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> Randonnée botanique dans l’Oukaïmeden (Haut Atlas, Marrakech)

13 juin 2017
La station d'Oukaïmeden en hiver

La station d’Oukaïmeden en hiver

Au Maroc, Oukaïmeden est un endroit réputé pour sa station de ski. Malheureusement, la popularité du lieu et la forte demande touristique ne trouvent pas assez de bonnes infrastructures d’accueil et d’accès et donne à l’endroit un petit air désuet. Moi qui ne suis pas grande amatrice des sports d’hiver, je préfère nettement m’y balader au printemps ou en été, lorsque la fonte des neiges a bien irrigué le sol et qu’apparaissent une multitude d’espèces botaniques. Le plateau de l’Ouka offre alors de vastes pelouses humides qui ont sensiblement augmenté depuis la construction d’un barrage dans les années ‘70.

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Préparatif pour une rando botanique

C’est par un beau dimanche de juin que j’ai eu la chance de faire partie d’un petit groupe de randonneurs, guidés par Marie Coste-El Omari, l’auteur du précieux guide « À la découverte de la flore de l’Oukaïmeden ». À Marrakech, la chaleur étouffante sévissait depuis quelques jours et c’est avec soulagement que nous avons ressenti la fraîcheur de l’altitude (2700 mètres) à quelque 75 km au sud de la ville ocre.

L’heure n’était pas à l’observation d’oiseaux, le nez étant plus souvent collé au sol que levé en l’air… Cependant, quelques espèces habituelles se sont montrées, d’autres se sont fait entendre. Dès l’arrivée sur le site, on pouvait observer des hordes de Craves à bec rouge se nourrissant dans la prairie humide où volant en groupe au-dessus de la station. Près du barrage, des hirondelles rousselines rasaient la surface de l’eau, à la recherche d’insectes. Plus en hauteur, j’ai pu apercevoir le Traquet rieur et le Rougequeue de Moussier. Les espèces que l’on rencontre fréquemment sont le Monticole bleu, l’Alouette haussecol, la Bergeronnette des ruisseaux, le Bruant fou, le Chocard à bec jaune, pour n’en citer que quelques-uns…. La région est également riche en rapaces : Aigle botté, Circaète Jean-le-Blanc, Faucon crécerelle, et avec beaucoup de chance, le Gypaète barbu…

 

 

Pastel des teinturiers

Pastel des teinturiers

Aux abords du chemin, une plante attire notre attention : des petites fleurs jaunes groupées en grappes couronnent de longues tiges dressées. Des fruits aplatis (siliques) pendent des pédoncules et des feuilles d’un vert brillant… Autrefois, en Europe, ces feuilles étaient broyées dans les moulins à pastel et servaient à la production d’une teinture bleue, avant qu’elle ne soit détrônée par l’indigotier, puis par les colorants de synthèse. Son nom vulgaire, pastel (Isatis tinctoria), vient de la pâte ainsi formée. Toutefois, au Maroc, son usage semble être avant tout médicinal.

La promenade débute par la découverte, au pied des montagnes, d’un beau tapis de fleurs dans la pelouse humide que nous traverserons pour entamer l’ascension vers le plateau du Tizrag. Les couleurs jaune, blanc, violet, rose alternent. La visite commence et les explications fusent. A chaque pas, une espèce différente !

La pelouse humide

La pelouse humide

MILIEUX HUMIDES

Orchis élancé

Orchis élancé

L’Orchis élancé (Dactylorhiza elata) dont les racines en forme de doigts justifient son nom latin, offre une gueule labelle dans laquelle vont s’engouffrer les insectes pollinisateurs. Et comme la nature fait bien les choses, les parties florales de l’orchidée sont soudées et obligent l’insecte à descendre profondément le long d’un éperon pour déguster le précieux nectar. Lorsqu’il ressort de la fleur, son dos frotte contre les étamines, faisant ainsi tomber le pollen sur lui.

Oeillet sylvestre

Oeillets sylvestres

C’est l’Œillet sylvestre (Dianthus saxicola) qui donne à la pelouse une dominante rose. D’après notre guide Marie, son abondance en cet endroit est particulièrement exceptionnelle ! Cette fleur délicate se regroupe sur de belles touffes aux tiges raides à nœuds renflés. Cinq pétales roses dentés s’épanouissent au bout d’un calice en tube.

La balade se poursuit en quittant peu à peu les milieux humides. Nous traversons la route pour rejoindre des pelouses sèches et rocailleuses et commencer à grimper légèrement vers le col du Tizrag.

 

 

PELOUSES SÈCHES OU ROCAILLEUSES

Pelouse humide vue depuis le col du Tizrag

Pelouse humide vue depuis le col du Tizrag

Ce qui semblerait être un chardon est en fait un Panicaut de Bourgat (Eryngium bourgatii). On l’appelle pourtant quelquefois Chardon bleu des Pyrénées. Mais, alors que les chardons sont des plantes composées de la famille des Astéracées, le Panicaut est une ombellifère de la famille des Apiacées. Cette plante aux feuilles à lobes épineux présente des petites fleurs bleues regroupées en têtes (ombelles) et entourées d’une collerette de bractées pointues.

La Catananche gazonnante (Catananche caespitosa) forme d’étranges tapis à ras-du-sol foisonnants de feuilles, de fleurs à ligules jaunes et de bractées membraneuses translucides. Cette endémique du Maroc pousse sur des terrains secs à partir de 1.700 mètres d’altitude.

Sur le même terrain, la Jurinée ou Serratule naine (Jurinea humilis) est une plante vivace à souche courte, que l’on trouve à ras du sol. Ce qui semble être une fleur unique de couleur purpurine est en fait un ensemble de petites fleurs serrées sur un réceptacle commun.

L’Inule des montagnes (Inula montana), également vivace, s’écarte un peu du sol grâce à une tige dressée sur laquelle s’accrochent quelques feuilles blanches soyeuses. Au sommet de la tige un gros capitule dont les fleurs jaune-orangé s’arrangent sur deux rangs : les fleurs externes ont de longues languettes glabres (ligule) quant aux internes elles s’enroulent en petits tubes.

 

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Quand on est un parfait néophyte en botanique, les fleurs à pétales blanches et au cœur jaune semblent toutes les mêmes ! Mais en y regardant de plus près, parfois même de très près, on distingue pourtant de nettes différences… Ainsi, l’Anthémis pédonculée ou Fausse camomille (Antemis pedunculata) a tout d’une marguerite : ligules blanches et cœur de fleurs jaunes en tubes. En revanche, ses tiges sont ramifiées et ses feuilles sont découpées en fines lanières.

De la même famille (Astéracées), le Rhodanthème catananche (Rhodanthenum ou Leucanthemum catananche) est une espèce endémique du Maroc. Les Anglais la nomment Moroccodaisy (litt. Marguerite du Maroc). Elle forme des petites touffes denses et étalées, légèrement bombées. Les fleurs centrales, également jaunes et tubulaires, sont entourées de ligules blanc crème à base pourpre, plus rosées à l’extérieur.

La « marguerite de l’Atlas », Anacycle pyrèthre ou Pyrèthre de l’Atlas (Anacyclus pyrethrum) s’étale au bord des chemins ou sur un rocher grâce à sa tige couchée sur le sol. Le revers des ligules est barré d’une languette rose. Cette plante a des propriétés insecticides. Cette espèce est une rudérale, plante liée à la présence des hommes et des animaux.

 

Dans la montée vers le plateau, sur le même terrain pierreux et aride, une plante s’enroule sur elle-même pour former une boule de feuilles. C’est un phénomène d’adaptation à son environnement inhabituel pour le Plantain corne-de-cerf (Plantago coronopus) ! Finalement reconnaissable à la forme de ses feuilles divisées comme les bois d’un cerf et à son inflorescence en épi simple, il s’agit également d’une espèce rudérale.

L’Hélianthème safrané (Helianthemum croceum) abonde dans les pelouses sèches et rocailleuses. Cette « fleur du soleil » s’oriente en direction du soleil, tout comme les tournesols. Elle a cinq pétales jaunes froissées, un style saillant émergeant au centre de nombreuses étamines.

Ralph parmi les Catananches gazonnantes

Ralph parmi les Catananches gazonnantes

Après cette légère ascension, nous atteignons le col surplombant la station et apprécions le trajet parcouru depuis le refuge du Club alpin français. Avant de poursuivre notre chemin, nous nous installons parmi les Catananches gazonnantes (Catananche caespitosa) pour une première pause.

XÉROPHYTES ÉPINEUSES EN COUSSINET

Sur le plateau, à partir de 2.500 mètres, seules des formes basses résistent à un climat particulièrement rude : trop froid l’hiver, trop sec l’été, trop de vent, pas de sol. Ce sont des xérophytes épineuses, généralement en coussinet qui recouvrent des pentes entières. La forme hémisphérique du buisson permet de créer un microclimat à l’intérieur, mois froid en hiver, moins sec en été, avec de moindres variations de températures et d’humidité au cours de la journée.

Le Cytise jaune (Cytisus balansae ou purgans) est une endémique du Maroc et d’Algérie. Un des premiers xérophytes à fleurir, ses petites feuilles pointues à trois folioles disparaissent et c’est alors la tige verte et acérée qui assure la fonction chlorophylienne.

Également endémique du Maroc, l’Astragale piquante (Astragalus ibrahimianus) forme des tapis épineux. Ce sont les feuilles composées, à sessiles poilues, qui se terminent en pointe acérée.

Autre plante coussin, l’Alysson épineux (Alyssum spinosum ou Hormathophylla spinosa) forme des petits buissons à rameaux intriqués et épineux, composant des touffes. Ce sont les rameaux des années précédentes qui forment les épines. Les feuilles sont petites et oblongues, blanc argenté et les fleurs blanches à quatre pétales en croix ont six étamines.

Orpin à feuilles épaisses

Orpin à feuilles épaisses

Coincée entre un rocher et un cytise jaune, une plante grasse à fleurs délicates tente une percée. L’Orpin à feuilles épaisses (Sedum dasyphyllum) apprécie particulièrement les endroits ombragés. Typiques des Crassulacées, les feuilles sont épaisses et serrées : les tissus sont gonflés de substances liquides et assurent le rôle de réserve. Les fleurs blanches, de petite taille, portent cinq pétales et dix étamines.

ÉTAGE DU GENÉVRIER THURIFÈRE

Nous passons de l’autre côté du col pour longer la falaise et rejoindre l’étage du Genévrier thurifère (Juniperus thurifera). Un beau tapis argenté ondule sous le vent : ce sont des Stipes brillants (Stipa nitens) aux longues arêtes plumeuses qui poussent en abondance dans les rocailles montagneuses.

La vue est magnifique et surplombe une vallée dont les pentes sont recouvertes de genévriers en piqueté. Nous empruntons un chemin un peu scabreux pour rejoindre la nouvelle table d’orientation près de l’antenne TV. Mais il nous permet d’observer une végétation particulière faite de quelques arbustes à feuilles caduques.

FALAISES ET ROCHERS

À l’ombre d’un gros rocher, le Daphné purgatif ou Laurier des bois (Daphne laureola) présente des feuilles oblongues, vernissées. Il est considéré comme toxique. Quelques mètres plus loin, la falaise accouche d’un Nerprun des Alpes (Rhamnus alpina). Émergeant d’une fissure, cet arbuste tortueux porte de grandes feuilles vert vif, ovales et nervurées sur la face inférieure.

À ras du sol, une plante discrète étale ses tiges rampantes. Les Marocains l’appellent « el hidoura » pour sa similitude avec une peau de mouton de prière. En effet, la Paronique argentée (Paronichia argentea) brille par ses bractées lactescentes cachant le centre de fleurs minuscules.

Le Carthame penné (Carthamus pinnatus) s’apparente à une sorte de chardon. Un gros capitule de fleurs violettes repose au centre d’une rosette étoilée faite de feuilles à bord épineux. Mais le capitule du Chardon à grosse tête (Carduus nutans macrocephalus), comme son nom l’indique, est bien plus remarquable par sa taille et par ses bractées pointues.

La promenade progresse jusqu’à l’ancienne table d’orientation. De là, on aperçoit un bel exemplaire d’Alisier blanc (Sorbus aria) qui se détache de la falaise. Après plus de quatre heures de marche, ponctuées de nombreux arrêts, nous nous posons enfin pour le pique-nique.

VERS LES GRAVURES RUPESTRES

Rassasiés et reposées, nous redescendons vers la station et traversons le barrage pour rejoindre un vallon à pelouse sèche. Au-delà d’un petit relief de grès rouge, coexistent plusieurs espèces : la Mauve de Tournefort (Malva tournefortiana), aux feuilles finement découpées. Cousine de l’Hibiscus, elle a, comme lui, ses nombreuses étamines soudées en tube autour du style. L’Œillet de Lusitanie (Dianthus lusitanius), endémique du Maroc, diffère de l’Œillet sylvestre, observé en début de promenade, par un calice plus étroit et des pétales plus fins et frangés aux extrémités. La Phalangère à fleurs de lis (Anthericum liliago) comporte une haute hampe florale portant en grappes de belles fleurs blanches à six étamines et six tépales.

Au pied des gravures rupestre, représentant probablement des éléphants, pousse en abondance la Passerage drave (Lepidium draba). Cette plante invasive porte une inflorescence fournie de fleurs à quatre pétales en croix au sommet d’une haute tige. Également plante de grande taille à fleurs blanches, l’Achillée de Ligurie (Achillea ligustica), aux feuilles finement découpées, se termine en inflorescences en corymbes.

A l’issue de cette belle randonnée riche en découvertes, nous rejoignons la route pour retrouver les voitures et rentrer sur Marrakech.

©photo Isabelle Six

BIBLIOGRAPHIE

  • Marie Coste-el Omari, A la découverte de la flore de l’Oukaïmeden, Ed. Sarrazines, 2017
  • Abderrahman AAFI, Mohamed Sghir TALEB & Mohamed FECHTAL, Espèces remarquables de la flore du Maroc, Rabat, 2002
  • http://www.tela-botanica.org : Le réseau des botanistes francophones
  • http://www.teline.fr : Biodiversité végétale du sud-ouest marocain
  • http://www.atlasbota.com : Les belles fleurs de l’Atlas marocain

 

 

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> Le Street Art à Marrakech

22 mai 2017

Pochoir, rue Ibn Aïcha (disparu) – photo I. Six 05/2016

Un phénomène mondial

Au Maroc, le Street Art a le vent en poupe. Au point de s’écarter de plus en plus de ses revendications premières…

Phénomène mondial, le Street Art apparaît comme un nouveau moyen d’expression dès les années 1980. C’est dans les quartiers pauvres de New York que les premiers graffitis voient le jour vingt ans plus tôt, pour ensuite conquérir l’Europe et le reste du monde. Il s’agit d’un art considéré comme bâtard qui se déploie dans l’espace public, s’affiche au grand jour et est donc accessible à tous. Une signature, un sigle, une marque permettent à son auteur de communiquer à l’aide de mots ou d’images.

Au début de leurs apparitions, la société reste partagée quant aux qualités esthétiques de ces graffitis – certains les considérant comme des actes de vandalisme, d’autres y voyant les prémisses d’un art à part entière – il semble que, désormais, ces graphismes éphémères se pérennisent et trouvent leur place dans le monde de l’art. Les galeries se sont peu à peu ouvertes aux arts de la rue, les musées organisent des expositions autour du concept et certains artistes issus de ce mouvement se retrouvent même en bonne position dans le marché de l’art, au point d’en faire oublier les origines revendicatrices et contestataires. Considérés comme péjoratifs, les termes graffiti et tag sont éclipsés au profit d’une locution plus flatteuse et plus compréhensible du grand public : le Street Art ou art de la rue. Il en ressort alors une renaissance artistique à travers une explosion de créativités, d’idées nouvelles, de techniques plus élaborées. Les motivations du street artist ne sont évidemment plus les mêmes que celles du tagueur des débuts mais son but reste inchangé : investir les rues de la ville pour en faire des musées à ciel ouvert, accessibles à tous et livrer un message à ceux qui les traversent.

Lettrage en « bubble style », Marrakech – photo I. Six 11/2016

Dès lors les street artists élaborent une série de techniques, allant de la bombe au pochoir, du sticker et du collage à la peinture, ou encore de l’installation au détournement de mobiliers urbains. Toute une terminologie spécialisée pour un public initié découle de ces pratiques : on parle de tag et de graff du writer, de masterpiece réalisée par une crew. Le lettrage peut être en block letters, en wild style, en throw up… Une peinture graffiti peut être appliquée en panel piece, top-to-bottom ou en whole car, selon la surface exploitée…

Marrakech, une destination « street art » !

Depuis quelques années, les observateurs de l’industrie touristique placent Marrakech parmi les meilleures destinations au monde. Et lorsque le guide Lonely Planet édite en 2017 son nouvel ouvrage consacré au Street Art, on y retrouve Marrakech, seule destination arabe parmi les 40 villes sélectionnées ! Pourtant, ce n’est réellement que depuis 2016, à l’occasion de la Biennale de Marrakech qui avait inclus l’art urbain dans son programme, que l’on voit les murs de la ville ocre se couvrir de fresques réalisées par des artistes venus du monde entier.

street art Marrakech

« Aziz », peinture murale de Hendrik Beikirch – photo I. Six 01/2017

Les voyageurs sortant de la gare ferroviaire de Marrakech découvrent face à eux un immense portrait d’homme peint en 2016 par l’allemand Hendrik Beikirch. Cet artiste réalise à travers le monde (Inde, Corée du Sud, Italie, Allemagne, Pays-Bas, Danemark, Suède, France, Etats-Unis,…) des visages anonymes reflétant le miroir de la société. Vestiges de la biennale 2016, les fresques de 11 artistes internationaux et locaux parsèment les ruelles de la médina, les toits des terrasses, les murs décrépis de bâtiments abandonnés de Guéliz. Giacomo RUN (Italie) a investi le quartier du Palais Bahia. Le marchand de cigarettes de la rue Dar El Bacha s’adosse désormais contre un mur décoré par Sickboy (GB). Les étranges personnages de Kalamour (Maroc) sont apposés sur le mur du Café des épices, alors que de l’autre côté de la place se déploient les motifs géométriques colorés du russe Alexey Lukas. De la place des Ferblantiers, on aperçoit sur la terrasse du Kosybar un visage de femme peint par Dourone. Si la plupart des marrakchi ignorent l’existence d’une biennale dans leur propre ville, ces œuvres ne laissent personne indifférent.

À Marrakech comme ailleurs, effectuer un relevé des fresques murales et autres manifestations de l’art urbain s’avère illusoire. Il faut parcourir la ville en tout sens, dans ses moindres recoins et ne pas hésiter à pénétrer dans des lieux peu avenants pour découvrir une petit perle… au risque de ne plus la retrouver quelques jours plus tard !

Depuis plusieurs années, l’artiste français Christian Guémy, alias C215, applique ses pochoirs sur les murs de nombreuses villes du Maroc (Essaouira, Mirleft, Fès, Rabat, Tanger, Meknès…). En marge de la biennale de Marrakech, on pouvait pister ses chats réalisés au pochoir à travers la médina de la ville ocre. Malheureusement, ils semblent avoir tous été recouverts et le portrait de jeune fille apposé sur la porte du four du hammam, derrière la médersa Ben Youssef s’efface au fil des ans.

Dans le quartier « européen » de Guéliz, cachées en partie par une cascade de bougainvilliés et par des rangées de mobylettes, les fresques de la rue Oum er-rbia subsistent. Le marocain Morran ben Lahcen y a réalisé un beau portrait d’homme. Figure de référence pour nombre de street artist, Morran a « graffé » sur les remparts d’Azemmour, à l’usine Mafoder et aux Abattoirs de Casabalanca. En 2014, il expose à Galerie David Bloch de Marrakech et s’éloigne du monde de la rue pour approfondir ses recherches dans divers domaines de l’art contemporain.

Émergence du Street Art au Maroc

On l’aura compris, les artistes internationaux du Street Art semblent avoir trouvé au Maroc une belle scène pour s’exprimer. Mais quand cet art a-t-il émergé dans le royaume chérifien, quels sont ses acteurs, qu’en est-il des graffeurs marocains ?

Dans les années 1990, on parle de « nayda », que l’on peut traduire de l’arabe par « réveil » ou « debout », en écho à la « Movida » lorsque, vingt ans plus tôt, l’Espagne post-franquiste connaît un mouvement en réaction aux conventions politiques, sociales et religieuses. L’art de la rue parle aux jeunes et est le moyen d’expression d’une génération fascinée par l’Occident, en prise cependant avec des interdits religieux et moraux. Mais, alors que les griefs accumulés par une jeunesse révoltée ont fait sauter la soupape artistique dans d’autres pays du monde arabe, l’art urbain est plutôt discret au Maroc. L’extravagante « nayda », porteuse de grands espoirs, semble avortée peu après sa naissance.

Les premiers graffeurs marocains gravitent, pour la plupart, dans le milieu hip hop. Leurs blazes sont Ed Oner, Basec, RDS, Rebel Spirit, Dais ou encore Majic Joe… Ces figures émergentes de la scène marocaine ont pratiqué leur art dans la rue, se cachant de la police, taguant dans des terrains vagues, sur des postes de transformateur électrique, sur les murs d’une usine abandonnée, sous des ponts. Cependant, la plupart ne s’intéressent pas à l’aspect vandalisme et protestataire du graff que les puristes du genre défendent. Ils ont même, pour certains d’entre eux, une formation en graphisme, en dessin ou en arts appliqués, ont fréquenté l’Ecole des Beaux-arts de Casablanca ou ont été initié à l’art urbain au sein d’une association. Ce qu’ils veulent avant tout, c’est illuminer de leur dessin un mur sale, investir des lieux abandonnés, dégradés en leur donnant une seconde vie. Smoky H affirme « L’art c’est aussi un message de paix, une politique passive. L’autre politique fait mal. Dessiner, ce n’est pas mentir au peuple ».  Ed Oner « aime faire plaisir aux gens simples ». Dans le même esprit, Majic Joe « peint avec sincérité, ce qui lui plaît. Il se trouve que ça plaît aussi au public ».

Adhésion du grand public

Dès 1999, l’association casaouie EAC L’Boulvart milite pour la promotion et le développement des musiques actuelles et de la culture urbaine au Maroc. Il en émane le festival Sbagha Bagha qui deviendra un événement indépendant en 2013 et prendra le nom de Sbagha Bagha Casablanca Street Art Festival. A Casablanca toujours, l’usine Mafoder s’impose comme un foyer de création et d’expression de la culture underground. Mécène à sa façon, le propriétaire de la fonderie toujours en activité, met ses murs à la disposition de graffeurs afin de mettre en valeur l’élément humain dans le processus de production.

Autour des années 2010, les galeries s’intéressent au phénomène de l’art urbain. Le new-yorkais Alec Monopoly ou le pochoiriste nantais Jef Aerosol sont régulièrement invités par la Galerie 38 de Casablanca. La toile remplace alors le mur. La surface de création est délimitée, encadrée.

Plus récemment, au cœur d’une oliveraie à 20 km de Marrakech, la résidence d’artistes Jardin rouge est créée par la Fondation Montresso. Elle se veut un laboratoire de créativité et un véritable carrefour culturel en parrainant des artistes de toutes nationalités. S’y sont succédé les peintres urbains internationaux C215 (2011), Tats Cru (2014), Hendrik Beikirch (2015), Kouka (2015 et 2016), TILT (2016), … Paradoxalement, le Street Art quitte l’espace non conventionnel de la rue pour s’expérimenter sur la toile.

Des festivals affichent leur engagement en faveur des arts et de la création contemporaine et s’inscrivent dans la mouvance street. Ainsi Jidar ambitionne de positionner la ville de Rabat dans le circuit international du Street Art en invitant des signatures de tous pays à transformer les murs de différents quartiers en fresques géantes. En 2015, Rabat devient une ville « street art friendly » en organisant conjointement à son festival une exposition au Musée Mohamed VI d’art moderne et contemporain intitulée « Main street ». Le Street Art bien éloigné du tag undeground illicite, remporte définitivement l’adhésion du grand public marocain qui se trouve face à de séduisantes peintures murales monumentales et décoratives.

Devenu un véritable phénomène de mode, le Street Art fait l’objet de nombreuses reconnaissances officielles et est soutenu par internet et les réseaux sociaux. Les artistes reçoivent des commandes de toutes parts : agences de communication, écoles privées supérieures, espaces de co-working, festivals, galeries…. Sa mort prématurée survenue en 2013 dans un accident de voiture, mais aussi un réel talent, ont fait de Rabie El Adouni l’icône du genre au Maroc. Il est le premier à bénéficier en 2008 d’une exposition personnelle à l’ambassade de Croatie à Rabat et à vivre de sa passion. A l’exception de quelques irréductibles, la majorité des street artists marocains suivent sa trace et parviennent à bien vivre de leur art.

Le street art, une arme d’éducation massive ?

Dans le quartier de Kbour Chou, dans le nord de la médina, la petite école de ce quartier très populaire est ornée de motifs peints abstraits, mais aussi de panneaux représentant des scènes d’éducation civique. Les maisons voisines, pourtant en piteux état, arborent elles aussi de belles peintures colorées. Elles sont la réalisation d’une association de quartier, l’amicale Al-Nasr. Serait-ce une autre forme de Street Art ? Ces réalisations éloignées de tout but politique sont le résultat d’une action fédératrice autour d’un projet commun : décorer ensemble son quartier et sa rue. De manière « plus formelle », l’association française Street Art sans frontières parcourt le monde et pose ses pots de peinture dans les quartiers défavorisés. Ainsi, en 2015, l’association a réalisé des projets artistiques solidaires avec les populations locales dans plusieurs villes du Maroc, « cherchant des zones un peu oubliées artistiquement afin d’y apporter de la couleur. »

Si l’art urbain au Maroc n’est pas explicitement politique, comme c’est le cas dans d’autres pays du monde arabe, il s’érige en arme pacifique au sein d’une société tiraillée entre modernité et tradition. S’imposant à la vue des passants sans vraiment les heurter, impliquant les habitants d’un quartier dans sa réalisation, il promeut la diversité et sensibilise la population dont l’écrasante majorité n’a jamais mis les pieds dans un musée ou une galerie d’art. Tous les espoirs sont permis…

Isabelle S.

> Escapade en dehors de Marrakech : le lac Lalla Takerkoust

14 mai 2017

Le barrage et le lac Lalla Takerkoust – photo I. Six

Marrakech est une ville animée, palpitante et… fatigante ! Lorsqu’on y vit toute l’année, les occasions de prendre l’air dans ses proches environs sont fort appréciables. Située au cœur de la plaine du Haouz,  la ville ocre est surplombée par les montagnes du Haut Atlas de Marrakech. Il suffit de parcourir quelques dizaines de kilomètres pour se trouver en pleine nature, croiser des troupeaux de moutons et de chèvres, découvrir des paysages verdoyants, traverser des gorges et des vallées auxquelles s’agrippent des petits villages berbères. Le dépaysement est radical.

Soleil, bouquin, sérénité… – photo R. Six

Un endroit, parmi d’autres, où j’aime particulièrement passer une journée, pour lire tranquillement un bon bouquin en sirotant un thé à la menthe ou pour faire une petite promenade jumelles au cou, est les abords du Lac Lalla Takerkoust. En hiver, les sommets enneigés se reflètent dans ses eaux calmes. Le soleil, présent quasi toute l’année, nous réchauffe alors que l’on mange des brochettes sur la terrasse du restaurant Amghouss. Les moineaux participent au repas en picorant les grains de riz et les miettes de pain laissés sur la table.

Le lac avec son niveau d’eau élevé – photo I. Six

Lorsque l’année est particulièrement pluvieuse, que la neige est tombée en abondance dans l’Atlas, le lac se remplit et son niveau monte sensiblement. Construit entre 1929 et  1935, sous le nom de Cavagnac, le barrage irrigue la plaine du Haouz et produit de l’énergie électrique pour toute la région. Le lac, créé par la retenue des eaux de l’oued n’Fiss, s’étend sur 7 km. Après l’époque du Protectorat, le barrage et le lac changèrent de nom pour s’attribuer celui de Lalla Takerkoust, une sainte protectrice du lieu où elle serait enterrée.

Les pédalos au repos – photo I. Six

Le week-end, l’endroit est privilégié par les Marrakchi qui viennent y passer la journée en famille, fuyant les grandes chaleurs de la ville, le bruit et la pollution. Des activités nautiques se développent : planche à voile, canoë, ski nautique, jet ski, stand up paddle, pédalos. Bien que la baignade soit interdite, il n’est pas rare de voir les enfants, et les plus grands, patauger dans l’eau.

Pour rejoindre ce petit paradis, on quitte Marrakech en ddirection d’Asni, puis l’on bifurque vers Amizmiz. La route passe à côté du village d’Oumnass. Une belle occasion d’y faire une halte et de visiter la kasbah datant du début du XXème siècle. Elle a servi à de cadre à plusieurs de film (dont Marrakech Express) et jouxte une kasbah plus ancienne laissée à l’abandon.

Le village d’Oumnass et la kasbah – photo I. Six

Dar Zagora, maison d’artistes – photo I. Six

Ensuite la route sillonne à travers un paysage aride et désertique qui se modifie à mesure que l’on approche de Lalla Takerkoust. La route est alors flanquée de murs rouges d’où débordent des bougainvilliés. C’est à ce niveau que l’on découvre d’étranges sculptures faites de toutes sortes de matériaux. Elles annoncent l’entrée de Dar Zagora, une maison d’artistes où ceux-ci peuvent y établir résidence, disposer d’espace de création et du matériel nécessaire. Des expositions, des activités pour les enfants et les écoles y sont organisées.

Enfin, au détours d’un virage, on débouche sur la petite ville de Lalla Takerkoust dominée par l’impressionnant barrage sur lequel s’affiche la devise nationale الله ؛ الوطن ؛ الملك : »Dieu, la patrie, le roi ». Cafés, restaurants, boutiques, stations d’essence se répartissent de part et d’autres et, à l’heure de la sortie des écoles, les enfants en tablier blanc se mêlent à une foule toujours dense. Des fresques peintes par les jeunes artistes de Dar Zagora ornent plusieurs murs du bourg.

photo I. Six

Pour rejoindre le lac, il faut bifurquer à gauche et prendre une petite route qui grimpe  légèrement. Les abords du lac apparaissent, bordés de bouquets d’eucalyptus. Au printemps, on entend le chant du coucou, quelques cormorans plongent dans les eaux poissonneuses, des bergeronnettes – grises et des ruisseaux – hochent leur queue à la recherche de quelques insectes. Malheureusement, comme dans beaucoup d’espaces naturels au Maroc, le pique-nique sauvage occasionne des détritus qui jonchent le sol çà et là, gâchant un peu la promenade. Mais les belles rencontres et les observations font très vite oublier ce point négatif.

Vue sur le lac depuis le plateau du Kik – photo I. Six

Pour rejoindre Marrakech par le chemin des écoliers, on reviendra jusqu’à la ville de Lalla Takerkoust pour prendre une piste qui traverse la plaine, dans un décor grandiose, jusqu’au plateau du Kik. Arrivé au sommet, la plaine s’étend en contrebas dans un paysage magnifique où s’inscrit les contours du lac. Les villages traversés, dénués de toute industrie et de tout confort, témoignent de la précarité dans lesquelles vivent les paysans de cette région. Culture et élevage sont les principales ressources et, malgré cette simplicité extrême, les habitants n’hésitent pas à partager avec vous la grande tradition du thé à la menthe. De là, la route redescend vers Moulay Brahim, traverse Asni et rejoint la vallée d’Ourika.

Une journée de repos, de découvertes, de rencontres, à moins d’une heure de Marrakech !

L’hospitalité marocaine – photo A. Happaerts

 

> Patrimoine et culture à Marrakech avec le Riad DAR ZAMPA

25 avril 2017

DANS LA MÉDINA : Le patrimoine architectural

> Zaouia de Sidi Bel Abbès

Cet édifice religieux honore la mémoire de Sidi Bel-Abbès, le saint-patron de la ville. À sa mort, en 1205, un petit sanctuaire est érigé à sa mémoire. Dès le XVIe siècle, une mosquée puis une bibliothèque sont bâties adossées au mausolée. En 1720, Moulay Ismaïl fait construire une coupole au-dessus de la tombe du saint. Le souk Majadliyin (des passementiers) attenant à la zaouia est construit par Mohammed IV. Avec ses boutiques sous arcades, il a été rénové tout récemment mais a malheureusement perdu ses jolies peintures rouges à étoiles blanches.

> Fontaine Chrob ou Chouf

Avec celle de Mouassine, c’est la plus ancienne fontaine de Marrakech, construite sous le règne du sultan saadien Ahmed el Mansour (1587-1603). Si la fontaine en elle-même n’a pas d’attrait particulier, c’est son auvent en cèdre sculpté et à linteau portant des motifs floraux autour d’inscriptions calligraphiques qui suscite tout l’intérêt. Son nom signifie « Bois et regarde »…

 

 

 

> Qobba Ba’Adiyn ou almoravide

Kaat Benahid, Marrakech Medina (en face de la Mosquée Ben Youssef) / Actuellement fermée au public

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Dernier vestige de la dynastie almoravide, la qobba (coupole) Ba’Adiyn fut ensevelie par des siècles d’alluvions et redécouverte au milieu du XXe siècle. Aujourd’hui, son niveau permet de situer exactement celui de Marrakech au temps de sa fondation. Il s’agirait d’un bassin d’ablutions d’une ancienne mosquée détruite par les Almohades. Le bâtiment est entièrement restauré et surmonté d’une coupole dont l’intérieur est orné de motifs floraux sculptés avec finesse.

> Medersa Ben Youssef

Kaat Benahid, Marrakech Medina / Ouvert tlj (sauf fêtes religieuses) : 08.00-17.00 / Prix : 20 DH

Fermé pour restauration jusqu’en 2020 (?) voir  notre article

Fondée au milieu du XIVe siècle par le sultan mérinide Abou el-Hassan, cette école coranique sera reconstruite en 1565 par Moulay Abdellah, de la dynastie saadienne. C’est alors qu’elle deviendra un des plus importants centres de théologie islamique du Maghreb. Joyau de l’art arabo-andalou, elle accueillait plus de 900 étudiants avec quelque 130 chambres spartiates ouvertes sur l’atrium central ou sur une des sept cours de la médersa.

> Mosquée et minaret de la Koutoubia

Entrée interdite aux non-musulmans

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Monument religieux le plus emblématique de Marrakech, la mosquée de la Koutoubia et son minaret de 77 mètres de haut, ont été édifiés au XIIe siècle sous le règne des Almoravides. Achevée en 1157, une mauvaise orientation géographique par rapport à la Mecque aurait obligé le sultan Abd el-Moumen à en commander une autre qui sera bâtie entre 1158 et 1162. De la première version, il reste un alignement de base de colonnes.  Le minaret sera terminé en 1190 sous le règne de son petit-fils, Yacoub el-Mansour, et servira de modèle à la grande mosquée de Séville dont il ne reste plus que la Giralda. Comme toutes les mosquées du Maroc, la Koutoubia ne peut être visitée par les non-musulmans, mais on peut se promener dans le très beau Parc Lalla Hasna qui l’entoure.

> Place Jemaâ el Fna

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Si la place en elle-même ne présente pas grand intérêt d’un point de vue architectural, cette vaste esplanade de plus d’un hectare est un véritable théâtre de plein air dont l’activité croît à mesure que le soir approche. Marchands de jus d’orange, charmeurs de serpents, conteurs, acrobates, herboristes, tatoueuses de henné, porteurs d’eau, ses acteurs font de la place un chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité.

> Mosquée et fontaine Mouassine

Entrée de la mosquée interdite aux non-musulmans

Carte postale ancienne

La Mosquée et son minaret trapu font partie d’un ensemble comprenant une fontaine, des latrines et une ancienne médersa. La fontaine, protégée par une grille, est surmontée d’un auvent en bois de cèdre sculpté. Un des bassins était réservé aux hommes, un autre aux animaux et un troisième servait de réservoir. Quant aux toilettes situées sur la droite du bâtiment, elles datent du XVIe et se répartissent dans un espace rectangulaire avec des cellules sur quatre côtés et un bassin au centre recouvert d’une charpente à caisson en bois à toit pyramidal. La mosquée est actuellement en rénovation.

 > Dar Cherifa – Café littéraire

8, derb Chorfa Lakbir, Mouassine, Marrakech Medina / Ouvert tlj : 09.00-23.00 / Gratuit (sauf consommations et repas)

Une des plus anciennes maisons de Marrakech construite fin du XVe-début XVIe siècle, Dar Cherifa fut longtemps laissée à l’abandon avant d’être restaurée dans le plus strict respect de la tradition architecturale grâce à des artisans connaissant les techniques ancestrales. Cette belle maison magnifiée par la décoration saadienne est devenue un centre culturel et un café littéraire où l’on peut se restaurer à tout moment pour profiter du calme de son patio ou de sa terrasse.

> Palais El-Badi

Place des Ferblantiers Qzadria, Marrakech Medina / Ouvert tlj : 08.00-17.00 / Prix : 10 DH (+ 10 DH pour voir le minbar de la Koutoubia)

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Ce vaste ensemble, dont il ne reste aujourd’hui que des ruines, fut construit à la fin du XVIe siècle par Ahmed Al-Mansour, dit Ed-­Dahbi (Le Doré), le plus glorieux des sultans saadiens. Lorsque son magnifique palais fut achevé, au bout de plus de 20 années de construction, son plaisir fut gâché par la réflexion de son bouffon qui lui prédit « Quand il sera démoli, il n’en restera qu’un gros tas de terre ! » Et c’est ce qui arriva 5 siècles plus tard lorsque le sultan alaouite, Moulay Ismaïl fit de Meknès sa capitale et déconstruisit un grande partie des palais de ses prédécesseurs. Du Palais El-Badi, il ne reste que des murs en pisé et des jardins mais cet immense espace vide laisse une forte impression de puissance et de grandeur.

> Palais Bahia

Rue Riad Zitoune El Jdid – Marrakech Medina / Ouvert tlj : 08.00-17.00 / Prix : 10 DH

Le palais Bahia est un brillant exemple de l’art marocain du XIXe siècle. Succession de cours, de salons et de jardins, l’édifice se présente comme un rassemblement de plusieurs maisons pour ne former qu’un seul palais. C’est ce qui donne cette impression de dédale désordonné. Construit à la demande du grand vizir Ahmed Ben Moussa, ministre du souverain alaouite Moulay Hasan, puis de son héritier Moulay Abdelaziz, le palais devint la demeure du maréchal Lyautey qui y séjourna quelques temps à l’époque du protectorat français, à partir de 1912.

> Bab Agnaou

Construite au XIIe siècle sous la dynastie almohade, cette porte de la kasbah déploie un magnifique décor sculpté en grès du mont Guéliz. Elle est faite de 4 arcs superposés, tous différents, surmontés d’écoinçons décorés de motifs floraux. Une frise épigraphique en caractère coufique surmonte l’ensemble. Sans réelle fonction défensive, la porte s’ouvre sur le quartier de la kasbah et une belle place joliment aménagée.

> Mosquée El Mansour ou de la Kasbah

Rue de la Kasbah – Marrakech Medina / Entrée interdite aux non-musulmans

Récemment restaurée et mise en valeur par le dégagement des espaces qui l’entourent, la Mosquée El Mansour, mosquée de la Kasbah ou encore mosquée aux Pommes d’Or, a été construite à la fin du XIIe siècle, sous le règne de Yacoub el-Mansour, alors que s’achevaient les travaux de la Koutoubia. Les murs du minaret sont lisses jusqu’à hauteur des toits de la mosquée puis finement décorés jusqu’à son lanterneau de losanges sculptés et entrelacés et d’une frise de faïence. Les fameuses pommes d’or correspondraient peut-être aux boules de cuivre doré au sommet de la flèche qui coiffe le minaret…

> Tombeaux saadiens

Carte postale ancienne

Rue de la Kasbah – Marrakech Medina / Ouvert tlj : 09.00-18.00 / Prix : 10 DH

Découverts seulement en 1917, ces vestiges de l’époque saadienne furent épargnés par le sultan alaouite Moulay Ismaïl, grand bâtisseur à Meknès mais aussi grand démolisseur des œuvres de ses prédécesseurs. Cependant, il enferma le sanctuaire derrière un mur épais où les mausolées et le jardin témoignent de la magnificence et du goût pour les arts de la dynastie qui régna sur le Maroc entre le XVIe et le XVIIe siècle.

DANS LA MÉDINA : Les musées

> Musée du Parfum

2, Derb Chérif, Diour Saboun, Marrakech Medina / Ouvert tlj : 09.00-17.00 (hiver) 18.00 (été) / Prix : 40 DH (l’atelier : 400 DH)

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Le musée du parfum axé sur l’art du parfum, de l’aromathérapie, les soins du corps et le bien-être offre à ses visiteurs la possibilité de vivre une expérience olfactive unique en son genre. Le parfum est un art de vivre au Maroc. En effet, il accompagne toutes les étapes et les rites de passage de la vie des Marocains. Le musée de parfum est un concept interactif. Il offre au visiteur outre les expositions, des activités ludiques et des ateliers. Ainsi le visiteur n’est plus un simple découvreur du musée et de ses collections mais un acteur actif qui peut s’il le désire participer à la vie du musée.

> Maison Denise Masson

3, derb Zemzane, Bab Doukala, Marrakech Medina / Ouvert ma>sa : 10.00-12.00 et 15.00-18.30 / Gratuit

Situé dans le quartier de Bab Doukkala, cet authentique riad était la propriété de Denise Masson, célèbre pour son travail de traduction du Coran en français. Le petit salon abrite l’harmonium de la dame de Marrakech, son bureau renferme encore sa prestigieuse bibliothèque. L’Institut français de Marrakech, qui en a la gestion, organise régulièrement des expositions, des rencontres littéraires, des conférences, ainsi que des concerts dans le magnifique jardin ombragé.

> Musée de Marrakech – Fondation Omar Benjelloun

Place Ben Youssef, Marrakech Medina / Ouvert tlj sauf lundi : 09.00-18.00 / Prix : 50 DH

Installé depuis 1997 dans un ancien palais édifié au XIXe siècle par Mnebhi, vizir du sultan Moulay Hassan, le musée présente des œuvres d’art d’hier et d’aujourd’hui. La visite du bâtiment en elle-même est intéressante car elle montre de somptueux décors de style arabo-andalou.

> Heritage Museum – Musée du Patrimoine

25 Znikat Rahba, Marrakech, Medina / Ouvert tlj : 10.00-18.00 / Prix : 30 DH

Situé dans un ancien riad arabo-andalou du XVIIe siècle, à deux pas de la Place des Épices, le Musée du Patrimoine est un projet familial fondé par le couple Abdellatif Alouani Bibi et Hind Sarmi, passionnés par l’héritage national de leur pays. Le Musée du Patrimoine expose sur deux étages une collection unique d’artisanat berbère, arabe et juif marocain.

> Dar Si Saïd – Musée des arts marocains

Derb el Bahia, Riad Zitoun Jdid, Marrakech Medina / Ouvert me>lu : 09.00-12.15 et 15.00-18.15 / Prix : 20 DH

 Ce grand riad date de la fin du XIXe siècle et accueille un musée des arts marocains : coffres sculptés, fusils berbères. Il plonge le visiteur dans l’histoire de l’artisanat traditionnel du Maroc, du Haut Atlas au sud du pays.

 > Musée Tiskiwin ou Bert Flint

8 derb el Bahia, Riad Zitoun Jdid, Marrakech Medina / Ouvert tlj : 09.00-12.30 et 14.30-18.00 / Prix : 20 DH

Situé dans une ancienne demeure du début du XXe de type hispano-mauresque, le Musée Tisiwin réunit la collection du Hollandais Bert Flint. Professeur d’histoire de l’art et voyageur fasciné par le Maroc, il s’est passionné pour les arts populaires et a rassemblé des instruments de musique, des costumes, des bijoux, des meubles, des tapis, des vieux ustensiles et de l’artisanat berbère, provenant principalement de la vallée du Souss et de la région saharienne.

> Maison de la photographie

46, Rue Souk Ahal Fassi, kaat Ben Nahid, Marrakech Medina / Ouvert tlj : 09.30-19.00 / Prix : 40 DH

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Installée depuis 2009 dans un ancien foundouk, la Maison de la Photographie a pour objectif de montrer l’extraordinaire diversité du Maroc, telle que vue par ceux qui le visitent depuis les débuts de la photographie jusqu’à la période moderne : 1879-1960. La collection comprend des photographies, plaques de verre, cartes postales, journaux, cartes, documentaires.

> Musée Boucharouite

107 Derb al Cadi, Azbezt, Marrakech Medina / Ouvert lu > sa : 09.30-18.00 / Prix : 40 DH

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Musée des arts populaires marocains hébergé dans une ancienne maison d’hôtes de type riad décorée dans le style art déco. L’essentiel de la collection se compose de tapis « boucharouite » et « zindekh » réalisés par les femmes berbères, le plus souvent très modestes, à partir de tissus déchirés provenant de textiles de récupération.

> Musée Mouassine

4-5, Derb El Hammam, Rue Mouassine, Marrakech Medina / Ouvert tlj : 09.30-19.00 / Prix : 30 DH (réduction sur présentation du billet Maison de la Photographie)

Au cœur du quartier saadien de la médina se trouve le musée de Mouassine. La maison et sa douiria, appartement de réception, ont été entièrement rénovés de 2012 à 2014 selon des techniques traditionnelles, un savoir-faire ancien et avec des matériaux traditionnels pour aboutir à une véritable symphonie de couleurs.

Un cycle annuel d’expositions est organisé ainsi que ces concerts chaque vendredi dans ce cadre exceptionnel.

> Musée des bijoux Nawahi

37 Derb Ouayhah, Quartier Sidi Abdelaziz, Marrakech Medina  / Ouvert lu > sa : 09.00-19.00 / Prix : 40 DH

Le musée des bijoux nawahi permet de découvrir des bijoux d’or et d’argent, des parures de mariées de différentes régions du Maghreb. Par une scénographie soignée et contemporaine, chaque salle met en valeur une région d’Afrique du Nord en bordure du Sahara.

La boutique-atelier permet de réaliser soi-même des bijoux d’inspiration berbère à partir de perles en terre cuite.

> Fondation Dar Bellarj

9, Rue Taoualat Zaouiat Lahdar, Marrakech Medina  / Ouvert lu > sa : 09.30-17.30 / Prix : gratuit

La Fondation Dar Bellarj pour la culture au Maroc a pour objectif essentiel de promouvoir la culture vivante. Elle a ouvert ses portes en 1999 au cœur de la médina de Marrakech. A l’emplacement de cette maison se trouvait un ancien fondouk abritant un hôpital pour oiseaux où un sage homme prodiguait les bons soins aux cigognes. Aujourd’hui, la Fondation sert de lieu d’exposition, propose des concerts, des ateliers, des séances de contes, des conférences…

> Dar el Bacha – Musée des confluences

65-69, Riad Laârous, route Dar El Bacha, Marrakech Medina / Ouvert tlj sauf mardi : 10.00-18.00 / Prix : 30 DH

Planté au cœur de la médina de Marrakech, Dar el Bacha est une demeure seigneuriale construite dans les années 1910 par Thami el Glaoui (1878-1956), pacha de Marrakech de 1907 à 1956. Exemple type du riad composé d’un jardin entouré de 6 pièces sur les quatre côtés, le bâtiment se compose de plusieurs dépendances (hammam, douiria , bibiothèque…). Zelliges, plafond en bois sculpté s’insèrent dans le registre décoratif marocain tout en finesse et en harmonie. Sousla tutelle de la Fondation Nationale des Musées depuis 2015, le bâtiment entièrement rénové accueille désormais le Musée des confluences dont le but est de témoigner des apports culturels et patrimoniaux qui ont forgé l’identité du Maroc.

 

Le patio du Dar el Bacha

DANS LA MÉDINA : Les jardins

> Le Jardin secret – Musée en plein air

Rue Mouassine 121, Marrakeche Medina / Ouvert tlj : 10.30 – 17.30/18.30/19.30/20.00 (selon saison) / Prix : 50 DH / Tour : 30 DH

L’origine du Jardin secret remonte à l’époque saadienne mais il a été reconstruit au milieu du XIXe siècle par un influent caïd de l’Atlas et a été la demeure de plusieurs personnalités politiques de Marrakech. Ses jardins et ses édifices font partie de la tradition des palais arabo-andalous. Les espaces verts du Jardin Secret sont aujourd’hui répartis en jardin exotique, abritant des plantes provenant de différentes parties du monde, et en jardin islamique étroitement lié aux structures du riad.

DANS LE GUÉLIZ : Les musées

 > Le musée berbère du Jardin Majorelle

Rue Yves Saint-Laurent, Marrakech / Ouvert tlj : 08.00-17.30/18.00 – Prix : 25 DH

C’est dans l’ancien atelier de Jacques Majorelle de style art déco et conçu par l’architecte Paul Sinoir qu’a été inauguré le Musée Berbère en 2011. Il présente un panorama de la créativité de ce peuple le plus ancien de l’Afrique du Nord.

> Le Musée Yves Saint-Laurent

Rue Yves Saint-Laurent (derrière le Jardin Majorelle) / Ouvert tlj sauf mercredi : 10.00-18.00 – Prix : 100 DH

Le musée Yves Saint Laurent à Marrakech

L’ouverture du musée Yves Saint Laurent à Marrakech, ville qu’il a découverte dès 1966 et où il séjourna régulièrement, coïncida avec celle d’un musée YSL à Paris. L’importance du Maroc dans son œuvre fut telle qu’il était naturel d’y construire un musée à partir des collections de la Fondation. Il est situé Rue Yves Saint-Laurent à proximité du Jardin Majorelle qu’il a, avec Pierre Bergé, sauvé d’une disparition certaine en 1980. Ce nouveau bâtiment, d’une surface totale de 4 000 m2, est bien plus qu’un simple musée : il comprend un espace d’exposition permanente présentant l’œuvre d’Yves Saint Laurent, une salle d’exposition temporaire, un auditorium, une bibliothèque de recherche et un café-restaurant.

> Le MACMA (Musée d’Art et de Culture de Marrakech)

61, rue Yougoslavie, Passage Ghandouri, Guéliz / Ouvert lu > sa : 10.00-19.00 – Prix : 80 DH

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Dans cet espace moderne et lumineux sont conçues, deux fois par an, une exposition avec un caractère narratif (Orientalisme, Art naïf au Maroc…). De plus, le musée possède sa propre collection  alimentée, pour le montage des expositions, par des œuvres de collectionneurs, d’amateurs et de fondations.

DANS LE GUÉLIZ : Les jardins

> Cyber Parc (Arset Moulay Abdeslam)

Avenue Mohamed V (en face du Centre artisanal) / Ouvert tlj : 07.00 – 18.00 / Gratuit

Créé au XVIIIe siècle, ce parc fut agrandi en 1920 puis remarquablement aménagé et modernisé en 2005 grâce à un sponsor de Maroc Telecom. Dans un endroit calme et reposant, il est possible de se connecter au réseau internet grâce à des bornes discrètement aménagées.

> Le Jardin des Arts

Sculpture de Karim Alaoui

Avenue Mohamed V / Ouvert tlj / Gratuit

Ouvert en novembre 2016, dans le cadre COP 22, le Jardin des Arts de Marrakech est le fruit d’une collaboration entre l’artiste et écrivain Mahi Binebine et l’agence BDA. Ce petit espace vert urbain se trouve non loin du rond-point Berdaïne, sur l’avenue Mohamed V, entre Guéliz et médina.  Treize œuvres sculpturales ayant pour thématique l’Afrique et le climat ont été réalisée par une dizaine d’artistes de renom dont : Hassan Hajjaj, Yasmina Alaoui, Florence Arnold, Hicham Benohoud, Jean-François Fourtout, Marco Guerra et Mohamed Mourabiti.

Le Jardin Majorelle

Rue Yves Saint-Laurent, Marrakech / Ouvert tlj : 08.00/09.00-17.30/18.00 / Prix : 50 DH

Dessiné par le peintre Jacques Majorelle (1886-1962), installé à Marrakech depuis 1919, le jardin est ouvert au public depuis 1947. En 1924, l’artiste fait construire une villa à l’extérieur des murs de la ville ocre puis y ajoute en 1931 un atelier de style art déco conçu par l’architecte Henri Sinoir qu’il fait peindre entièrement en bleu outremer. Botaniste amateur, Majorelle collectionne les plantes du monde entier qu’il dispose avec harmonie dans son jardin, entre fontaines et tonnelles. Laissé à l’abandon à sa mort en 1962, le jardin est racheté en 1980 par Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé.

> Le Jardin el Harti

Avenue du Président Kennedy, Guéliz / Gratuit

La création de ce jardin urbain remonte à la fin des années 30. Il recèle une quantité d’arbres et d’arbustes remarquables dont certains sont presque centenaires : palmiers, oliviers, bigaradiers, ficus, caroubiers, etc. La plupart des aménagements présents de nos jours y étaient dès la création : le kiosque à musique, les jets d’eau, les pergolas et les bancs n’ont pas bougé, seules quelques rénovations leur ont été apportées. Un poumon vert au cœur de Guéliz.

DANS LA PALMERAIE : Les musées-jardins

 > Le musée de la Palmeraie – Art Contemporain et nature

Dar Tounsi , Route de Fès / Ouvert : tlj 09.00-18.00 / Prix : 40 DH

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Ces anciens bâtiments agricoles en pisé, au coeur d’un écrin de jardins, abritent une collection permanente consacrée à l’art contemporain au Maroc. En fin de visite du musée, un jardin andalou avec sa collection de rosiers, d’orangers et d’oliviers, un jardin d’eau, un jardin sec, permettent de se ressourcer à l’écart de la ville.

> Musée Mathaf Farid Belkahia

Dar Tounsi , Route de Fès / Ouvert : tlj : 10.00-19.00 / Prix : 50 DH

Inauguré en avril 2016 à l’initiative de Rajae Benchemsi, l’épouse de l’artiste, le musée Farid Belkahia propose de maintenir le rayonnement des œuvres de Belkahia en maximisant leur visibilité et en encourageant la recherche sur leurs diverses influences et périodes marquantes. Ainsi, le musée s’articule autour des principales périodes de l’artiste : expressionnistes, cuivres, peaux et dessins. Le musée est situé au cœur de la palmeraie, au sein même de l’ancien atelier de l’artiste.

ENVIRONS DE MARRAKECH : Les musées

> Museum of African contemporary Art Al Maaden (MACAAL)

Al Maaden, Sidi Youssef Ben Ali – 40000 Marrakech / Ouvert ma > di : 10.00-19.00 – Prix : 40 DH

L’architecture du MACAAL

Le MACAAL est un musée dédié à l’art contemporain africain, inauguré à l’occasion de la COP22. Créé par la Fondation Alliances, à l’initiative de Mohamed Alami Lazraq, le musée offre quelque 900 m² de surface d’exposition, à deux pas du vaste parc de sculptures Al Maaden. Loin de se vouloir exhaustif sur le sujet, le musée expose des oeuvres fortes et de qualité.

Parc de sculptures Al Maaden

Al Maaden, Sidi Yousef ben Ali – 40000 Marrakech

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 Inauguré en septembre 2013, le parc de sculptures Al Maaden intègre des sculptures monumentales dans un parcours de golf au pied de l’Atlas. Œuvres d’artistes marocains et internationaux de dimensions prodigieuses, elles ont été créées exclusivement et en résonance avec le site d’Al Maaden à Marrakech. Du Canada à la Chine en passant par l’Inde, l’Égypte et l’Argentine, les artistes ont pris possession du lieu, rivalisant dans la prouesse technique pour créer des sculptures, dont certaines atteignent 8 mètres de haut ou 12 mètres de long.

> Centre culturel Atlas Golf Marrakech : Musée Fossiles & Minéraux & Astronomie

Km 1 route d’Amizmiz / Ouvert tlj 10.00 – 18.00

Dédié à la diversité minéralogique du Maroc, le Musée Minéraux et Fossiles propose une collection de fossiles (dont un spécimen de plésiosaure, reptile marin vivant il y a 160 millions d’années) et une riche collection de minéraux et météorites.

 > Musée Mohamed VI pour la civilisation de l’eau au Maroc – Aman

Avenue Abdelkrim El Khattabi (Route de Casablanca) / Ouvert tlj : 09.00-19.00 / Prix : 45 DH

Le Musée Mohammed VI de la civilisation de l’eau au Maroc a été inauguré le 5 janvier 2017 à Marrakech. Il ambitionne de « faire découvrir le génie marocain dans la gestion de l’eau et faire connaître le rôle historique des Habous ‘Fondations Pieuses’ dans la régie de l’eau ». Le musée comprend des galeries d’expositions permanentes étalées sur trois niveaux, un espace pour les expositions temporaires, un pavillon éducatif comprenant des salles de formation et d’informatique, ainsi qu’un pavillon administratif, des espaces verts et plusieurs annexes.

L’Ecomusée berbère de la vallée de l’Ourika

Village de Tafza, km 37 / Ouvert tlj : 9.00-19.00 / Prix : 20 Dh

Lors d’une excursion dans la vallée de l’Ourika, faites une petite visite à l’écomusée berbère. Dans une kasbah de village restaurée du village de Tafza sont exposés et expliqués les objets du quotidien des Berbères ainsi que ceux qui constituent le monde de la femme berbère : tissage, poterie, bijoux…

 

ENVIRONS DE MARRAKECH : Les jardins

> Jardins de l’Agdal

Ouvert vendredi et dimanche : 07.30-18.00 / Gratuit

Créés au XIIe siècle, sous le règne d’Abd El Moumen, sultan de la dynastie des Almohades, les jardins de l’Agdal, d’inspiration andalouse, sont probablement les plus anciens de Marrakech. Situés au sud de Dar el Makhzen, les jardins sont à eux seuls d’immenses vergers clos où se rencontrent oliviers, orangers, grenadiers, abricotiers, rosiers…

> La Ménara

Avenue de la Ménara (Route de l’aéroport) – 40000 Marrakech / Ouvert tlj : 8.00-17.00 / Gratuit (visite du pavillon : 10 DH)

Aménagé tout au bout de l’avenue de la Ménara, le site s’étend sur près de 90 hectares. Un bassin de grande dimension a été creusé en son centre, vraisemblablement au XIIe siècle, à l’époque des Almohades. Il aurait servi à stocker les eaux de pluies arrivant des montagnes de l’Atlas environnantes par le biais des khettaras. Plus tard, les jardins de la Ménara se sont enrichis d’un pavillon édifié à fleur d’eau, sous le règne des Saadiens.

 > Anima

Route d’Ourika km 27 / Ouvert : tlj : 9.00-17.00/18.00 (selon saison) – Prix : 120 DH – navette gratuite

Créé par un artiste autrichien, André Heller, le jardin fantaisiste Anima se situe à 25 kilomètres de Marrakech, sur la route d’Ourika. Mise en scène botanique où art et nature se côtoient, Anima se veut un lieu de rencontres et de culture : un jardin, un café et 3 salles d’exposition.

Toutes les photos dans cet article sont de I. et R. Six, sauf mention particulière

I. Six

Article mis à jour le 15 janvier 2018

The Orientalist Museum, Marrakech

10 avril 2018

L’orientalisme à Marrakech

La mosquée al-Ousta, d’époque saadienne

J’attendais avec impatience l’ouverture du dernier-né muséal de Marrakech dont la thématique me tient particulièrement à cœur : The Orientalist Museum. C’est par une journée ensoleillée de février que je m’y suis rendue, après quelque 20 minutes de marche depuis le Riad Dar Zampa. Quelques repères pour le trouver : il est situé dans le quartier de la Maison de la Photographie, jouxte une vieille mosquée d’époque saadienne, la mosquée Al-Ousta.

Le musée occupe un riad du XVIIe siècle qui doit sa résurrection au savoir-faire des artisans marrakchi, fidèles à la tradition de l’ornementation architecturale. Mais c’est à l’instigation de Nabil El Mallouki, passionné d’art et de patrimoine que ce lieu particulier a vu le jour. En totale immersion dans le monde de l’art, cet insatiable amoureux des belles choses est déjà à l’initiative de la Matisse Art Gallery et du MACMA (Musée d’Art contemporain marocain de Marrakech), dans le passage Gandouri au cœur du Guéliz. Ce dernier avait ouvert ses portes deux ans auparavant, en février 2016. Alors qu’y alternaient expositions thématiques et présentation de la collection permanente dans un lieu design à l’architecture épurée, l’ouverture d’un nouveau musée dans la médina permet désormais au MACMA de concentrer son objectif sur les artistes marocains, depuis l’émergence d’une expression picturale marocaine (années 20) jusqu’aux contemporains. Dans cette perspective, des thématiques seront élaborées, notamment autour des peintres de Marrakech, mais également des rencontres, des conférences, des projections et des événements cibles au sein d’un espace en total harmonie avec de telles activités.

La fontaine du patio

En toute logique, les collections de peintures orientalistes, dont une partie était déjà visible lors de l’exposition « L’Orient à travers l’œil des peintres orientalistes » présentée au MACMA, ont été transférées au cœur de la médina. Riche collection étoffée au fil des ans, le plus souvent grâce à des coups de cœur, elle compte de nombreuses pièces encore non exposées qui permettront de varier régulièrement l’accrochage du nouveau musée, toujours dans l’esprit d’une confrontation entre la représentation par les peintres occidentaux et la réalité orientale.

Rappelons que l’Orientalisme n’est ni un mouvement ni un style pictural, comme se définissent par exemple le néo-classicisme, l’impressionnisme ou encore l’expressionnisme. Il s’agirait plutôt d’un climat qui apparaît au XVIIe siècle et qui trouve sa pleine expression en France sous l’impulsion de plusieurs facteurs historiques en place au XIXe siècle. Parmi eux la campagne d’Egypte de Bonaparte (du 19 mai 1798-31 août 1801), la Guerre de libération de la Grèce (1821-1829), l’ouverture du canal de Suez (1869), la prise d’Alger par les Français (1830) et le voyage de Delacroix au Maroc en 1832.

Au cours de cette période influente dans l’histoire de l’art, bon nombre d’artistes occidentaux traduiront, chacun à leur façon, leurs premières expériences et impressions au contact du monde oriental. Sur les traces de Delacroix au Maroc, leurs périples se chargent de symboles et deviennent une source d’inspiration intarissable pour les écrivains et artistes. La façon de traiter et de mettre en œuvre ces nouvelles données diffère d’un maître à l’autre puisque chacun conserve son style originel. Certains restent dans l’académisme pur, d’autres évoluent vers des mode d’expression plus novateurs. A partir de 1870 de nombreux artistes non-français rejoignent la tendance. L’Orientalist Museum illustre parfaitement l’universalité de cette mouvance.  Ainsi, aux côtés de phototypies de Delacroix, d’aquarelles fauvistes de Raoul Dufy (1877-1953), de tableaux de Léopold Stevens (1866-1935), Mattéo Brondy (1866-1944)Jacques Majorelle (1886-1962), Henri Pontoy (1888-1968), Edy-Legrand (1892-1970), on peut  apprécier les tableaux de peintres belges (Jehan Frison [1888-1961]), allemands (Adolf Schreyer [1828-1899])-, autrichiens (Ludwig Deutsch [1855-1935]), américains ( Edwin Lord Weeks [1849-1903], John Louis Endres [1896-1989]), espagnols (Mariano Bertuchi [1884-1955], Gonzalo Bilbao [1860-1938], Antonio Fuentes [1905-1995]), suédois (Carl August Lundberg)…

Les œuvres de ces peintres d’horizons divers, de nationalité différente, de formation et de sensibilité particulières proposent une vision d’Orient propre à une période de colonisation et d’impérialisme occidental, de découvertes d’autres cultures et d’autres religions.

Au fil des salles, réparties sur deux étages autour d’un patio, les représentations picturales se confrontent à des objets du quotidien, à du mobilier art déco, à des œuvres d’art appliqué… Ainsi la « Fille de Tiznit aux bijoux » réalisé par Henri Pontoy trouve un écho particulier alors qu’elle surplombe une vitrine de bijoux berbères en argent. Un petit salon art déco de facture meknassi accueille le visiteur pour une pause lecture, à l’ombre de la mosquée en restauration de C. A.Lundberg

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Les sujets abordés sont variés et se réfèrent, dans un premier temps, à la vision occidentale de l’Orient : scènes de harem, scènes de batailles (Mario Bertuchi), portraits de notables, représentations de paysage typique (désert, oasis, villes orientales). Compromis entre fiction et réalité, ils se traduisent par des représentations parfois fantaisistes d’un Orient tout droit sorti des Mille et une nuits. Ces thèmes vont peu à peu se substituer au profit d’une peinture ethnographique plus précise et moins idéalisée. Les paysages n’intéressent pas moins les peintres que les types humains.

Longtemps la peinture orientaliste était englobée dans ce que l’on qualifiait d’art pompier, au même titre que la peinture académique d’histoire. Dépréciée sous la plume des critiques, qui y voient l’incarnation du mauvais goût du XIXe siècle, ce n’est que depuis les années 1970 qu’elle est progressivement réévalué. Dès 1980, les musées du monde occidental organisent des expositions autour de la peinture orientaliste et déclinent de nombreux thèmes : Vivant Denon et la campagne en Egypte de Napoléon, la femme dans la peinture orientaliste, le Maroc de Delacroix, Matisse au Maroc, etc.

De plus en plus de musées accueillent de manière permanente une ou plusieurs salles orientalistes au sein de leur parcours, reconnaissant ainsi la valeur historique et esthétique de cette tendance. Mais aucun musée orientaliste à proprement parler n’existe en Europe ou dans le Nouveau Monde. Serait-on accusé d’apologie de l’impérialisme et du colonialisme si on décidait d’en créer un ? Il faut se tourner vers… l’Orient pour découvrir le premier musée du genre à Doha au Qatar.

Fruit d’une donation en 2005 par l’amateur d’art Sheikh Hassan bin Mohammed Al Thani, le musée qatari compte près de 700 peintures, aquarelles, dessins et estampes. Comme son confrère marrakchi, il confronte des objets d’art appliqué orientaux aux œuvres d’art orientalistes afin d’apporter un éclairage nouveau sur la rencontre de plusieurs cultures dans un pays où des populations de différentes nationalités coexistent.

Comment comprendre cet état de fait ? L’Occident aurait-il plus de mal à assumer sa position ethnocentriste alors que l’Orient accepte sans rancune l’image que lui a renvoyée durant des décennies le monde impérialiste et colonisateur occidental ? A moins que ce ne soit une manière de renvoyer à l’Occident sa propre image, celle d’une civilisation imbue d’elle-même et pleine de certitude sur sa prééminence.

Alors que l’appel à la prière retentît depuis le minaret de la mosquée voisine, je me trouvai face à la toile du suédois Lundberg (Restauration d’une mosquée à Tanger), entre rêve et réalité. La fascination l’Orient continue d’opérer… C’est alors qu’une petite voix malicieuse résonna dans ma tête, me posant la question : la ville ocre ne reflète-t-elle pas encore aujourd’hui une image stéréotypée de l’Orient idéalisé, avec sa multitude d’échoppes bigarrées, ses hammams aseptisés où les touristes se font masser telles des odalisques des temps modernes, ses riads et palais de rêve, ses boutiques beldi mais chic pour touristes en quête d’exotisme, mais pas trop ?

Malgré mes questions, qui ne sont que le fruit de mes élucubrations et d’une réflexion purement personnelle, je n’ai en aucun cas boudé mon plaisir durant la visite de l’Orientalist Museum. Des œuvres de qualité, un décor envoûtant et une vue exceptionnelle depuis la terrasse…

Kaat Benahid – Derb El Khamsi N°5 Marrakech 40000، 
Ouvert tlj de 09:00 à 19.00
Tél. 05 24 44 73 79 

L’Atelier Razkas : de Bruxelles à Marrakech

23 février 2018

Lino volant, sigle de Razkas

Fondé en 1986 par Jean-Claude Salemi et Anne-Catherine Van Santen, l’atelier Razkas est un collectif d’artistes belges, dessinateurs, graveurs et lithographes. Cet atelier, à géométrie variable, est avant tout un lieu de travail partagé, mais aussi de matériel nécessaire aux techniques d’impressions. Il a vu le jour grâce à une histoire d’amitiés et de sensibilités artistiques communes. Depuis quinze ans, c’est au 46 rue de la Ruche à Schaerbeek (Bruxelles) que fonctionnent les presses de l’atelier. C’est également depuis ce moment que Razkas propose un parrainage de 12 gravures par an, ce qui permet au collectif de demeurer autonome.

Razkas rassemble douze personnes qui pratiquent la gravure sous toutes ses formes : l’eau-forte, l’aquatinte, la pointe sèche, le bois gravé, la linogravure et la lithographie, toutes ces techniques montrant la diversité des approches.

Si le nom de ce collectif fait davantage penser au poisson que l’on prépare en bouillabaisse, il fut pourtant inspiré par un étrange personnage qui vécut il y a cent ans : Roméo-Antonin Zacharias, mieux connu à une époque sous le nom de Raz et occasionnellement Saint Raz. Graveur, peintre, photographe, musicien et aventurier idéaliste, sa vie tumultueuse a pu être retracée partiellement grâce à des archives conservées par sa sœur.

Patio de Dar Cherifa, Marrakech

Ce mois de février 2018, dans le cadre d’une amitié belgo-marocaine, Razkas expose simultanément des réalisations de quelques-uns de ses membres autour d’un Dialogue gravé à Molenbeek-Saint-Jean (Bruxelles) et de ses 12 artistes au complet à Marrakech.

Nous avons visité l’exposition de Marrakech, au cœur de la médina… Dans le cadre extraordinaire et reposant du Café littéraire Dar Cherifa, les gravures sont fixées à même les murs, éreintés par le temps.

Jean-Claude Salemi a suivi une formation en architecture à Saint-Luc à Bruxelles. Illustrateur pour la presse belge, il réalise des affiches et des illustrations pour Marabout, Vie ouvrière, Van In etc. Salemi est aussi musicien.  Ainsi les linogravures exposées à Dar Cherifa nous plonge dans des ambiances musicales diverses : accordéonistes, chanteuse de jazz, danseuse maghrébine, petit ensemble arabo-andalou… Des noir et blanc que la technique de la linogravure simplifie à l’essentiel.

Anne-Catherine Van Santen

Illustratrice pour divers journaux et magazines où l’image liée à l’actualité doit être instantanée, Anne-Catherine Van Santen explore différentes techniques de gravure permettant d’autres images, où le rapport avec le temps est appréhendé différemment. C’est l’univers familier de l’enfance, tantôt troublant, parfois violent et intime, que décrit Anne-Catherine Van Santen dans cette série de lithographies.

Les héliogravures de Luc D’haegeleer, photographe depuis plus de trente, constituent des documents au service de la mémoire. Ses paysages sont faits d’espaces à l’abandon, de friches, de zones périurbaines, qui témoignent de la trace que laisse l’humain sur son environnement.

Moucharabiehs de Kikie Crèvecoeur

Diplômée de l’Atelier Gravure, Graphisme et Images de l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles, Kikie Crèvecoeur enseigne depuis 1988 la gravure et la lithographie à l’Académie des Beaux-Arts de Watermael-Boitsfort. Kikie Crèvecoeur choisit la technique de la gomme pour créer des moucharabiehs aux motifs végétaux, sortes d’entrelacs de feuilles et de tiges, en parfait accord avec le lieu marrakchi.

Illustratrice de livres pour enfants, Corinne Dubus est diplômée de l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles en 2001. Tout comme Marylin Coppée et Eliane Fourré, elle a également fréquenté l’Atelier de gravure de l’Académie de Dessin de Watermael-Boitsfort. Sa série de six tulipes, gravées sur bois, décline des couleurs vives et des tons chauds extravagants.

Cofondatrice de l’ancien atelier de gravure Kasba, Marilyn Coppée choisit la linogravure pour réaliser des images noir et blanc très contrastées. Ses formes semblent découpées à la lame de cutter et ses aplats noirs striés de griffes blanches.

Si les couleurs pastel des linogravures de Gaby Gailly s’harmonisent aux tons de la ville ocre, les toits pentus, les murs pignons et la cheminée appartiennent bien au vocabulaire architectural occidental.

Licenciée en sciences économiques, Claire Hilgers suit une formation en peinture et gravure à l’Ecole 75 à Bruxelles. Elle apprend les techniques de la lithographie à l’Istituto Statale di Urbino et de la sérigraphie à La Cambre. La contemplation d’éléments de la nature dans ses détails infimes fait partie du champ d’inspiration de Claire Hilgers. Présentées comme une planche contact de photographe, les 9 gravures ressemblent à une radiographie d’éléments végétaux. Dans une alcôve du petit salon, cet ensemble ressort d’un mur dont les taches confèrent à l’esthétique générale.

Myriam De Spiegelaere nous présente une série de 30 lithographies. Il s’agit de portraits d’inconnus croisés au cours de ses voyages, 30 regards intérieurs volés dans l’instant.

Les 12 linogravures de Stéphanie De Loeul sont autant de variantes sur une même main : impressions en négatif sur fond de différentes couleurs, tantôt à peine visibles, tantôt bien contrastées.

 Véronique Goossens a réalisé à la pointe sèche le portrait de 8 enfants, oscillant entre force et fragilité, entre gravité et légèreté.

L’exposition à Dar Cherifa offre l’occasion de découvrir les multiples possibilités que permet la gravure selon le support (bois, linoleum, plaque de cuivre,…), la technique de taille et d’impression employés.

Texte et photos I. Six

Informations pratiques:

Exposition Atelier Razkas

Dar Cherifa, 8 derb Chorfa Lakbir, (quartier Mouassine) Marrakech médina

de 10.00 à 23.00 (entrée gratuite)

du 7 au 28 février 2018

> Le Festival du Livre de Marrakech

5 avril 2017

Mis en place en 2016, le Festival du Livre de Marrakech vient compléter l’activité culturelle débordante dont la ville ocre bénéficie ces dernières années.

Séance dédicace pour l’écrivain et artiste Mahi Binebine (photo I. six)

Initiée par l’Association Le Kitab bleu, la première édition  de cet événement livresque – qui s’est tenue les 24 et 25 octobre 2016 – mettait à l’honneur les auteurs marocains d’expression française. Le festival était parrainé par le célèbre journaliste, animateur de télévision et écrivain français Patrick Poivre d’Arvor et la chanteuse, poétesse et romancière marocaine Sapho. Près d’une trentaine de romanciers, poètes, essayistes et nouvellistes de différentes générations ont participé à cette grande manifestation culturelle placée sous la présidence d’honneur de Pierre Bergé, écrivain, mécène et président de la Fondation «Jardin Majorelle».

Cet événement a vu le jour grâce à Joschi Guitton et Stéphane Guillot, fondateurs du Salon du livre de l’ile de Ré (Sud-Ouest de la France) et Emmanuelle Sarrazin, éditrice française installée à Marrakech.

On se souvient, notemment, du bel échange entre Pierre Bergé et l’écrivain marocain Abdellah Taïa

Abdellah Taïa en séance de dédicace (photo I. Six)

Pierre Bergé et Abdellah Taïa présenté par Joschi Guitton (photo I. Six)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les 22 et 23 avril 2017, l’événement très attendu propose un beau programme et des invités de qualité, dont la liste est reprise en détail sur le programme. Nous y serons et vous ferons partager nos coups de coeur.

L’affiche de la 2ème édition du Festival du Livre de Marrakech – les 22 et 23 avril 2017

 

Isabelle S.