert d’une charpente à caisson en bois à toit pyramidal. La mosquée est actuellement en rénovation.

 > Dar Cherifa – Café littéraire

8, derb Chorfa Lakbir, Mouassine, Marrakech Medina / Ouvert tlj : 09.00-23.00 / Gratuit (sauf consommations et repas)

Une des plus anciennes maisons de Marrakech construite fin du XVe-début XVIe siècle, Dar Cherifa fut longtemps laissée à l’abandon avant d’être restaurée dans le plus strict respect de la tradition architecturale grâce à des artisans connaissant les techniques ancestrales. Cette belle maison magnifiée par la décoration saadienne est devenue un centre culturel et un café littéraire où l’on peut se restaurer à tout moment pour profiter du calme de son patio ou de sa terrasse.

> Palais El-Badi

Place des Ferblantiers Qzadria, Marrakech Medina / Ouvert tlj : 08.00-17.00 / Prix : 10 DH (+ 10 DH pour voir le minbar de la Koutoubia)

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Ce vaste ensemble, dont il ne reste aujourd’hui que des ruines, fut construit à la fin du XVIe siècle par Ahmed Al-Mansour, dit Ed-­Dahbi (Le Doré), le plus glorieux des sultans saadiens. Lorsque son magnifique palais fut achevé, au bout de plus de 20 années de construction, son plaisir fut gâché par la réflexion de son bouffon qui lui prédit « Quand il sera démoli, il n’en restera qu’un gros tas de terre ! » Et c’est ce qui arriva 5 siècles plus tard lorsque le sultan alaouite, Moulay Ismaïl fit de Meknès sa capitale et déconstruisit un grande partie des palais de ses prédécesseurs. Du Palais El-Badi, il ne reste que des murs en pisé et des jardins mais cet immense espace vide laisse une forte impression de puissance et de grandeur.

> Palais Bahia

Rue Riad Zitoune El Jdid – Marrakech Medina / Ouvert tlj : 08.00-17.00 / Prix : 10 DH

Le palais Bahia est un brillant exemple de l’art marocain du XIXe siècle. Succession de cours, de salons et de jardins, l’édifice se présente comme un rassemblement de plusieurs maisons pour ne former qu’un seul palais. C’est ce qui donne cette impression de dédale désordonné. Construit à la demande du grand vizir Ahmed Ben Moussa, ministre du souverain alaouite Moulay Hasan, puis de son héritier Moulay Abdelaziz, le palais devint la demeure du maréchal Lyautey qui y séjourna quelques temps à l’époque du protectorat français, à partir de 1912.

> Bab Agnaou

Construite au XIIe siècle sous la dynastie almohade, cette porte de la kasbah déploie un magnifique décor sculpté en grès du mont Guéliz. Elle est faite de 4 arcs superposés, tous différents, surmontés d’écoinçons décorés de motifs floraux. Une frise épigraphique en caractère coufique surmonte l’ensemble. Sans réelle fonction défensive, la porte s’ouvre sur le quartier de la kasbah et une belle place joliment aménagée.

> Mosquée El Mansour ou de la Kasbah

Rue de la Kasbah – Marrakech Medina / Entrée interdite aux non-musulmans

Récemment restaurée et mise en valeur par le dégagement des espaces qui l’entourent, la Mosquée El Mansour, mosquée de la Kasbah ou encore mosquée aux Pommes d’Or, a été construite à la fin du XIIe siècle, sous le règne de Yacoub el-Mansour, alors que s’achevaient les travaux de la Koutoubia. Les murs du minaret sont lisses jusqu’à hauteur des toits de la mosquée puis finement décorés jusqu’à son lanterneau de losanges sculptés et entrelacés et d’une frise de faïence. Les fameuses pommes d’or correspondraient peut-être aux boules de cuivre doré au sommet de la flèche qui coiffe le minaret…

> Tombeaux saadiens

Carte postale ancienne

Rue de la Kasbah – Marrakech Medina / Ouvert tlj : 09.00-18.00 / Prix : 10 DH

Découverts seulement en 1917, ces vestiges de l’époque saadienne furent épargnés par le sultan alaouite Moulay Ismaïl, grand bâtisseur à Meknès mais aussi grand démolisseur des œuvres de ses prédécesseurs. Cependant, il enferma le sanctuaire derrière un mur épais où les mausolées et le jardin témoignent de la magnificence et du goût pour les arts de la dynastie qui régna sur le Maroc entre le XVIe et le XVIIe siècle.

DANS LA MÉDINA : Les musées

> Musée du Parfum

2, Derb Chérif, Diour Saboun, Marrakech Medina / Ouvert tlj : 09.00-17.00 (hiver) 18.00 (été) / Prix : 40 DH (l’atelier : 400 DH)

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Le musée du parfum axé sur l’art du parfum, de l’aromathérapie, les soins du corps et le bien-être offre à ses visiteurs la possibilité de vivre une expérience olfactive unique en son genre. Le parfum est un art de vivre au Maroc. En effet, il accompagne toutes les étapes et les rites de passage de la vie des Marocains. Le musée de parfum est un concept interactif. Il offre au visiteur outre les expositions, des activités ludiques et des ateliers. Ainsi le visiteur n’est plus un simple découvreur du musée et de ses collections mais un acteur actif qui peut s’il le désire participer à la vie du musée.

> Maison Denise Masson

3, derb Zemzane, Bab Doukala, Marrakech Medina / Ouvert ma>sa : 10.00-12.00 et 15.00-18.30 / Gratuit

Situé dans le quartier de Bab Doukkala, cet authentique riad était la propriété de Denise Masson, célèbre pour son travail de traduction du Coran en français. Le petit salon abrite l’harmonium de la dame de Marrakech, son bureau renferme encore sa prestigieuse bibliothèque. L’Institut français de Marrakech, qui en a la gestion, organise régulièrement des expositions, des rencontres littéraires, des conférences, ainsi que des concerts dans le magnifique jardin ombragé.

> Musée de Marrakech – Fondation Omar Benjelloun

Place Ben Youssef, Marrakech Medina / Ouvert tlj : 09.00-18.00 / Prix : 50 DH

Installé depuis 1997 dans un ancien palais édifié au XIXe siècle par Mnebhi, vizir du sultan Moulay Hassan, le musée présente des œuvres d’art d’hier et d’aujourd’hui. La visite du bâtiment en elle-même est intéressante car elle montre de somptueux décors de style arabo-andalou.

> Heritage Museum – Musée du Patrimoine

25 Znikat Rahba, Marrakech, Medina / Ouvert tlj : 10.00-18.00 / Prix : 30 DH

Situé dans un ancien riad arabo-andalou du XVIIe siècle, à deux pas de la place des épices, le Musée du Patrimoine propose une collection privée d’antiquités, d’artisanat, de bijoux marocains.

> Dar Si Saïd – Musée des arts marocains

Derb el Bahia, Riad Zitoun Jdid, Marrakech Medina / Ouvert me>lu : 09.00-12.15 et 15.00-18.15 / Prix : 20 DH

 Ce grand riad date de la fin du XIXe siècle et accueille un musée des arts marocains : coffres sculptés, fusils berbères. Il plonge le visiteur dans l’histoire de l’artisanat traditionnel du Maroc, du Haut Atlas au sud du pays.

 > Musée Tiskiwin ou Bert Flint

8 derb el Bahia, Riad Zitoun Jdid, Marrakech Medina / Ouvert tlj : 09.00-12.30 et 14.30-18.00 / Prix : 20 DH

Situé dans une ancienne demeure du début du XXe de type hispano-mauresque, le Musée Tisiwin réunit la collection du Hollandais Bert Flint. Professeur d’histoire de l’art et voyageur fasciné par le Maroc, il s’est passionné pour les arts populaires et a rassemblé des instruments de musique, des costumes, des bijoux, des meubles, des tapis, des vieux ustensiles et de l’artisanat berbère, provenant principalement de la vallée du Souss et de la région saharienne.

> Maison de la photographie

46, Rue Souk Ahal Fassi, kaat Ben Nahid, Marrakech Medina / Ouvert tlj : 09.30-19.00 / Prix : 40 DH

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Installée depuis 2009 dans un ancien foundouk, la Maison de la Photographie a pour objectif de montrer l’extraordinaire diversité du Maroc, telle que vue par ceux qui le visitent depuis les débuts de la photographie jusqu’à la période moderne : 1879-1960. La collection comprend des photographies, plaques de verre, cartes postales, journaux, cartes, documentaires.

> Musée Boucharouite

107 Derb al Cadi, Azbezt, Marrakech Medina / Ouvert lu > sa : 09.30-18.00 / Prix : 40 DH

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Musée des arts populaires marocains hébergé dans une ancienne maison d’hôtes de type riad décorée dans le style art déco. L’essentiel de la collection se compose de tapis « boucharouite » et « zindekh » réalisés par les femmes berbères, le plus souvent très modestes, à partir de tissus déchirés provenant de textiles de récupération.

> Musée Mouassine

4-5, Derb El Hammam, Rue Mouassine, Marrakech Medina / Ouvert tlj : 09.30-19.00 / Prix : 30 DH (réduction sur présentation du billet Maison de la Photographie)

Au cœur du quartier saadien de la médina se trouve le musée de Mouassine. La maison et sa douiria, appartement de réception, ont été entièrement rénovés de 2012 à 2014 selon des techniques traditionnelles, un savoir-faire ancien et avec des matériaux traditionnels pour aboutir à une véritable symphonie de couleurs.

Un cycle annuel d’expositions est organisé ainsi que ces concerts chaque vendredi dans ce cadre exceptionnel.

> Musée des bijoux Nawahi

37 Derb Ouayhah, Quartier Sidi Abdelaziz, Marrakech Medina  / Ouvert lu > sa : 09.00-19.00 / Prix : 40 DH

Le musée des bijoux nawahi permet de découvrir des bijoux d’or et d’argent, des parures de mariées de différentes régions du Maghreb. Par une scénographie soignée et contemporaine, chaque salle met en valeur une région d’Afrique du Nord en bordure du Sahara.

La boutique-atelier permet de réaliser soi-même des bijoux d’inspiration berbère à partir de perles en terre cuite.

> Fondation Dar Bellarj

9, Rue Taoualat Zaouiat Lahdar, Marrakech Medina  / Ouvert lu > sa : 09.30-17.30 / Prix : gratuit

La Fondation Dar Bellarj pour la culture au Maroc a pour objectif essentiel de promouvoir la culture vivante. Elle a ouvert ses portes en 1999 au cœur de la médina de Marrakech. A l’emplacement de cette maison se trouvait un ancien fondouk abritant un hôpital pour oiseaux où un sage homme prodiguait les bons soins aux cigognes. Aujourd’hui, la Fondation sert de lieu d’exposition, propose des concerts, des ateliers, des séances de contes, des conférences…

DANS LA MÉDINA : Les jardins

> Le Jardin secret – Musée en plein air

Rue Mouassine 121, Marrakeche Medina / Ouvert tlj : 10.30 – 17.30/18.30/19.30/20.00 (selon saison) / Prix : 50 DH / Tour : 30 DH

L’origine du Jardin secret remonte à l’époque saadienne mais il a été reconstruit au milieu du XIXe siècle par un influent caïd de l’Atlas et a été la demeure de plusieurs personnalités politiques de Marrakech. Ses jardins et ses édifices font partie de la tradition des palais arabo-andalous. Les espaces verts du Jardin Secret sont aujourd’hui répartis en jardin exotique, abritant des plantes provenant de différentes parties du monde, et en jardin islamique étroitement lié aux structures du riad.

DANS LE GUÉLIZ : Les musées

 > Le musée berbère du Jardin Majorelle

Rue Yves Saint-Laurent, Marrakech / Ouvert tlj : 08.00-17.30/18.00 – Prix : 25 DH

C’est dans l’ancien atelier de Jacques Majorelle de style art déco et conçu par l’architecte Paul Sinoir qu’a été inauguré le Musée Berbère en 2011. Il présente un panorama de la créativité de ce peuple le plus ancien de l’Afrique du Nord.

> Le Musée Yves Saint-Laurent

Rue Yves Saint-Laurent (derrière le Jardin Majorelle) / Ouverture prévue à l’automne 2017.

L’ouverture du musée Yves Saint Laurent à Marrakech, ville qu’il a découverte dès 1966 et où il séjourna régulièrement, coïncidera avec celle d’un musée YSL à Paris. L’importance du Maroc dans son œuvre fut telle qu’il était naturel d’y construire un musée à partir des collections de la Fondation. Il sera situé Rue Yves Saint-Laurent à proximité du Jardin Majorelle qu’il a, avec Pierre Bergé, sauvé d’une disparition certaine en 1980. Ce nouveau bâtiment, d’une surface totale de 4 000 m2, sera plus qu’un simple musée : il comprendra un espace d’exposition permanente présentant l’œuvre d’Yves Saint Laurent, une salle d’exposition temporaire, un auditorium, une bibliothèque de recherche et un café-restaurant.

> Le MACMA (Musée d’Art et de Culture de Marrakech)

61, rue Yougoslavie, Passage Ghandouri, Guéliz / Ouvert lu > sa : 10.00-19.00 – Prix : 80 DH

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Dans cet espace moderne et lumineux sont conçues, deux fois par an, une exposition avec un caractère narratif (Orientalisme, Art naïf au Maroc…). De plus, le musée possède sa propre collection  alimentée, pour le montage des expositions, par des œuvres de collectionneurs, d’amateurs et de fondations.

DANS LE GUÉLIZ : Les jardins

> Cyber Parc (Arset Moulay Abdeslam)

Avenue Mohamed V (en face du Centre artisanal) / Ouvert tlj : 07.00 – 18.00 / Gratuit

Créé au XVIIIe siècle, ce parc fut agrandi en 1920 puis remarquablement aménagé et modernisé en 2005 grâce à un sponsor de Maroc Telecom. Dans un endroit calme et reposant, il est possible de se connecter au réseau internet grâce à des bornes discrètement aménagées.

> Le Jardin des Arts

Sculpture de Karim Alaoui

Avenue Mohamed V / Ouvert tlj / Gratuit

Ouvert en novembre 2016, dans le cadre COP 22, le Jardin des Arts de Marrakech est le fruit d’une collaboration entre l’artiste et écrivain Mahi Binebine et l’agence BDA. Ce petit espace vert urbain se trouve non loin du rond-point Berdaïne, sur l’avenue Mohamed V, entre Guéliz et médina.  Treize œuvres sculpturales ayant pour thématique l’Afrique et le climat ont été réalisée par une dizaine d’artistes de renom dont : Hassan Hajjaj, Yasmina Alaoui, Florence Arnold, Hicham Benohoud, Jean-François Fourtout, Marco Guerra et Mohamed Mourabiti.

Le Jardin Majorelle

Rue Yves Saint-Laurent, Marrakech / Ouvert tlj : 08.00/09.00-17.30/18.00 / Prix : 50 DH

Dessiné par le peintre Jacques Majorelle (1886-1962), installé à Marrakech depuis 1919, le jardin est ouvert au public depuis 1947. En 1924, l’artiste fait construire une villa à l’extérieur des murs de la ville ocre puis y ajoute en 1931 un atelier de style art déco conçu par l’architecte Henri Sinoir qu’il fait peindre entièrement en bleu outremer. Botaniste amateur, Majorelle collectionne les plantes du monde entier qu’il dispose avec harmonie dans son jardin, entre fontaines et tonnelles. Laissé à l’abandon à sa mort en 1962, le jardin est racheté en 1980 par Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé.

> Le Jardin el Harti

Avenue du Président Kennedy, Guéliz / Gratuit

 La création de ce jardin urbain remonte à la fin des années 30. Il recèle une quantité d’arbres et d’arbustes remarquables dont certains sont presque centenaires : palmiers, oliviers, bigaradiers, ficus, caroubiers, etc. La plupart des aménagements présents de nos jours y étaient dès la création : le kiosque à musique, les jets d’eau, les pergolas et les bancs n’ont pas bougé, seules quelques rénovations leur ont été apportées. Un poumon vert au cœur de Guéliz.

DANS LA PALMERAIE : Les musées-jardins

 > Le musée de la Palmeraie – Art Contemporain et nature

Dar Tounsi , Route de Fès / Ouvert : tlj 09.00-18.00 / Prix : 40 DH

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Ces anciens bâtiments agricoles en pisé, au coeur d’un écrin de jardins, abritent une collection permanente consacrée à l’art contemporain au Maroc. En fin de visite du musée, un jardin andalou avec sa collection de rosiers, d’orangers et d’oliviers, un jardin d’eau, un jardin sec, permettent de se ressourcer à l’écart de la ville.

> Musée Mathaf Farid Belkahia

Dar Tounsi , Route de Fès / Ouvert : tlj : 10.00-19.00 / Prix : 50 DH

Inauguré en avril 2016 à l’initiative de Rajae Benchemsi, l’épouse de l’artiste, le musée Farid Belkahia propose de maintenir le rayonnement des œuvres de Belkahia en maximisant leur visibilité et en encourageant la recherche sur leurs diverses influences et périodes marquantes. Ainsi, le musée s’articule autour des principales périodes de l’artiste : expressionnistes, cuivres, peaux et dessins. Le musée est situé au cœur de la palmeraie, au sein même de l’ancien atelier de l’artiste.

ENVIRONS DE MARRAKECH : Les musées

> Museum of African contemporary Art Al Maaden (MACAAL)

Al Maaden, Sidi Youssef Ben Ali – 40000 Marrakech / Ouvert ma > di : 10.00-19.00 – Prix : 40 DH

Le MACAAL a pour but de valoriser la création artistique africaine contemporaine. Depuis son ouverture, à l’occasion de la COP22, une exposition fut conacrée u

Parc de sculptures Al Maaden

Al Maaden, Sidi Yousef ben Ali – 40000 Marrakech

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 Inauguré en septembre 2013, le parc de sculptures Al Maaden intègre des sculptures monumentales dans un parcours de golf au pied de l’Atlas. Œuvres d’artistes marocains et internationaux de dimensions prodigieuses, elles ont été créées exclusivement et en résonance avec le site d’Al Maaden à Marrakech. Du Canada à la Chine en passant par l’Inde, l’Égypte et l’Argentine, les artistes ont pris possession du lieu, rivalisant dans la prouesse technique pour créer des sculptures, dont certaines atteignent 8 mètres de haut ou 12 mètres de long.

> Centre culturel Atlas Golf Marrakech : Musée Fossiles & Minéraux & Astronomie

Km 1 route d’Amizmiz / Ouvert tlj 10.00 – 18.00

Dédié à la diversité minéralogique du Maroc, le Musée Minéraux et Fossiles propose une collection de fossiles (dont un spécimen de plésiosaure, reptile marin vivant il y a 160 millions d’années) et une riche collection de minéraux et météorites.

 > Musée Mohamed VI de la civilisation de l’eau au Maroc

Route de Casabalanca / Ouverture début mai 2017

 Le Musée Mohammed VI de la civilisation de l’eau au Maroc a été inauguré le 5 janvier à Marrakech. Réalisé par le ministère des Habous et des Affaires islamiques il ambitionne de « faire découvrir le génie marocain dans la gestion de l’eau et faire connaître le rôle historique des Habous ‘Fondations Pieuses’ dans la régie de l’eau ». Le musée comprend des galeries d’expositions permanentes étalées sur trois niveaux, un espace pour les expositions temporaires, un pavillon éducatif comprenant des salles de formation et d’informatique, ainsi qu’un pavillon administratif, des espaces verts et plusieurs annexes.

L’Ecomusée berbère de la vallée de l’Ourika

Village de Tafza, km 37 / Ouvert tlj : 9.00-19.00 / Prix : 20 Dh

Lors d’une excursion dans la vallée de l’Ourika, faites une petite visite à l’écomusée berbère. Dans une kasbah de village restaurée du village de Tafza sont exposés et expliqués les objets du quotidien des Berbères ainsi que ceux qui constituent le monde de la femme berbère : tissage, poterie, bijoux…

 

ENVIRONS DE MARRAKECH : Les jardins

> Jardins de l’Agdal

Ouvert vendredi et dimanche : 07.30-18.00 / Gratuit

Créés au XIIe siècle, sous le règne d’Abd El Moumen, sultan de la dynastie des Almohades, les jardins de l’Agdal, d’inspiration andalouse, sont probablement les plus anciens de Marrakech. Situés au sud de Dar el Makhzen, les jardins sont à eux seuls d’immenses vergers clos où se rencontrent oliviers, orangers, grenadiers, abricotiers, rosiers…

> La Ménara

Avenue de la Ménara (Route de l’aéroport) – 40000 Marrakech / Ouvert tlj : 8.00-17.00 / Gratuit (visite du pavillon : 10 DH)

Aménagé tout au bout de l’avenue de la Ménara, le site s’étend sur près de 90 hectares. Un bassin de grande dimension a été creusé en son centre, vraisemblablement au XIIe siècle, à l’époque des Almohades. Il aurait servi à stocker les eaux de pluies arrivant des montagnes de l’Atlas environnantes par le biais des khettaras. Plus tard, les jardins de la Ménara se sont enrichis d’un pavillon édifié à fleur d’eau, sous le règne des Saadiens.

 > Anima

Route d’Ourika km 27 / Ouvert : tlj : 9.00-17.00/18.00 (selon saison) – Prix : 120 DH – navette gratuite

Créé par un artiste autrichien, André Heller, le jardin fantaisiste Anima se situe à 25 kilomètres de Marrakech, sur la route d’Ourika. Mise en scène botanique où art et nature se côtoient, Anima se veut un lieu de rencontres et de culture : un jardin, un café et 3 salles d’exposition.

Toutes les photos dans cet article sont de I. et R. Six, sauf mention particulière

I. Six

> Le Festival du Livre de Marrakech

5 avril 2017

Mis en place en 2016, le Festival du Livre de Marrakech vient compléter l’activité culturelle débordante dont la ville ocre bénéficie ces dernières années.

Séance dédicace pour l’écrivain et artiste Mahi Binebine (photo I. six)

Initiée par l’Association Le Kitab bleu, la première édition  de cet événement livresque – qui s’est tenue les 24 et 25 octobre 2016 – mettait à l’honneur les auteurs marocains d’expression française. Le festival était parrainé par le célèbre journaliste, animateur de télévision et écrivain français Patrick Poivre d’Arvor et la chanteuse, poétesse et romancière marocaine Sapho. Près d’une trentaine de romanciers, poètes, essayistes et nouvellistes de différentes générations ont participé à cette grande manifestation culturelle placée sous la présidence d’honneur de Pierre Bergé, écrivain, mécène et président de la Fondation «Jardin Majorelle».

Cet événement a vu le jour grâce à Joschi Guitton et Stéphane Guillot, fondateurs du Salon du livre de l’ile de Ré (Sud-Ouest de la France) et Emmanuelle Sarrazin, éditrice française installée à Marrakech.

On se souvient, notemment, du bel échange entre Pierre Bergé et l’écrivain marocain Abdellah Taïa

Abdellah Taïa en séance de dédicace (photo I. Six)

Pierre Bergé et Abdellah Taïa présenté par Joschi Guitton (photo I. Six)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les 22 et 23 avril 2017, l’événement très attendu propose un beau programme et des invités de qualité, dont la liste est reprise en détail sur le programme. Nous y serons et vous ferons partager nos coups de coeur.

L’affiche de la 2ème édition du Festival du Livre de Marrakech – les 22 et 23 avril 2017

 

Isabelle S.

>Salon du Livre – Paris 2017

24 mars 2017

AL HUFFINGTON POST  Maghreb-Maroc 23 mars 2017

CULTURE – La princesse Lalla Meryem et le président français François Hollande ont inauguré, jeudi en fin d’après midi, le pavillon du Maroc au Salon du Livre de Paris qui met cette année à l’honneur la littérature marocaine.

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La princesse Lalla Meryem et le président François Hollande au Salon du Livre Paris 2017

 

L’EXPRESS – 24/03/2017

A l’occasion du Salon du Livre à Paris, la revue LIRE dresse un panorama de l’histoire littéraire récente du Maroc, invité d’honneur de la manifestation. Entre questionnements identitaires, problèmes structurels et dynamisme éditorial.

Abdellah Taïa, auteur du livre « Le Jour du roi. » A. Annag

 

> Un oiseau dans la ville (II)

25 janvier 2017

Le Bulbul des jardins, oiseau des riads, des parcs et… des jardins !

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Bulbul des jardins – photo I. Six

Voilà un oiseau bien particulier que l’on ne risque pas de trouver en Europe. La simple étymologie de son nom nous donne les principales caractéristiques du Bulbul des jardins (Pycnonotus barbatus)

Le mot bulbul, vient d’un mot persan qui désigne divers oiseaux chanteurs, tels que le chardonneret et le rossignol. Son nom scientifique vient du grec puknos (épais, dense, serré) et nôtos (le dos). En effet, les bulbuls des différentes espèces se caractérisent par un plumage très dense sur le dos, alors qu’il est clairsemé sur la nuque. Enfin barbatus est un mot latin signifiant « barbu ». Les plumes de la gorge du Bulbul des jardins, sont, de fait, un peu hérissées.

Le Bulbul des jardins (Pycnonotus barbatus) est la seule espèce de la famille des Pycnonotidae qui existe au Maroc, dans le nord de l’Algérie et de la Tunisie ainsi qu’en Egypte, pour une sous-espèce. D’origine tropicale et forestière, le bulbul s’est adapté aux milieux anthropisés et s’est largement répandu dans les villes, dans les palmeraies, les terres agricoles avec arbres et buissons, le long des cours d’eau temporaires pourvus en végétation. Lorsque vous vous promenez à Marrakech, vous le croiserez immanquablement dans les jardins des riads, dans les parcs en plein cœur de la ville, dans la palmeraie et aux abords des zones cultivées. Il investit les lieux où il y a des arbres et de l’eau et où il peut trouver des fleurs, des fruits et des insectes, qui constituent la base de son régime alimentaire.

Bulbul des jardins (Pycnonotus barbatus) - aquarelle R. Six

Bulbul des jardins (Pycnonotus barbatus) – aquarelle R. Six

Cette espèce, de la taille approximative du merle (19-21 cm), présente un plumage assez quelconque : le dessus du corps est uniformément gris-brunâtre, le dessous est gris plus clair et les sous-caudales presque blanches. La tête, la gorge et la queue sont d’un brun-gris très foncé. Les jeunes ont la tête plus sombre que les adultes, mais il n’existe pas de dichotomie sexuelle. Si son aspect est plutôt passe-partout, sa présence est avant tout sonore car le bulbul est bruyant. Son chant est bref, flûté et mélodieux mais strident lorsqu’il est lancé effrontément de bon matin ou en début de soirée.

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Bulbul des jardins sur un olivier du Jnane el Harti, Marrakech – photo I. Six

Le Bulbul des jardins vit généralement en couple mais il se rassemble volontiers près des arbres fruitiers avec d’autres espèces telles que le Bruant du Sahara ou encore le Moineau domestique. En dehors de la saison de reproduction, il n’adopte pas de comportement territorial, mais lorsqu’arrive un couple ou un groupe de bulbuls, les autres oiseaux préfèrent s’éloigner discrètement, intimidés par tant d’énergie. Alors qu’il semble exister une sorte de jeux dangereux entre les chats de la médina et les Bruants du Sahara, le bulbul tient à distance les matous qui préfèrent se détourner de cette espèce trop bruyante pour leurs oreilles. Serait-ce aussi que le Bulbul des jardins offre une mine patibulaire ? Son plumage neutre et foncé, ses yeux  sombres et son bec fort légèrement recourbé n’incitent pas vraiment à la « camaraderie »…

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Bulbul au bord du bassin du jardin de Dar Si Saïd, Marrakech – photo R. Six

Ces oiseaux, friands de baignades, affectionnent les bassins en marbre des riads. Par grosses chaleurs, il prend son bain, s’ébroue, asperge son entourage avec délectation. En hiver, il s’abreuve dans la vasque du jardin de Dar Si Saïd, à l’ombre des orangers. Dans le quartier de Mouassine, au cœur de la médina, on apercevra le bulbul se goinfrer de dattes encore sur les palmiers du Jardin secret.

Peu exigeant et polyphage, le Bulbul des jardins a su mettre à profit les changements introduits par l’homme. Largement répandu à travers le continent africain, il se retrouve au Maroc presque en tout lieu au nord et au centre du pays, là où il y a des arbres à proximité de l’eau.

I. Six

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Bulbul des jardins au Jardin secret, Marrakech – photo I. Six

> Un oiseau dans la ville (1)

19 janvier 2017

MARRAKECH ET SES CIGOGNES

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Cigognes blanches en migration à l’embouchure de l’oued Sous (novembre 2008) – photo I. Six

Oiseau peu farouche envers l’homme, la Cigogne blanche (Ciconia ciconia) est un des grands échassiers les plus faciles à observer. Très grand oiseau (100-115cm/175-195 cm d’envergure) de la famille des Ciconiidae, la cigogne est facilement reconnaissable à ses pattes et à son bec, longs et rouges. Le corps de l’oiseau est entièrement blanc et contraste avec ses rémiges noires. Cependant, le blanc de ses plumes est rarement pur et présente un aspect un peu sale où prédomine souvent une teinte rousse ou rouille.

Au Maroc, la Cigogne blanche est omniprésente dans presque toutes les régions du pays. Sa grande adaptabilité aux paysages modifiés par l’homme est aussi une des raisons de sa multiplication récente. En effet, comme partout où on la trouve, y compris dans une grande partie de l’Europe et de l’Asie centrale, sa population a souffert d’une chasse qui n’a commencé à baisser que depuis la moitié du siècle dernier. Un grand nombre s’est malgré tout maintenu depuis, en partie grâce à des mesures de protection drastiques et au changement dans l’utilisation des pesticides.

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Nid de cigogne au sommet d’une kasbah, vallée du Mgoun – photo R. Six

Nicheur fréquent au Maroc, la Cigogne blanche réside dans de nombreuses grandes villes. Elle s’installe alors sur son lieu de nidification généralement très tôt, avec le retour des pluies (de mi-novembre à début décembre). Lors des passages migratoires, de mi-juillet à septembre et de janvier à mars, quelque 30.000 migrateurs européens adultes envahissent le Maroc. Victimes de sécheresse de plus en plus nombreuses qu’engendre le changement climatique, certains s’y posent même pour y passer l’hiver, avortant une migration censée se prolonger jusqu’en Afrique de l’Ouest, Mauritanie et Sénégal. Ainsi, aux cigognes banches marocaines résidentes s’ajoutent ces cigognes blanches européennes migratrices.

Les cigognes sont reconnaissables à leur vol plané et il est fréquent d’observer au-dessus de Marrakech de grands groupes d’individus planant et dessinant des cercles de plus en plus larges. Comme tous les oiseaux planeurs, elles utilisent les courants chauds pour les soutenir sur de longues distances et épargner leur force.

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Une cigogne pointe le bout de son bec au sommet de Bab Agnaou, Marrakech – photo I. Six

La Cigogne blanche élit généralement domicile sur les minarets des mosquées, sur les toits des maisons ou des kasbahs, au sommet de murailles en ruine ou sur d’autres promontoires élevés mieux adaptés au monde moderne tels que relais de GSM. D’une année à l’autre les nids sont réutilisés, améliorés, agrandis et peuvent atteindre des proportions énormes, allant jusqu’à 2 mètres d’envergures pour plusieurs centaines de kilos.

Si la Cigogne blanche, à  l’instar d’autres espèces, s’adapte si bien à la vie urbaine, c’est qu’elle n’exige pas un régime alimentaire spécialisé et devient de plus en plus opportuniste. Il n’est pas rare d’observer, à la sortie de Marrakech par exemple, de grands rassemblements de cigognes sur les terrains vagues où prolifèrent des petits rongeurs. Elles trouvent de quoi s’alimenter dans les cultures proches des zones humides mais aussi, et parfois à leur détriment, dans les décharges à ciel ouvert des villes et des villages.

Sa tolérance à l’égard des nuisances sonores et de la pollution et, d’une manière générale, sa bonne capacité d’adaptation à l’homme qui la respecte, sont autant de facteurs favorisant son installation en milieu urbain.

La croyance populaire marocaine lui accorde une place importante dans ses récits où elle confère la bonne fortune. Selon la légende, la cigogne serait un imam, homme saint, habillé de deux burnous, l’un noir et l’autre blanc. Un jour en plein Sahara, l’imam manqua d’eau nécessaire à ses ablutions et pour ne pas manquer la prière, il commit le grave péché d’utiliser du petit lait, béni parce que rare en ces lieux désertiques, pour faire sa toilette. Le Tout Puissant le métamorphosa en cet oiseau paisible et l’expédia au Maroc pour expier son péché.

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Logo de Dar Bellarj, Marrakech

Anciennement, sa rareté en hiver et son retour massif en été avaient donné naissance à la croyance que les cigognes partaient, comme les fidèles, faire leur pèlerinage à la Mecque. Arrivé les beaux jours, leur retour les présentait comme porteuses de bonnes nouvelles et de chance, messagères de la bénédiction divine (baraka), la grâce baignant les maisons sur lesquelles elles construisaient leur nid.

Dans la médina de Marrakech, à l’emplacement actuel de la Fondation pour la culture au Maroc, se trouvait un fondouk abritant le dernier hôpital pour oiseaux d’Afrique du Nord. Un vieux sage prodiguait des soins aux cigognes blessées. En souvenir de cette belle initiative, la fondation porte encore actuellement le nom de Dar Bellarj (maison des cigognes) et son logo reprend une tête de l’oiseau stylisée.

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Les cigognes du Palais Badia, Marrakech – photo I. Six

Dans la « ville ocre », elles sont indissociables des murailles du Palais Badia. Du haut de la terrasse d’un café, les observateurs peuvent partager l’intimité du nid et assister à un concert de claquements de bec typiques et spectaculaires. Quelques centaines de mètres plus loin, près des tombeaux saadiens, le café Nid d’cigognes surplombe la rue de la Kasbah et offre, là encore, un spectacle intéressant. J’ai pu assister au déménagement du nid depuis le sommet d’un mur menaçant ruines vers un pylône électrique, plus stable et apparemment plus solide. La cigogne transportait dans son bec des éléments de toutes sortes (branches, morceaux de tissus, planchettes…) en effectuant à chaque trajet un vol circulaire sur quelques mètres, tel un avion cherchant à atterrir.

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Cigogne déplaçant les branchages, bouts de tissu… de son nid- photo I. Six

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La ville et la proximité avec l’être humain offrent indéniablement une série d’avantages aux oiseaux qui « s’urbanisent » de plus en plus au prix d’une adaptation de leur comportement alimentaire et de leur comportement reproducteur. Cette adaptation n’est pourtant pas toujours sans danger pour les Cigognes blanches. L’opportunisme de leur régime alimentaire les entraîne à ingérer toutes sortes de déchets, pouvant provoquer leur mort. Les pylônes électriques, quelquefois utilisés comme support de leur nid, constituent des sites de guet très efficaces et préservent leurs petits des prédateurs. Mais ils ne sont pas conçus pour les oiseaux et risquent  d’être démantelés ou déplacés à tout moment. Les fientes d’oiseaux peuvent provoquer des courts-circuits et, plus grave encore, le champ électromagnétique émis par les lignes de tension pourrait avec des conséquences négatives sur le succès de leur reproduction.

Milieu appauvri, la ville reste un lieu de contraintes pour de nombreuses espèces qui s’y installent. A l’humain de faire en sorte que la cohabitation se passe dans les meilleures conditions pour les deux parties.

I. Six

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Groupes de Cigognes blanches en halte migratoire sur le lac Iriki, sud du Maroc – photo I. Six

> Legzira et ses arches de grès rouge… moins une !

24 septembre 2016
La plage de Legzira - photo R. Six

La plage de Legzira – photo R. Six

Située à 150 km au sud d’Agadir et à 11 kilomètres au nord de Sidi Ifni, la plage de Legzira est considérée comme un des plus beaux sites du Maroc. Elle figure même sur une liste des 40 plus belles plages du monde. En tout cas, jusqu’à ce qu’une de ses arches, constamment attaquées par la mer et ses tempêtes, ne soit réduite à néant … La nouvelle est tombée hier, 23 septembre 2016, et s’est répandue sur les réseaux sociaux suite à une communication du site Ifnipress et à des photos montrant un amas de pierres, seul vestige désormais de ce monument naturel.

Ce qu'il reste de la belle arche - photo Ifnipress

Ce qu’il reste de la belle arche – photo Ifnipress

Cependant aucune explication quant à la raison de cet effondrement n’a été formulée par les autorités, à tel point que certains ont cru à un canular. Pourtant, il semblerait que ce soit bien réel, le désastre a été confirmé par des témoins oculaires. Les phénomènes géologiques perdurent à travers les millénaires et la transformation de la falaise au cours du temps en un paysage étrange et séduisant par sa forme et sa couleur en témoigne. C’est très probablement l’érosion qui a été fatale à la belle arche de granite rouge qui enjambait une partie de la plage dans sa partie sud. En mars, les signes du début d’une inexorable dégradation étaient déjà manifestes. Des habitants de la région affirment que l’arche s’était partiellement écroulée et qu’elle laissait voir des fissures ouvertes sur chacune de ses faces. Fort heureusement aucune perte humaine n’est à déplorer. Il faut savoir que la plage de Legzira est très populaire auprès des touristes nationaux et étrangers qui y affluent durant l’été. Le mois passé encore, nous y étions et tout semblait normal, en surface…

Comment expliquer cette « fragilité » relative d’un tel colosse rocheux ?

On l’aura compris, Legzira est très intéressant en termes de géologie. En effet, on peut observer des affleurements spectaculaires de grès rouges (Crétacé inférieur continental) transgressifs sur du granite (Précambrien).

Grès rouge et granite, affleurements transgressifs, qu’est-ce donc que cela ?

Le grès rouge de la falaise bordant la plage de Legzira - photo R. Six

Le grès rouge de la falaise bordant la plage de Legzira – photo R. Six

Le grès, roche sédimentaire très commune, est une roche composée de grains de sable consolidés par un ciment. Ces grains de sable sont toujours majoritairement ou uniquement des grains de quartz dont le diamètre ne dépasse pas 2mm. Ils peuvent aussi contenir des petits éléments calcaires comme, par exemple, des débris de coquilles. Les affleurements de grès reflètent toujours l’orientation des strates. Plates, elles se transforment en falaise sous l’effet de l’érosion. Dans les déserts ou sur les plages, sous l’effet du vent qui en ravine les flancs et de l’érosion chimique, le processus d’altération finit par creuser dans les falaises de grès des arches spectaculaires ou des grottes peu profondes (comme à Legzira). Le sable étant un matériau qui a tendance à s’accumuler aussi bien dans les rivières que sur les plages, dans les lacs, les fonds marins et le désert comme le Sahara, il  n’est pas étonnant de retrouver du grès un peu partout à la surface de la terre.

Pourquoi ce grès est-il rouge ?

A l’époque de la formation de ces roches, un climat chaud et humide règne sur la région d’Ifni. Il produit une intense altération des roches par l’eau, allant jusqu’à la formation de dépôts d’oxydes et d’hydroxydes de fer insolubles (ayant donc tendance à se déposer et à se concentrer), qui se mélangent à des minéraux argileux. C’est la présence d’hématite, un oxyde de fer présent dans le ciment qui soude les grains de quartz qui donne à ce grès sa couleur rouge.

250Ces grès résultent au départ d’une transgression marine, c’est-à-dire d’une avancée de la mer sur le continent, datée, dans cette partie de l’Afrique, du crétacé inférieur (-100 à -150 millions d’années). Tandis que la mer avance sur le continent, des galets se déposent le long du rivage, mais par suite du déplacement de celui-ci, ils sont bientôt recouverts par du sable, lui-même recouvert par de la vase. Au fil des millénaires la diagénèse, un ensemble de phénomènes physico-chimiques et biochimiques, transformera ces sédiments en roches sédimentaires.
A Legzira, les stratifications obliques, la géométrie lenticulaire des couches de conglomérats et la rubéfaction (coloration en rouge par les oxydes de fer) indiquent que l’on a affaire à des dépôts continentaux de plaine fluviatile proche de reliefs importants (avec des conglomérats à galets peu arrondis).
Ces roches sont donc le résultat de la consolidation de sédiments détritiques arrachés par l’érosion à l’Anti-Atlas, et transportés vers l’océan par des fleuves.

A la pointe nord de la plage, on remarque que les grès reposent sur un socle granitique qui n’est autre qu’un
affleurement du socle précambrien. C’est au précambrien, il y a près de 4 milliards d’années, qu’apparaît la vie sur terre et que se forment les premiers éléments de la croûte continentale africaine.
La plage de Legzira est un exemple de ce que l’on nomme une « boutonnière », c’est à dire une dépression creusée par l’érosion qui permet de découvrir des couches géologiques anciennes. On peut y observer dans un même lieu les couches continentales du crétacé inférieur et le granite tardi-panafricain du précambrien.

La belle arche avant son effondrement - photo R. Six

La belle arche avant son effondrement – photo R. Six

La belle arche, à la cheville fine et élégante, n’a pas résisté aux effets du temps et de l’érosion. Il reste toutefois une seconde arche sur cette plage de Legzira, plus massive et moins photogénique mais tout aussi intéressante du point de vue géologique…

I. Six

Ouvrages et articles consultés:

  • « Sidi Ifni: L’arche principale de la belle plage de Legzira s’est effondrée », par Omar Sara, in Tel Quel, 24 septembre 2016.
  • Une des arches de Legzira s’est effondrée, in Huffpost Maghreb.com, 24 septembre 2016.
  • Les arches de Legzira, http://www.geocaching.com
  • « Anti-Atlas occidental et provinces sahariennes », vol. 6 des Nouveaux guides géologiques et miniers du Maroc, par Ec-Cherki Rjimati, André Michard et Omar Saddiqi, Rabat, éd. du Service géologique du Maroc, 2011.
  • Sur les sentiers de la géologie, par Alain Foucault, Paris, Dunod, 2011.
  • Guide pratique des roches & minéraux, par Arthur B. Busbey III, Robert R. Coenraads, Paul Willis, David Roots, Sélection du Reader’s Digest, 1997.

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