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> Randonnée botanique dans l’Oukaïmeden (Haut Atlas, Marrakech)

13 juin 2017
La station d'Oukaïmeden en hiver

La station d’Oukaïmeden en hiver

Au Maroc, Oukaïmeden est un endroit réputé pour sa station de ski. Malheureusement, la popularité du lieu et la forte demande touristique ne trouvent pas assez de bonnes infrastructures d’accueil et d’accès et donne à l’endroit un petit air désuet. Moi qui ne suis pas grande amatrice des sports d’hiver, je préfère nettement m’y balader au printemps ou en été, lorsque la fonte des neiges a bien irrigué le sol et qu’apparaissent une multitude d’espèces botaniques. Le plateau de l’Ouka offre alors de vastes pelouses humides qui ont sensiblement augmenté depuis la construction d’un barrage dans les années ‘70.

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Préparatif pour une rando botanique

C’est par un beau dimanche de juin que j’ai eu la chance de faire partie d’un petit groupe de randonneurs, guidés par Marie Coste-El Omari, l’auteur du précieux guide « À la découverte de la flore de l’Oukaïmeden ». À Marrakech, la chaleur étouffante sévissait depuis quelques jours et c’est avec soulagement que nous avons ressenti la fraîcheur de l’altitude (2700 mètres) à quelque 75 km au sud de la ville ocre.

L’heure n’était pas à l’observation d’oiseaux, le nez étant plus souvent collé au sol que levé en l’air… Cependant, quelques espèces habituelles se sont montrées, d’autres se sont fait entendre. Dès l’arrivée sur le site, on pouvait observer des hordes de Craves à bec rouge se nourrissant dans la prairie humide où volant en groupe au-dessus de la station. Près du barrage, des hirondelles rousselines rasaient la surface de l’eau, à la recherche d’insectes. Plus en hauteur, j’ai pu apercevoir le Traquet rieur et le Rougequeue de Moussier. Les espèces que l’on rencontre fréquemment sont le Monticole bleu, l’Alouette haussecol, la Bergeronnette des ruisseaux, le Bruant fou, le Chocard à bec jaune, pour n’en citer que quelques-uns…. La région est également riche en rapaces : Aigle botté, Circaète Jean-le-Blanc, Faucon crécerelle, et avec beaucoup de chance, le Gypaète barbu…

 

 

Pastel des teinturiers

Pastel des teinturiers

Aux abords du chemin, une plante attire notre attention : des petites fleurs jaunes groupées en grappes couronnent de longues tiges dressées. Des fruits aplatis (siliques) pendent des pédoncules et des feuilles d’un vert brillant… Autrefois, en Europe, ces feuilles étaient broyées dans les moulins à pastel et servaient à la production d’une teinture bleue, avant qu’elle ne soit détrônée par l’indigotier, puis par les colorants de synthèse. Son nom vulgaire, pastel (Isatis tinctoria), vient de la pâte ainsi formée. Toutefois, au Maroc, son usage semble être avant tout médicinal.

La promenade débute par la découverte, au pied des montagnes, d’un beau tapis de fleurs dans la pelouse humide que nous traverserons pour entamer l’ascension vers le plateau du Tizrag. Les couleurs jaune, blanc, violet, rose alternent. La visite commence et les explications fusent. A chaque pas, une espèce différente !

La pelouse humide

La pelouse humide

MILIEUX HUMIDES

Orchis élancé

Orchis élancé

L’Orchis élancé (Dactylorhiza elata) dont les racines en forme de doigts justifient son nom latin, offre une gueule labelle dans laquelle vont s’engouffrer les insectes pollinisateurs. Et comme la nature fait bien les choses, les parties florales de l’orchidée sont soudées et obligent l’insecte à descendre profondément le long d’un éperon pour déguster le précieux nectar. Lorsqu’il ressort de la fleur, son dos frotte contre les étamines, faisant ainsi tomber le pollen sur lui.

Oeillet sylvestre

Oeillets sylvestres

C’est l’Œillet sylvestre (Dianthus saxicola) qui donne à la pelouse une dominante rose. D’après notre guide Marie, son abondance en cet endroit est particulièrement exceptionnelle ! Cette fleur délicate se regroupe sur de belles touffes aux tiges raides à nœuds renflés. Cinq pétales roses dentés s’épanouissent au bout d’un calice en tube.

La balade se poursuit en quittant peu à peu les milieux humides. Nous traversons la route pour rejoindre des pelouses sèches et rocailleuses et commencer à grimper légèrement vers le col du Tizrag.

 

 

PELOUSES SÈCHES OU ROCAILLEUSES

Pelouse humide vue depuis le col du Tizrag

Pelouse humide vue depuis le col du Tizrag

Ce qui semblerait être un chardon est en fait un Panicaut de Bourgat (Eryngium bourgatii). On l’appelle pourtant quelquefois Chardon bleu des Pyrénées. Mais, alors que les chardons sont des plantes composées de la famille des Astéracées, le Panicaut est une ombellifère de la famille des Apiacées. Cette plante aux feuilles à lobes épineux présente des petites fleurs bleues regroupées en têtes (ombelles) et entourées d’une collerette de bractées pointues.

La Catananche gazonnante (Catananche caespitosa) forme d’étranges tapis à ras-du-sol foisonnants de feuilles, de fleurs à ligules jaunes et de bractées membraneuses translucides. Cette endémique du Maroc pousse sur des terrains secs à partir de 1.700 mètres d’altitude.

Sur le même terrain, la Jurinée ou Serratule naine (Jurinea humilis) est une plante vivace à souche courte, que l’on trouve à ras du sol. Ce qui semble être une fleur unique de couleur purpurine est en fait un ensemble de petites fleurs serrées sur un réceptacle commun.

L’Inule des montagnes (Inula montana), également vivace, s’écarte un peu du sol grâce à une tige dressée sur laquelle s’accrochent quelques feuilles blanches soyeuses. Au sommet de la tige un gros capitule dont les fleurs jaune-orangé s’arrangent sur deux rangs : les fleurs externes ont de longues languettes glabres (ligule) quant aux internes elles s’enroulent en petits tubes.

 

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Quand on est un parfait néophyte en botanique, les fleurs à pétales blanches et au cœur jaune semblent toutes les mêmes ! Mais en y regardant de plus près, parfois même de très près, on distingue pourtant de nettes différences… Ainsi, l’Anthémis pédonculée ou Fausse camomille (Antemis pedunculata) a tout d’une marguerite : ligules blanches et cœur de fleurs jaunes en tubes. En revanche, ses tiges sont ramifiées et ses feuilles sont découpées en fines lanières.

De la même famille (Astéracées), le Rhodanthème catananche (Rhodanthenum ou Leucanthemum catananche) est une espèce endémique du Maroc. Les Anglais la nomment Moroccodaisy (litt. Marguerite du Maroc). Elle forme des petites touffes denses et étalées, légèrement bombées. Les fleurs centrales, également jaunes et tubulaires, sont entourées de ligules blanc crème à base pourpre, plus rosées à l’extérieur.

La « marguerite de l’Atlas », Anacycle pyrèthre ou Pyrèthre de l’Atlas (Anacyclus pyrethrum) s’étale au bord des chemins ou sur un rocher grâce à sa tige couchée sur le sol. Le revers des ligules est barré d’une languette rose. Cette plante a des propriétés insecticides. Cette espèce est une rudérale, plante liée à la présence des hommes et des animaux.

 

Dans la montée vers le plateau, sur le même terrain pierreux et aride, une plante s’enroule sur elle-même pour former une boule de feuilles. C’est un phénomène d’adaptation à son environnement inhabituel pour le Plantain corne-de-cerf (Plantago coronopus) ! Finalement reconnaissable à la forme de ses feuilles divisées comme les bois d’un cerf et à son inflorescence en épi simple, il s’agit également d’une espèce rudérale.

L’Hélianthème safrané (Helianthemum croceum) abonde dans les pelouses sèches et rocailleuses. Cette « fleur du soleil » s’oriente en direction du soleil, tout comme les tournesols. Elle a cinq pétales jaunes froissées, un style saillant émergeant au centre de nombreuses étamines.

Ralph parmi les Catananches gazonnantes

Ralph parmi les Catananches gazonnantes

Après cette légère ascension, nous atteignons le col surplombant la station et apprécions le trajet parcouru depuis le refuge du Club alpin français. Avant de poursuivre notre chemin, nous nous installons parmi les Catananches gazonnantes (Catananche caespitosa) pour une première pause.

XÉROPHYTES ÉPINEUSES EN COUSSINET

Sur le plateau, à partir de 2.500 mètres, seules des formes basses résistent à un climat particulièrement rude : trop froid l’hiver, trop sec l’été, trop de vent, pas de sol. Ce sont des xérophytes épineuses, généralement en coussinet qui recouvrent des pentes entières. La forme hémisphérique du buisson permet de créer un microclimat à l’intérieur, mois froid en hiver, moins sec en été, avec de moindres variations de températures et d’humidité au cours de la journée.

Le Cytise jaune (Cytisus balansae ou purgans) est une endémique du Maroc et d’Algérie. Un des premiers xérophytes à fleurir, ses petites feuilles pointues à trois folioles disparaissent et c’est alors la tige verte et acérée qui assure la fonction chlorophylienne.

Également endémique du Maroc, l’Astragale piquante (Astragalus ibrahimianus) forme des tapis épineux. Ce sont les feuilles composées, à sessiles poilues, qui se terminent en pointe acérée.

Autre plante coussin, l’Alysson épineux (Alyssum spinosum ou Hormathophylla spinosa) forme des petits buissons à rameaux intriqués et épineux, composant des touffes. Ce sont les rameaux des années précédentes qui forment les épines. Les feuilles sont petites et oblongues, blanc argenté et les fleurs blanches à quatre pétales en croix ont six étamines.

Orpin à feuilles épaisses

Orpin à feuilles épaisses

Coincée entre un rocher et un cytise jaune, une plante grasse à fleurs délicates tente une percée. L’Orpin à feuilles épaisses (Sedum dasyphyllum) apprécie particulièrement les endroits ombragés. Typiques des Crassulacées, les feuilles sont épaisses et serrées : les tissus sont gonflés de substances liquides et assurent le rôle de réserve. Les fleurs blanches, de petite taille, portent cinq pétales et dix étamines.

ÉTAGE DU GENÉVRIER THURIFÈRE

Nous passons de l’autre côté du col pour longer la falaise et rejoindre l’étage du Genévrier thurifère (Juniperus thurifera). Un beau tapis argenté ondule sous le vent : ce sont des Stipes brillants (Stipa nitens) aux longues arêtes plumeuses qui poussent en abondance dans les rocailles montagneuses.

La vue est magnifique et surplombe une vallée dont les pentes sont recouvertes de genévriers en piqueté. Nous empruntons un chemin un peu scabreux pour rejoindre la nouvelle table d’orientation près de l’antenne TV. Mais il nous permet d’observer une végétation particulière faite de quelques arbustes à feuilles caduques.

FALAISES ET ROCHERS

À l’ombre d’un gros rocher, le Daphné purgatif ou Laurier des bois (Daphne laureola) présente des feuilles oblongues, vernissées. Il est considéré comme toxique. Quelques mètres plus loin, la falaise accouche d’un Nerprun des Alpes (Rhamnus alpina). Émergeant d’une fissure, cet arbuste tortueux porte de grandes feuilles vert vif, ovales et nervurées sur la face inférieure.

À ras du sol, une plante discrète étale ses tiges rampantes. Les Marocains l’appellent « el hidoura » pour sa similitude avec une peau de mouton de prière. En effet, la Paronique argentée (Paronichia argentea) brille par ses bractées lactescentes cachant le centre de fleurs minuscules.

Le Carthame penné (Carthamus pinnatus) s’apparente à une sorte de chardon. Un gros capitule de fleurs violettes repose au centre d’une rosette étoilée faite de feuilles à bord épineux. Mais le capitule du Chardon à grosse tête (Carduus nutans macrocephalus), comme son nom l’indique, est bien plus remarquable par sa taille et par ses bractées pointues.

La promenade progresse jusqu’à l’ancienne table d’orientation. De là, on aperçoit un bel exemplaire d’Alisier blanc (Sorbus aria) qui se détache de la falaise. Après plus de quatre heures de marche, ponctuées de nombreux arrêts, nous nous posons enfin pour le pique-nique.

VERS LES GRAVURES RUPESTRES

Rassasiés et reposées, nous redescendons vers la station et traversons le barrage pour rejoindre un vallon à pelouse sèche. Au-delà d’un petit relief de grès rouge, coexistent plusieurs espèces : la Mauve de Tournefort (Malva tournefortiana), aux feuilles finement découpées. Cousine de l’Hibiscus, elle a, comme lui, ses nombreuses étamines soudées en tube autour du style. L’Œillet de Lusitanie (Dianthus lusitanius), endémique du Maroc, diffère de l’Œillet sylvestre, observé en début de promenade, par un calice plus étroit et des pétales plus fins et frangés aux extrémités. La Phalangère à fleurs de lis (Anthericum liliago) comporte une haute hampe florale portant en grappes de belles fleurs blanches à six étamines et six tépales.

Au pied des gravures rupestre, représentant probablement des éléphants, pousse en abondance la Passerage drave (Lepidium draba). Cette plante invasive porte une inflorescence fournie de fleurs à quatre pétales en croix au sommet d’une haute tige. Également plante de grande taille à fleurs blanches, l’Achillée de Ligurie (Achillea ligustica), aux feuilles finement découpées, se termine en inflorescences en corymbes.

A l’issue de cette belle randonnée riche en découvertes, nous rejoignons la route pour retrouver les voitures et rentrer sur Marrakech.

©photo Isabelle Six

BIBLIOGRAPHIE

  • Marie Coste-el Omari, A la découverte de la flore de l’Oukaïmeden, Ed. Sarrazines, 2017
  • Abderrahman AAFI, Mohamed Sghir TALEB & Mohamed FECHTAL, Espèces remarquables de la flore du Maroc, Rabat, 2002
  • http://www.tela-botanica.org : Le réseau des botanistes francophones
  • http://www.teline.fr : Biodiversité végétale du sud-ouest marocain
  • http://www.atlasbota.com : Les belles fleurs de l’Atlas marocain

 

 

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> Le Street Art à Marrakech

22 mai 2017

Pochoir, rue Ibn Aïcha (disparu) – photo I. Six 05/2016

Un phénomène mondial

Au Maroc, le Street Art a le vent en poupe. Au point de s’écarter de plus en plus de ses revendications premières…

Phénomène mondial, le Street Art apparaît comme un nouveau moyen d’expression dès les années 1980. C’est dans les quartiers pauvres de New York que les premiers graffitis voient le jour vingt ans plus tôt, pour ensuite conquérir l’Europe et le reste du monde. Il s’agit d’un art considéré comme bâtard qui se déploie dans l’espace public, s’affiche au grand jour et est donc accessible à tous. Une signature, un sigle, une marque permettent à son auteur de communiquer à l’aide de mots ou d’images.

Au début de leurs apparitions, la société reste partagée quant aux qualités esthétiques de ces graffitis – certains les considérant comme des actes de vandalisme, d’autres y voyant les prémisses d’un art à part entière – il semble que, désormais, ces graphismes éphémères se pérennisent et trouvent leur place dans le monde de l’art. Les galeries se sont peu à peu ouvertes aux arts de la rue, les musées organisent des expositions autour du concept et certains artistes issus de ce mouvement se retrouvent même en bonne position dans le marché de l’art, au point d’en faire oublier les origines revendicatrices et contestataires. Considérés comme péjoratifs, les termes graffiti et tag sont éclipsés au profit d’une locution plus flatteuse et plus compréhensible du grand public : le Street Art ou art de la rue. Il en ressort alors une renaissance artistique à travers une explosion de créativités, d’idées nouvelles, de techniques plus élaborées. Les motivations du street artist ne sont évidemment plus les mêmes que celles du tagueur des débuts mais son but reste inchangé : investir les rues de la ville pour en faire des musées à ciel ouvert, accessibles à tous et livrer un message à ceux qui les traversent.

Lettrage en « bubble style », Marrakech – photo I. Six 11/2016

Dès lors les street artists élaborent une série de techniques, allant de la bombe au pochoir, du sticker et du collage à la peinture, ou encore de l’installation au détournement de mobiliers urbains. Toute une terminologie spécialisée pour un public initié découle de ces pratiques : on parle de tag et de graff du writer, de masterpiece réalisée par une crew. Le lettrage peut être en block letters, en wild style, en throw up… Une peinture graffiti peut être appliquée en panel piece, top-to-bottom ou en whole car, selon la surface exploitée…

Marrakech, une destination « street art » !

Depuis quelques années, les observateurs de l’industrie touristique placent Marrakech parmi les meilleures destinations au monde. Et lorsque le guide Lonely Planet édite en 2017 son nouvel ouvrage consacré au Street Art, on y retrouve Marrakech, seule destination arabe parmi les 40 villes sélectionnées ! Pourtant, ce n’est réellement que depuis 2016, à l’occasion de la Biennale de Marrakech qui avait inclus l’art urbain dans son programme, que l’on voit les murs de la ville ocre se couvrir de fresques réalisées par des artistes venus du monde entier.

street art Marrakech

« Aziz », peinture murale de Hendrik Beikirch – photo I. Six 01/2017

Les voyageurs sortant de la gare ferroviaire de Marrakech découvrent face à eux un immense portrait d’homme peint en 2016 par l’allemand Hendrik Beikirch. Cet artiste réalise à travers le monde (Inde, Corée du Sud, Italie, Allemagne, Pays-Bas, Danemark, Suède, France, Etats-Unis,…) des visages anonymes reflétant le miroir de la société. Vestiges de la biennale 2016, les fresques de 11 artistes internationaux et locaux parsèment les ruelles de la médina, les toits des terrasses, les murs décrépis de bâtiments abandonnés de Guéliz. Giacomo RUN (Italie) a investi le quartier du Palais Bahia. Le marchand de cigarettes de la rue Dar El Bacha s’adosse désormais contre un mur décoré par Sickboy (GB). Les étranges personnages de Kalamour (Maroc) sont apposés sur le mur du Café des épices, alors que de l’autre côté de la place se déploient les motifs géométriques colorés du russe Alexey Lukas. De la place des Ferblantiers, on aperçoit sur la terrasse du Kosybar un visage de femme peint par Dourone. Si la plupart des marrakchi ignorent l’existence d’une biennale dans leur propre ville, ces œuvres ne laissent personne indifférent.

À Marrakech comme ailleurs, effectuer un relevé des fresques murales et autres manifestations de l’art urbain s’avère illusoire. Il faut parcourir la ville en tout sens, dans ses moindres recoins et ne pas hésiter à pénétrer dans des lieux peu avenants pour découvrir une petit perle… au risque de ne plus la retrouver quelques jours plus tard !

Depuis plusieurs années, l’artiste français Christian Guémy, alias C215, applique ses pochoirs sur les murs de nombreuses villes du Maroc (Essaouira, Mirleft, Fès, Rabat, Tanger, Meknès…). En marge de la biennale de Marrakech, on pouvait pister ses chats réalisés au pochoir à travers la médina de la ville ocre. Malheureusement, ils semblent avoir tous été recouverts et le portrait de jeune fille apposé sur la porte du four du hammam, derrière la médersa Ben Youssef s’efface au fil des ans.

Dans le quartier « européen » de Guéliz, cachées en partie par une cascade de bougainvilliés et par des rangées de mobylettes, les fresques de la rue Oum er-rbia subsistent. Le marocain Morran ben Lahcen y a réalisé un beau portrait d’homme. Figure de référence pour nombre de street artist, Morran a « graffé » sur les remparts d’Azemmour, à l’usine Mafoder et aux Abattoirs de Casabalanca. En 2014, il expose à Galerie David Bloch de Marrakech et s’éloigne du monde de la rue pour approfondir ses recherches dans divers domaines de l’art contemporain.

Émergence du Street Art au Maroc

On l’aura compris, les artistes internationaux du Street Art semblent avoir trouvé au Maroc une belle scène pour s’exprimer. Mais quand cet art a-t-il émergé dans le royaume chérifien, quels sont ses acteurs, qu’en est-il des graffeurs marocains ?

Dans les années 1990, on parle de « nayda », que l’on peut traduire de l’arabe par « réveil » ou « debout », en écho à la « Movida » lorsque, vingt ans plus tôt, l’Espagne post-franquiste connaît un mouvement en réaction aux conventions politiques, sociales et religieuses. L’art de la rue parle aux jeunes et est le moyen d’expression d’une génération fascinée par l’Occident, en prise cependant avec des interdits religieux et moraux. Mais, alors que les griefs accumulés par une jeunesse révoltée ont fait sauter la soupape artistique dans d’autres pays du monde arabe, l’art urbain est plutôt discret au Maroc. L’extravagante « nayda », porteuse de grands espoirs, semble avortée peu après sa naissance.

Les premiers graffeurs marocains gravitent, pour la plupart, dans le milieu hip hop. Leurs blazes sont Ed Oner, Basec, RDS, Rebel Spirit, Dais ou encore Majic Joe… Ces figures émergentes de la scène marocaine ont pratiqué leur art dans la rue, se cachant de la police, taguant dans des terrains vagues, sur des postes de transformateur électrique, sur les murs d’une usine abandonnée, sous des ponts. Cependant, la plupart ne s’intéressent pas à l’aspect vandalisme et protestataire du graff que les puristes du genre défendent. Ils ont même, pour certains d’entre eux, une formation en graphisme, en dessin ou en arts appliqués, ont fréquenté l’Ecole des Beaux-arts de Casablanca ou ont été initié à l’art urbain au sein d’une association. Ce qu’ils veulent avant tout, c’est illuminer de leur dessin un mur sale, investir des lieux abandonnés, dégradés en leur donnant une seconde vie. Smoky H affirme « L’art c’est aussi un message de paix, une politique passive. L’autre politique fait mal. Dessiner, ce n’est pas mentir au peuple ».  Ed Oner « aime faire plaisir aux gens simples ». Dans le même esprit, Majic Joe « peint avec sincérité, ce qui lui plaît. Il se trouve que ça plaît aussi au public ».

Adhésion du grand public

Dès 1999, l’association casaouie EAC L’Boulvart milite pour la promotion et le développement des musiques actuelles et de la culture urbaine au Maroc. Il en émane le festival Sbagha Bagha qui deviendra un événement indépendant en 2013 et prendra le nom de Sbagha Bagha Casablanca Street Art Festival. A Casablanca toujours, l’usine Mafoder s’impose comme un foyer de création et d’expression de la culture underground. Mécène à sa façon, le propriétaire de la fonderie toujours en activité, met ses murs à la disposition de graffeurs afin de mettre en valeur l’élément humain dans le processus de production.

Autour des années 2010, les galeries s’intéressent au phénomène de l’art urbain. Le new-yorkais Alec Monopoly ou le pochoiriste nantais Jef Aerosol sont régulièrement invités par la Galerie 38 de Casablanca. La toile remplace alors le mur. La surface de création est délimitée, encadrée.

Plus récemment, au cœur d’une oliveraie à 20 km de Marrakech, la résidence d’artistes Jardin rouge est créée par la Fondation Montresso. Elle se veut un laboratoire de créativité et un véritable carrefour culturel en parrainant des artistes de toutes nationalités. S’y sont succédé les peintres urbains internationaux C215 (2011), Tats Cru (2014), Hendrik Beikirch (2015), Kouka (2015 et 2016), TILT (2016), … Paradoxalement, le Street Art quitte l’espace non conventionnel de la rue pour s’expérimenter sur la toile.

Des festivals affichent leur engagement en faveur des arts et de la création contemporaine et s’inscrivent dans la mouvance street. Ainsi Jidar ambitionne de positionner la ville de Rabat dans le circuit international du Street Art en invitant des signatures de tous pays à transformer les murs de différents quartiers en fresques géantes. En 2015, Rabat devient une ville « street art friendly » en organisant conjointement à son festival une exposition au Musée Mohamed VI d’art moderne et contemporain intitulée « Main street ». Le Street Art bien éloigné du tag undeground illicite, remporte définitivement l’adhésion du grand public marocain qui se trouve face à de séduisantes peintures murales monumentales et décoratives.

Devenu un véritable phénomène de mode, le Street Art fait l’objet de nombreuses reconnaissances officielles et est soutenu par internet et les réseaux sociaux. Les artistes reçoivent des commandes de toutes parts : agences de communication, écoles privées supérieures, espaces de co-working, festivals, galeries…. Sa mort prématurée survenue en 2013 dans un accident de voiture, mais aussi un réel talent, ont fait de Rabie El Adouni l’icône du genre au Maroc. Il est le premier à bénéficier en 2008 d’une exposition personnelle à l’ambassade de Croatie à Rabat et à vivre de sa passion. A l’exception de quelques irréductibles, la majorité des street artists marocains suivent sa trace et parviennent à bien vivre de leur art.

Le street art, une arme d’éducation massive ?

Dans le quartier de Kbour Chou, dans le nord de la médina, la petite école de ce quartier très populaire est ornée de motifs peints abstraits, mais aussi de panneaux représentant des scènes d’éducation civique. Les maisons voisines, pourtant en piteux état, arborent elles aussi de belles peintures colorées. Elles sont la réalisation d’une association de quartier, l’amicale Al-Nasr. Serait-ce une autre forme de Street Art ? Ces réalisations éloignées de tout but politique sont le résultat d’une action fédératrice autour d’un projet commun : décorer ensemble son quartier et sa rue. De manière « plus formelle », l’association française Street Art sans frontières parcourt le monde et pose ses pots de peinture dans les quartiers défavorisés. Ainsi, en 2015, l’association a réalisé des projets artistiques solidaires avec les populations locales dans plusieurs villes du Maroc, « cherchant des zones un peu oubliées artistiquement afin d’y apporter de la couleur. »

Si l’art urbain au Maroc n’est pas explicitement politique, comme c’est le cas dans d’autres pays du monde arabe, il s’érige en arme pacifique au sein d’une société tiraillée entre modernité et tradition. S’imposant à la vue des passants sans vraiment les heurter, impliquant les habitants d’un quartier dans sa réalisation, il promeut la diversité et sensibilise la population dont l’écrasante majorité n’a jamais mis les pieds dans un musée ou une galerie d’art. Tous les espoirs sont permis…

Isabelle S.

> Escapade en dehors de Marrakech : le lac Lalla Takerkoust

14 mai 2017

Le barrage et le lac Lalla Takerkoust – photo I. Six

Marrakech est une ville animée, palpitante et… fatigante ! Lorsqu’on y vit toute l’année, les occasions de prendre l’air dans ses proches environs sont fort appréciables. Située au cœur de la plaine du Haouz,  la ville ocre est surplombée par les montagnes du Haut Atlas de Marrakech. Il suffit de parcourir quelques dizaines de kilomètres pour se trouver en pleine nature, croiser des troupeaux de moutons et de chèvres, découvrir des paysages verdoyants, traverser des gorges et des vallées auxquelles s’agrippent des petits villages berbères. Le dépaysement est radical.

Soleil, bouquin, sérénité… – photo R. Six

Un endroit, parmi d’autres, où j’aime particulièrement passer une journée, pour lire tranquillement un bon bouquin en sirotant un thé à la menthe ou pour faire une petite promenade jumelles au cou, est les abords du Lac Lalla Takerkoust. En hiver, les sommets enneigés se reflètent dans ses eaux calmes. Le soleil, présent quasi toute l’année, nous réchauffe alors que l’on mange des brochettes sur la terrasse du restaurant Amghouss. Les moineaux participent au repas en picorant les grains de riz et les miettes de pain laissés sur la table.

Le lac avec son niveau d’eau élevé – photo I. Six

Lorsque l’année est particulièrement pluvieuse, que la neige est tombée en abondance dans l’Atlas, le lac se remplit et son niveau monte sensiblement. Construit entre 1929 et  1935, sous le nom de Cavagnac, le barrage irrigue la plaine du Haouz et produit de l’énergie électrique pour toute la région. Le lac, créé par la retenue des eaux de l’oued n’Fiss, s’étend sur 7 km. Après l’époque du Protectorat, le barrage et le lac changèrent de nom pour s’attribuer celui de Lalla Takerkoust, une sainte protectrice du lieu où elle serait enterrée.

Les pédalos au repos – photo I. Six

Le week-end, l’endroit est privilégié par les Marrakchi qui viennent y passer la journée en famille, fuyant les grandes chaleurs de la ville, le bruit et la pollution. Des activités nautiques se développent : planche à voile, canoë, ski nautique, jet ski, stand up paddle, pédalos. Bien que la baignade soit interdite, il n’est pas rare de voir les enfants, et les plus grands, patauger dans l’eau.

Pour rejoindre ce petit paradis, on quitte Marrakech en ddirection d’Asni, puis l’on bifurque vers Amizmiz. La route passe à côté du village d’Oumnass. Une belle occasion d’y faire une halte et de visiter la kasbah datant du début du XXème siècle. Elle a servi à de cadre à plusieurs de film (dont Marrakech Express) et jouxte une kasbah plus ancienne laissée à l’abandon.

Le village d’Oumnass et la kasbah – photo I. Six

Dar Zagora, maison d’artistes – photo I. Six

Ensuite la route sillonne à travers un paysage aride et désertique qui se modifie à mesure que l’on approche de Lalla Takerkoust. La route est alors flanquée de murs rouges d’où débordent des bougainvilliés. C’est à ce niveau que l’on découvre d’étranges sculptures faites de toutes sortes de matériaux. Elles annoncent l’entrée de Dar Zagora, une maison d’artistes où ceux-ci peuvent y établir résidence, disposer d’espace de création et du matériel nécessaire. Des expositions, des activités pour les enfants et les écoles y sont organisées.

Enfin, au détours d’un virage, on débouche sur la petite ville de Lalla Takerkoust dominée par l’impressionnant barrage sur lequel s’affiche la devise nationale الله ؛ الوطن ؛ الملك : »Dieu, la patrie, le roi ». Cafés, restaurants, boutiques, stations d’essence se répartissent de part et d’autres et, à l’heure de la sortie des écoles, les enfants en tablier blanc se mêlent à une foule toujours dense. Des fresques peintes par les jeunes artistes de Dar Zagora ornent plusieurs murs du bourg.

photo I. Six

Pour rejoindre le lac, il faut bifurquer à gauche et prendre une petite route qui grimpe  légèrement. Les abords du lac apparaissent, bordés de bouquets d’eucalyptus. Au printemps, on entend le chant du coucou, quelques cormorans plongent dans les eaux poissonneuses, des bergeronnettes – grises et des ruisseaux – hochent leur queue à la recherche de quelques insectes. Malheureusement, comme dans beaucoup d’espaces naturels au Maroc, le pique-nique sauvage occasionne des détritus qui jonchent le sol çà et là, gâchant un peu la promenade. Mais les belles rencontres et les observations font très vite oublier ce point négatif.

Vue sur le lac depuis le plateau du Kik – photo I. Six

Pour rejoindre Marrakech par le chemin des écoliers, on reviendra jusqu’à la ville de Lalla Takerkoust pour prendre une piste qui traverse la plaine, dans un décor grandiose, jusqu’au plateau du Kik. Arrivé au sommet, la plaine s’étend en contrebas dans un paysage magnifique où s’inscrit les contours du lac. Les villages traversés, dénués de toute industrie et de tout confort, témoignent de la précarité dans lesquelles vivent les paysans de cette région. Culture et élevage sont les principales ressources et, malgré cette simplicité extrême, les habitants n’hésitent pas à partager avec vous la grande tradition du thé à la menthe. De là, la route redescend vers Moulay Brahim, traverse Asni et rejoint la vallée d’Ourika.

Une journée de repos, de découvertes, de rencontres, à moins d’une heure de Marrakech !

L’hospitalité marocaine – photo A. Happaerts

 

> Patrimoine et culture à Marrakech avec le Riad DAR ZAMPA

25 avril 2017

DANS LA MÉDINA : Le patrimoine architectural

> Zaouia de Sidi Bel Abbès

Cet édifice religieux honore la mémoire de Sidi Bel-Abbès, le saint-patron de la ville. À sa mort, en 1205, un petit sanctuaire est érigé à sa mémoire. Dès le XVIe siècle, une mosquée puis une bibliothèque sont bâties adossées au mausolée. En 1720, Moulay Ismaïl fait construire une coupole au-dessus de la tombe du saint. Le souk Majadliyin (des passementiers) attenant à la zaouia est construit par Mohammed IV. Avec ses boutiques sous arcades, il a été rénové tout récemment mais a malheureusement perdu ses jolies peintures rouges à étoiles blanches.

> Fontaine Chrob ou Chouf

Avec celle de Mouassine, c’est la plus ancienne fontaine de Marrakech, construite sous le règne du sultan saadien Ahmed el Mansour (1587-1603). Si la fontaine en elle-même n’a pas d’attrait particulier, c’est son auvent en cèdre sculpté et à linteau portant des motifs floraux autour d’inscriptions calligraphiques qui suscite tout l’intérêt. Son nom signifie « Bois et regarde »…

 

 

 

> Qobba Ba’Adiyn ou almoravide

Kaat Benahid, Marrakech Medina (en face de la Mosquée Ben Youssef) / Actuellement fermée au public

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Dernier vestige de la dynastie almoravide, la qobba (coupole) Ba’Adiyn fut ensevelie par des siècles d’alluvions et redécouverte au milieu du XXe siècle. Aujourd’hui, son niveau permet de situer exactement celui de Marrakech au temps de sa fondation. Il s’agirait d’un bassin d’ablutions d’une ancienne mosquée détruite par les Almohades. Le bâtiment est entièrement restauré et surmonté d’une coupole dont l’intérieur est orné de motifs floraux sculptés avec finesse.

> Medersa Ben Youssef

Kaat Benahid, Marrakech Medina / Ouvert tlj (sauf fêtes religieuses) : 08.00-17.00 / Prix : 20 DH

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Fondée au milieu du XIVe siècle par le sultan mérinide Abou el-Hassan, cette école coranique sera reconstruite en 1565 par Moulay Abdellah, de la dynastie saadienne. C’est alors qu’elle deviendra un des plus importants centres de théologie islamique du Maghreb. Joyau de l’art arabo-andalou, elle accueillait plus de 900 étudiants avec quelque 130 chambres spartiates ouvertes sur l’atrium central ou sur une des sept cours de la médersa.

> Mosquée et minaret de la Koutoubia

Entrée interdite aux non-musulmans

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Monument religieux le plus emblématique de Marrakech, la mosquée de la Koutoubia et son minaret de 77 mètres de haut, ont été édifiés au XIIe siècle sous le règne des Almoravides. Achevée en 1157, une mauvaise orientation géographique par rapport à la Mecque aurait obligé le sultan Abd el-Moumen à en commander une autre qui sera bâtie entre 1158 et 1162. De la première version, il reste un alignement de base de colonnes.  Le minaret sera terminé en 1190 sous le règne de son petit-fils, Yacoub el-Mansour, et servira de modèle à la grande mosquée de Séville dont il ne reste plus que la Giralda. Comme toutes les mosquées du Maroc, la Koutoubia ne peut être visitée par les non-musulmans, mais on peut se promener dans le très beau Parc Lalla Hasna qui l’entoure.

> Place Jemaâ el Fna

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Si la place en elle-même ne présente pas grand intérêt d’un point de vue architectural, cette vaste esplanade de plus d’un hectare est un véritable théâtre de plein air dont l’activité croît à mesure que le soir approche. Marchands de jus d’orange, charmeurs de serpents, conteurs, acrobates, herboristes, tatoueuses de henné, porteurs d’eau, ses acteurs font de la place un chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité.

> Mosquée et fontaine Mouassine

Entrée de la mosquée interdite aux non-musulmans

Carte postale ancienne

La Mosquée et son minaret trapu font partie d’un ensemble comprenant une fontaine, des latrines et une ancienne médersa. La fontaine, protégée par une grille, est surmontée d’un auvent en bois de cèdre sculpté. Un des bassins était réservé aux hommes, un autre aux animaux et un troisième servait de réservoir. Quant aux toilettes situées sur la droite du bâtiment, elles datent du XVIe et se répartissent dans un espace rectangulaire avec des cellules sur quatre côtés et un bassin au centre recouvert d’une charpente à caisson en bois à toit pyramidal. La mosquée est actuellement en rénovation.

 > Dar Cherifa – Café littéraire

8, derb Chorfa Lakbir, Mouassine, Marrakech Medina / Ouvert tlj : 09.00-23.00 / Gratuit (sauf consommations et repas)

Une des plus anciennes maisons de Marrakech construite fin du XVe-début XVIe siècle, Dar Cherifa fut longtemps laissée à l’abandon avant d’être restaurée dans le plus strict respect de la tradition architecturale grâce à des artisans connaissant les techniques ancestrales. Cette belle maison magnifiée par la décoration saadienne est devenue un centre culturel et un café littéraire où l’on peut se restaurer à tout moment pour profiter du calme de son patio ou de sa terrasse.

> Palais El-Badi

Place des Ferblantiers Qzadria, Marrakech Medina / Ouvert tlj : 08.00-17.00 / Prix : 10 DH (+ 10 DH pour voir le minbar de la Koutoubia)

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Ce vaste ensemble, dont il ne reste aujourd’hui que des ruines, fut construit à la fin du XVIe siècle par Ahmed Al-Mansour, dit Ed-­Dahbi (Le Doré), le plus glorieux des sultans saadiens. Lorsque son magnifique palais fut achevé, au bout de plus de 20 années de construction, son plaisir fut gâché par la réflexion de son bouffon qui lui prédit « Quand il sera démoli, il n’en restera qu’un gros tas de terre ! » Et c’est ce qui arriva 5 siècles plus tard lorsque le sultan alaouite, Moulay Ismaïl fit de Meknès sa capitale et déconstruisit un grande partie des palais de ses prédécesseurs. Du Palais El-Badi, il ne reste que des murs en pisé et des jardins mais cet immense espace vide laisse une forte impression de puissance et de grandeur.

> Palais Bahia

Rue Riad Zitoune El Jdid – Marrakech Medina / Ouvert tlj : 08.00-17.00 / Prix : 10 DH

Le palais Bahia est un brillant exemple de l’art marocain du XIXe siècle. Succession de cours, de salons et de jardins, l’édifice se présente comme un rassemblement de plusieurs maisons pour ne former qu’un seul palais. C’est ce qui donne cette impression de dédale désordonné. Construit à la demande du grand vizir Ahmed Ben Moussa, ministre du souverain alaouite Moulay Hasan, puis de son héritier Moulay Abdelaziz, le palais devint la demeure du maréchal Lyautey qui y séjourna quelques temps à l’époque du protectorat français, à partir de 1912.

> Bab Agnaou

Construite au XIIe siècle sous la dynastie almohade, cette porte de la kasbah déploie un magnifique décor sculpté en grès du mont Guéliz. Elle est faite de 4 arcs superposés, tous différents, surmontés d’écoinçons décorés de motifs floraux. Une frise épigraphique en caractère coufique surmonte l’ensemble. Sans réelle fonction défensive, la porte s’ouvre sur le quartier de la kasbah et une belle place joliment aménagée.

> Mosquée El Mansour ou de la Kasbah

Rue de la Kasbah – Marrakech Medina / Entrée interdite aux non-musulmans

Récemment restaurée et mise en valeur par le dégagement des espaces qui l’entourent, la Mosquée El Mansour, mosquée de la Kasbah ou encore mosquée aux Pommes d’Or, a été construite à la fin du XIIe siècle, sous le règne de Yacoub el-Mansour, alors que s’achevaient les travaux de la Koutoubia. Les murs du minaret sont lisses jusqu’à hauteur des toits de la mosquée puis finement décorés jusqu’à son lanterneau de losanges sculptés et entrelacés et d’une frise de faïence. Les fameuses pommes d’or correspondraient peut-être aux boules de cuivre doré au sommet de la flèche qui coiffe le minaret…

> Tombeaux saadiens

Carte postale ancienne

Rue de la Kasbah – Marrakech Medina / Ouvert tlj : 09.00-18.00 / Prix : 10 DH

Découverts seulement en 1917, ces vestiges de l’époque saadienne furent épargnés par le sultan alaouite Moulay Ismaïl, grand bâtisseur à Meknès mais aussi grand démolisseur des œuvres de ses prédécesseurs. Cependant, il enferma le sanctuaire derrière un mur épais où les mausolées et le jardin témoignent de la magnificence et du goût pour les arts de la dynastie qui régna sur le Maroc entre le XVIe et le XVIIe siècle.

DANS LA MÉDINA : Les musées

> Musée du Parfum

2, Derb Chérif, Diour Saboun, Marrakech Medina / Ouvert tlj : 09.00-17.00 (hiver) 18.00 (été) / Prix : 40 DH (l’atelier : 400 DH)

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Le musée du parfum axé sur l’art du parfum, de l’aromathérapie, les soins du corps et le bien-être offre à ses visiteurs la possibilité de vivre une expérience olfactive unique en son genre. Le parfum est un art de vivre au Maroc. En effet, il accompagne toutes les étapes et les rites de passage de la vie des Marocains. Le musée de parfum est un concept interactif. Il offre au visiteur outre les expositions, des activités ludiques et des ateliers. Ainsi le visiteur n’est plus un simple découvreur du musée et de ses collections mais un acteur actif qui peut s’il le désire participer à la vie du musée.

> Maison Denise Masson

3, derb Zemzane, Bab Doukala, Marrakech Medina / Ouvert ma>sa : 10.00-12.00 et 15.00-18.30 / Gratuit

Situé dans le quartier de Bab Doukkala, cet authentique riad était la propriété de Denise Masson, célèbre pour son travail de traduction du Coran en français. Le petit salon abrite l’harmonium de la dame de Marrakech, son bureau renferme encore sa prestigieuse bibliothèque. L’Institut français de Marrakech, qui en a la gestion, organise régulièrement des expositions, des rencontres littéraires, des conférences, ainsi que des concerts dans le magnifique jardin ombragé.

> Musée de Marrakech – Fondation Omar Benjelloun

Place Ben Youssef, Marrakech Medina / Ouvert tlj : 09.00-18.00 / Prix : 50 DH

Installé depuis 1997 dans un ancien palais édifié au XIXe siècle par Mnebhi, vizir du sultan Moulay Hassan, le musée présente des œuvres d’art d’hier et d’aujourd’hui. La visite du bâtiment en elle-même est intéressante car elle montre de somptueux décors de style arabo-andalou.

> Heritage Museum – Musée du Patrimoine

25 Znikat Rahba, Marrakech, Medina / Ouvert tlj : 10.00-18.00 / Prix : 30 DH

Situé dans un ancien riad arabo-andalou du XVIIe siècle, à deux pas de la place des épices, le Musée du Patrimoine propose une collection privée d’antiquités, d’artisanat, de bijoux marocains.

> Dar Si Saïd – Musée des arts marocains

Derb el Bahia, Riad Zitoun Jdid, Marrakech Medina / Ouvert me>lu : 09.00-12.15 et 15.00-18.15 / Prix : 20 DH

 Ce grand riad date de la fin du XIXe siècle et accueille un musée des arts marocains : coffres sculptés, fusils berbères. Il plonge le visiteur dans l’histoire de l’artisanat traditionnel du Maroc, du Haut Atlas au sud du pays.

 > Musée Tiskiwin ou Bert Flint

8 derb el Bahia, Riad Zitoun Jdid, Marrakech Medina / Ouvert tlj : 09.00-12.30 et 14.30-18.00 / Prix : 20 DH

Situé dans une ancienne demeure du début du XXe de type hispano-mauresque, le Musée Tisiwin réunit la collection du Hollandais Bert Flint. Professeur d’histoire de l’art et voyageur fasciné par le Maroc, il s’est passionné pour les arts populaires et a rassemblé des instruments de musique, des costumes, des bijoux, des meubles, des tapis, des vieux ustensiles et de l’artisanat berbère, provenant principalement de la vallée du Souss et de la région saharienne.

> Maison de la photographie

46, Rue Souk Ahal Fassi, kaat Ben Nahid, Marrakech Medina / Ouvert tlj : 09.30-19.00 / Prix : 40 DH

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Installée depuis 2009 dans un ancien foundouk, la Maison de la Photographie a pour objectif de montrer l’extraordinaire diversité du Maroc, telle que vue par ceux qui le visitent depuis les débuts de la photographie jusqu’à la période moderne : 1879-1960. La collection comprend des photographies, plaques de verre, cartes postales, journaux, cartes, documentaires.

> Musée Boucharouite

107 Derb al Cadi, Azbezt, Marrakech Medina / Ouvert lu > sa : 09.30-18.00 / Prix : 40 DH

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Musée des arts populaires marocains hébergé dans une ancienne maison d’hôtes de type riad décorée dans le style art déco. L’essentiel de la collection se compose de tapis « boucharouite » et « zindekh » réalisés par les femmes berbères, le plus souvent très modestes, à partir de tissus déchirés provenant de textiles de récupération.

> Musée Mouassine

4-5, Derb El Hammam, Rue Mouassine, Marrakech Medina / Ouvert tlj : 09.30-19.00 / Prix : 30 DH (réduction sur présentation du billet Maison de la Photographie)

Au cœur du quartier saadien de la médina se trouve le musée de Mouassine. La maison et sa douiria, appartement de réception, ont été entièrement rénovés de 2012 à 2014 selon des techniques traditionnelles, un savoir-faire ancien et avec des matériaux traditionnels pour aboutir à une véritable symphonie de couleurs.

Un cycle annuel d’expositions est organisé ainsi que ces concerts chaque vendredi dans ce cadre exceptionnel.

> Musée des bijoux Nawahi

37 Derb Ouayhah, Quartier Sidi Abdelaziz, Marrakech Medina  / Ouvert lu > sa : 09.00-19.00 / Prix : 40 DH

Le musée des bijoux nawahi permet de découvrir des bijoux d’or et d’argent, des parures de mariées de différentes régions du Maghreb. Par une scénographie soignée et contemporaine, chaque salle met en valeur une région d’Afrique du Nord en bordure du Sahara.

La boutique-atelier permet de réaliser soi-même des bijoux d’inspiration berbère à partir de perles en terre cuite.

> Fondation Dar Bellarj

9, Rue Taoualat Zaouiat Lahdar, Marrakech Medina  / Ouvert lu > sa : 09.30-17.30 / Prix : gratuit

La Fondation Dar Bellarj pour la culture au Maroc a pour objectif essentiel de promouvoir la culture vivante. Elle a ouvert ses portes en 1999 au cœur de la médina de Marrakech. A l’emplacement de cette maison se trouvait un ancien fondouk abritant un hôpital pour oiseaux où un sage homme prodiguait les bons soins aux cigognes. Aujourd’hui, la Fondation sert de lieu d’exposition, propose des concerts, des ateliers, des séances de contes, des conférences…

DANS LA MÉDINA : Les jardins

> Le Jardin secret – Musée en plein air

Rue Mouassine 121, Marrakeche Medina / Ouvert tlj : 10.30 – 17.30/18.30/19.30/20.00 (selon saison) / Prix : 50 DH / Tour : 30 DH

L’origine du Jardin secret remonte à l’époque saadienne mais il a été reconstruit au milieu du XIXe siècle par un influent caïd de l’Atlas et a été la demeure de plusieurs personnalités politiques de Marrakech. Ses jardins et ses édifices font partie de la tradition des palais arabo-andalous. Les espaces verts du Jardin Secret sont aujourd’hui répartis en jardin exotique, abritant des plantes provenant de différentes parties du monde, et en jardin islamique étroitement lié aux structures du riad.

DANS LE GUÉLIZ : Les musées

 > Le musée berbère du Jardin Majorelle

Rue Yves Saint-Laurent, Marrakech / Ouvert tlj : 08.00-17.30/18.00 – Prix : 25 DH

C’est dans l’ancien atelier de Jacques Majorelle de style art déco et conçu par l’architecte Paul Sinoir qu’a été inauguré le Musée Berbère en 2011. Il présente un panorama de la créativité de ce peuple le plus ancien de l’Afrique du Nord.

> Le Musée Yves Saint-Laurent

Rue Yves Saint-Laurent (derrière le Jardin Majorelle) / Ouverture prévue à l’automne 2017.

L’ouverture du musée Yves Saint Laurent à Marrakech, ville qu’il a découverte dès 1966 et où il séjourna régulièrement, coïncidera avec celle d’un musée YSL à Paris. L’importance du Maroc dans son œuvre fut telle qu’il était naturel d’y construire un musée à partir des collections de la Fondation. Il sera situé Rue Yves Saint-Laurent à proximité du Jardin Majorelle qu’il a, avec Pierre Bergé, sauvé d’une disparition certaine en 1980. Ce nouveau bâtiment, d’une surface totale de 4 000 m2, sera plus qu’un simple musée : il comprendra un espace d’exposition permanente présentant l’œuvre d’Yves Saint Laurent, une salle d’exposition temporaire, un auditorium, une bibliothèque de recherche et un café-restaurant.

> Le MACMA (Musée d’Art et de Culture de Marrakech)

61, rue Yougoslavie, Passage Ghandouri, Guéliz / Ouvert lu > sa : 10.00-19.00 – Prix : 80 DH

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Dans cet espace moderne et lumineux sont conçues, deux fois par an, une exposition avec un caractère narratif (Orientalisme, Art naïf au Maroc…). De plus, le musée possède sa propre collection  alimentée, pour le montage des expositions, par des œuvres de collectionneurs, d’amateurs et de fondations.

DANS LE GUÉLIZ : Les jardins

> Cyber Parc (Arset Moulay Abdeslam)

Avenue Mohamed V (en face du Centre artisanal) / Ouvert tlj : 07.00 – 18.00 / Gratuit

Créé au XVIIIe siècle, ce parc fut agrandi en 1920 puis remarquablement aménagé et modernisé en 2005 grâce à un sponsor de Maroc Telecom. Dans un endroit calme et reposant, il est possible de se connecter au réseau internet grâce à des bornes discrètement aménagées.

> Le Jardin des Arts

Sculpture de Karim Alaoui

Avenue Mohamed V / Ouvert tlj / Gratuit

Ouvert en novembre 2016, dans le cadre COP 22, le Jardin des Arts de Marrakech est le fruit d’une collaboration entre l’artiste et écrivain Mahi Binebine et l’agence BDA. Ce petit espace vert urbain se trouve non loin du rond-point Berdaïne, sur l’avenue Mohamed V, entre Guéliz et médina.  Treize œuvres sculpturales ayant pour thématique l’Afrique et le climat ont été réalisée par une dizaine d’artistes de renom dont : Hassan Hajjaj, Yasmina Alaoui, Florence Arnold, Hicham Benohoud, Jean-François Fourtout, Marco Guerra et Mohamed Mourabiti.

Le Jardin Majorelle

Rue Yves Saint-Laurent, Marrakech / Ouvert tlj : 08.00/09.00-17.30/18.00 / Prix : 50 DH

Dessiné par le peintre Jacques Majorelle (1886-1962), installé à Marrakech depuis 1919, le jardin est ouvert au public depuis 1947. En 1924, l’artiste fait construire une villa à l’extérieur des murs de la ville ocre puis y ajoute en 1931 un atelier de style art déco conçu par l’architecte Henri Sinoir qu’il fait peindre entièrement en bleu outremer. Botaniste amateur, Majorelle collectionne les plantes du monde entier qu’il dispose avec harmonie dans son jardin, entre fontaines et tonnelles. Laissé à l’abandon à sa mort en 1962, le jardin est racheté en 1980 par Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé.

> Le Jardin el Harti

Avenue du Président Kennedy, Guéliz / Gratuit

 La création de ce jardin urbain remonte à la fin des années 30. Il recèle une quantité d’arbres et d’arbustes remarquables dont certains sont presque centenaires : palmiers, oliviers, bigaradiers, ficus, caroubiers, etc. La plupart des aménagements présents de nos jours y étaient dès la création : le kiosque à musique, les jets d’eau, les pergolas et les bancs n’ont pas bougé, seules quelques rénovations leur ont été apportées. Un poumon vert au cœur de Guéliz.

DANS LA PALMERAIE : Les musées-jardins

 > Le musée de la Palmeraie – Art Contemporain et nature

Dar Tounsi , Route de Fès / Ouvert : tlj 09.00-18.00 / Prix : 40 DH

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Ces anciens bâtiments agricoles en pisé, au coeur d’un écrin de jardins, abritent une collection permanente consacrée à l’art contemporain au Maroc. En fin de visite du musée, un jardin andalou avec sa collection de rosiers, d’orangers et d’oliviers, un jardin d’eau, un jardin sec, permettent de se ressourcer à l’écart de la ville.

> Musée Mathaf Farid Belkahia

Dar Tounsi , Route de Fès / Ouvert : tlj : 10.00-19.00 / Prix : 50 DH

Inauguré en avril 2016 à l’initiative de Rajae Benchemsi, l’épouse de l’artiste, le musée Farid Belkahia propose de maintenir le rayonnement des œuvres de Belkahia en maximisant leur visibilité et en encourageant la recherche sur leurs diverses influences et périodes marquantes. Ainsi, le musée s’articule autour des principales périodes de l’artiste : expressionnistes, cuivres, peaux et dessins. Le musée est situé au cœur de la palmeraie, au sein même de l’ancien atelier de l’artiste.

ENVIRONS DE MARRAKECH : Les musées

> Museum of African contemporary Art Al Maaden (MACAAL)

Al Maaden, Sidi Youssef Ben Ali – 40000 Marrakech / Ouvert ma > di : 10.00-19.00 – Prix : 40 DH

Le MACAAL a pour but de valoriser la création artistique africaine contemporaine. Depuis son ouverture, à l’occasion de la COP22, une exposition fut conacrée u

Parc de sculptures Al Maaden

Al Maaden, Sidi Yousef ben Ali – 40000 Marrakech

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 Inauguré en septembre 2013, le parc de sculptures Al Maaden intègre des sculptures monumentales dans un parcours de golf au pied de l’Atlas. Œuvres d’artistes marocains et internationaux de dimensions prodigieuses, elles ont été créées exclusivement et en résonance avec le site d’Al Maaden à Marrakech. Du Canada à la Chine en passant par l’Inde, l’Égypte et l’Argentine, les artistes ont pris possession du lieu, rivalisant dans la prouesse technique pour créer des sculptures, dont certaines atteignent 8 mètres de haut ou 12 mètres de long.

> Centre culturel Atlas Golf Marrakech : Musée Fossiles & Minéraux & Astronomie

Km 1 route d’Amizmiz / Ouvert tlj 10.00 – 18.00

Dédié à la diversité minéralogique du Maroc, le Musée Minéraux et Fossiles propose une collection de fossiles (dont un spécimen de plésiosaure, reptile marin vivant il y a 160 millions d’années) et une riche collection de minéraux et météorites.

 > Musée Mohamed VI de la civilisation de l’eau au Maroc

Route de Casabalanca / Ouverture début mai 2017

 Le Musée Mohammed VI de la civilisation de l’eau au Maroc a été inauguré le 5 janvier à Marrakech. Réalisé par le ministère des Habous et des Affaires islamiques il ambitionne de « faire découvrir le génie marocain dans la gestion de l’eau et faire connaître le rôle historique des Habous ‘Fondations Pieuses’ dans la régie de l’eau ». Le musée comprend des galeries d’expositions permanentes étalées sur trois niveaux, un espace pour les expositions temporaires, un pavillon éducatif comprenant des salles de formation et d’informatique, ainsi qu’un pavillon administratif, des espaces verts et plusieurs annexes.

L’Ecomusée berbère de la vallée de l’Ourika

Village de Tafza, km 37 / Ouvert tlj : 9.00-19.00 / Prix : 20 Dh

Lors d’une excursion dans la vallée de l’Ourika, faites une petite visite à l’écomusée berbère. Dans une kasbah de village restaurée du village de Tafza sont exposés et expliqués les objets du quotidien des Berbères ainsi que ceux qui constituent le monde de la femme berbère : tissage, poterie, bijoux…

 

ENVIRONS DE MARRAKECH : Les jardins

> Jardins de l’Agdal

Ouvert vendredi et dimanche : 07.30-18.00 / Gratuit

Créés au XIIe siècle, sous le règne d’Abd El Moumen, sultan de la dynastie des Almohades, les jardins de l’Agdal, d’inspiration andalouse, sont probablement les plus anciens de Marrakech. Situés au sud de Dar el Makhzen, les jardins sont à eux seuls d’immenses vergers clos où se rencontrent oliviers, orangers, grenadiers, abricotiers, rosiers…

> La Ménara

Avenue de la Ménara (Route de l’aéroport) – 40000 Marrakech / Ouvert tlj : 8.00-17.00 / Gratuit (visite du pavillon : 10 DH)

Aménagé tout au bout de l’avenue de la Ménara, le site s’étend sur près de 90 hectares. Un bassin de grande dimension a été creusé en son centre, vraisemblablement au XIIe siècle, à l’époque des Almohades. Il aurait servi à stocker les eaux de pluies arrivant des montagnes de l’Atlas environnantes par le biais des khettaras. Plus tard, les jardins de la Ménara se sont enrichis d’un pavillon édifié à fleur d’eau, sous le règne des Saadiens.

 > Anima

Route d’Ourika km 27 / Ouvert : tlj : 9.00-17.00/18.00 (selon saison) – Prix : 120 DH – navette gratuite

Créé par un artiste autrichien, André Heller, le jardin fantaisiste Anima se situe à 25 kilomètres de Marrakech, sur la route d’Ourika. Mise en scène botanique où art et nature se côtoient, Anima se veut un lieu de rencontres et de culture : un jardin, un café et 3 salles d’exposition.

Toutes les photos dans cet article sont de I. et R. Six, sauf mention particulière

I. Six

> Le Festival du Livre de Marrakech

5 avril 2017

Mis en place en 2016, le Festival du Livre de Marrakech vient compléter l’activité culturelle débordante dont la ville ocre bénéficie ces dernières années.

Séance dédicace pour l’écrivain et artiste Mahi Binebine (photo I. six)

Initiée par l’Association Le Kitab bleu, la première édition  de cet événement livresque – qui s’est tenue les 24 et 25 octobre 2016 – mettait à l’honneur les auteurs marocains d’expression française. Le festival était parrainé par le célèbre journaliste, animateur de télévision et écrivain français Patrick Poivre d’Arvor et la chanteuse, poétesse et romancière marocaine Sapho. Près d’une trentaine de romanciers, poètes, essayistes et nouvellistes de différentes générations ont participé à cette grande manifestation culturelle placée sous la présidence d’honneur de Pierre Bergé, écrivain, mécène et président de la Fondation «Jardin Majorelle».

Cet événement a vu le jour grâce à Joschi Guitton et Stéphane Guillot, fondateurs du Salon du livre de l’ile de Ré (Sud-Ouest de la France) et Emmanuelle Sarrazin, éditrice française installée à Marrakech.

On se souvient, notemment, du bel échange entre Pierre Bergé et l’écrivain marocain Abdellah Taïa

Abdellah Taïa en séance de dédicace (photo I. Six)

Pierre Bergé et Abdellah Taïa présenté par Joschi Guitton (photo I. Six)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les 22 et 23 avril 2017, l’événement très attendu propose un beau programme et des invités de qualité, dont la liste est reprise en détail sur le programme. Nous y serons et vous ferons partager nos coups de coeur.

L’affiche de la 2ème édition du Festival du Livre de Marrakech – les 22 et 23 avril 2017

 

Isabelle S.

> Le Musée du Parfum de Marrakech

28 mars 2017

Un art de vivre au Maroc

Un parfum est un concentré d’émotion, de rêves, d’amour et de partage – Abderrazzak Benchaâbane

Le parfum est un art de vivre au Maroc. Il accompagne toutes les étapes et tous les rites du passage de la vie des Marocains. Et c’est en toute logique que le nouveau musée consacré à l’art du parfum, de l’aromathérapie et du bien-être a ouvert ses portes à Marrakech dans ce qui n’était autre que le Musée de l’Art de vivre ! Sis à deux pas de la fontaine Chrob ou Chouf et de la Bab Taghzout, le musée occupe un ancien riad du XIXème siècle. Son fondateur, Abderrazzak Benchaâbane figure incontournable à Marrakech (ethno-botaniste, il est professeur à l’Université Cadi Ayyad et a œuvré à la restauration du jardin Majorelle), est lui-même créateur de parfums et son « Soir de Marrakech » figure dans l’osmothèque de Versailles, premier conservatoire de parfums de l’histoire.

Le parfum reste la forme la plus tenace du souvenir – Marcel Proust

Toute personne à la découverte du Maroc, et de Marrakech en particulier, ne reste pas indifférente aux multiples senteurs qui émanent de sa médina, de ses souks, de ses jardins. Ces odeurs s’impriment irrémédiablement dans le souvenir qu’elle ramène de son voyage. Les épices et les herbes aromatique exposées sur les étals des herboristes, les effluves des fleurs d’oranger à l’aube du printemps, l’encens qui émane des mosquées, l’odeur du pain qui sort du four collectif du quartier, ou encore le fumet du bois brûlé lorsque l’on passe devant la porte ouverte du « ferrân », toutes ces senteurs participent à l’image olfactive de Marrakech.

Le patio du Musée du Parfum – photo I. Six

Aux origines du parfum

Si le mot parfum vient du latin per fumum (par la fumée), c’est que, bien avant la mise en œuvre des techniques de parfumerie modernes, les premiers parfums sont obtenus par fumigation, en brûlant du bois, des résines ou des mélanges plus complexes. L’homme a toujours été exposé à des odeurs et c’est probablement autour du feu, en y jetant des herbes, des feuilles, des branches de telle ou telle espèce végétale, qu’il découvre sa capacité à générer de nouveaux parfums.

Tombe de Nébamon, vers 1350 A.C., British Museum

L’usage du parfum, contemporain de la création des premières villes, est alors essentiellement à but religieux, pour communiquer avec les dieux ou permettre aux morts de rejoindre le monde de l’au-delà. Et c’est dans l’Antiquité qu’il prend naissance, lorsque Égyptiens et Grecs brûlent des essences aromatiques (baumes, plantes et résines) en l’honneur des divinités. Certains de ces onguents sont également appliqués par les prêtres sur les statues sacrées. Les offrandes et les respirations de parfums illustrent la volonté des hommes de se rapprocher de l’univers divin, mais aussi d’améliorer le cadre de vie domestique en vivant comme les dieux dans une ambiance parfumée. Le parfum entre dans la sphère spirituelle lorsque l’embaumement des morts est pratiqué à l’occasion des rites funéraires. Cette pratique post mortem nécessite des quantités importantes de myrrhe, de divers onguents et d’huiles parfumées. Du sacré le parfum passe au profane et s’initie progressivement à la beauté et à la séduction grâce à Cléopâtre qui l’utilise en onguents ou en bains parfumés. Avant l’apparition du principe de la distillation, au début de notre ère, les principes actifs étaient extraits par des matières grasses. Le baume se plaçait au sommet de la tête et s’écoulait sur les cheveux, comme en atteste la lecture de peintures murales dans les tombes égyptiennes.

La Bible, dans plusieurs passages de l’Exode, parle également du parfum et le situe clairement dans la sphère du sacré :

30. « Tu verseras de l’huile sur Aaron et ses fils, et tu les consacreras ainsi pour qu’ils soient à mon service en tant que prêtres. »

33. « Toute personne qui fera un mélange semblable ou mettra de cette huile sur une personne étrangère à la fonction de prêtre sera exclue de son peuple.»

L’arbre à encens du Musée du Parfum – photo I. Six

Grâce à la domestication du dromadaire et au développement du commerce des matières premières venues d’Orient, l’art de la parfumerie s’enrichit. Ainsi, l’arbre à encens du Musée du Parfum fait voyager le visiteur de l’Arabie heureuse aux confins de la Somalie. A l’origine, le véritable encens provenait du Boswelia sacra (Arbre à encens) dont on incisait le tronc pour faire couler la sève laiteuse qui se coagulait au contact de l’air. Par extension, l’encens à brûler est une résine produite par plusieurs espèces végétales à encens comme la myrrhe, le benjoin, le bois d’Aloès….

 

Sept salles pour sept thématiques

Réparties sur deux étages, les sept salles du Musée du Parfum sont chacune dédiées à un thème bien précis :

Le bar à parfum

La pyramide olfactive – http://www.ojade.ch

L’originalité du musée réside en grande partie dans ce salon-atelier. Des soliflores préparés à partir de fragrances naturelles du Maroc et d’Orient permettent de construire une pyramide olfactive. Les notes de tête, volatiles et senties en premier lieu lors de la découverte du parfum, sont fraîches, toniques et aromatiques. Ce sont par exemple les notes d’agrumes (hespéridés). Lorsque les notes de tête s’atténuent, se révèlent alors les notes de cœur. Plus affirmées et fleuries, elles peuvent durer quelques heures et véhiculent l’identité et la puissance d’un parfum (jasmin, fleur d’oranger, violette, rose…). Enfin, les notes de fond, à l’odeur persistante, sont peu volatiles et servent de fixateur aux notes de tête et de cœur. Ses composants olfactifs très lourds (patchouli, santal…) permettent au parfum de durer plus longtemps. Ce principe établi, le visiteur peut commencer à créer son parfum personnalisé, sous l’égide et les conseils d’un animateur.

Soliflores du bar à parfums – photo I. Six

 La salle du hammam

Plus qu’un art de vivre, le hammam au Maroc est un véritable phénomène social. Alors que dans les maisons qui ne disposent pas encore d’adjonction d’eau, le hammam reste le seul endroit où se laver, l’arrivée de l’eau courante dans les villes n’a pas fait disparaître cette habitude. Il s’adresse à toutes les catégories de la société. Les femmes s’enduisent les cheveux de ghassoul (mélange d’argile, de roses séchées, d’herbes, de lavande) et de henné. Les différents accessoires du bain sont présentés dans cette salle : savon noir, khessa (gant de gommage), pierre ponce en terre cuite, diverses coupelles pour les ablutions…

La salle des aromates et simples du Maroc

Cette salle s’ouvre sur un comptoir d’herboriste, avec sa balance de précision et ses multiples bocaux en faïence. Les simples ou « bonnes herbes », sont des plantes vivaces faciles en culture telles que la menthe, la mélisse, le thym, le romarin, la sauge, l’ortie… qui entre dans la pharmacopée marocaine mais aussi dans l’art culinaire ou dans la parfumerie.

Les aromates et herbes simples du Maroc – photo I. Six

Argan, huile de providence

La fabrication de l’huile d’argan – photo I. Six

Depuis toujours les femmes berbères ont utilisé l’huile d’argan comme cosmétique pour assouplir la peau et nourrir les cheveux. Ses vertus seraient dues à une exceptionnelle teneur en acides gras essentiels et en vitamine E. Arbre rustique et épineux, l’arganier vit en marge des déserts, en forêts clairsemées. Il semble qu’il soit endémique du Sud-Ouest marocain et qu’il pousse que dans une région très limitée qui irait d’Essaouira sur la côte atlantique, à Taroudant à l’est et jusqu’à Guelmim au sud. C’est du noyau concassé que l’on extrait des graines appelées amandons qui produiront le précieux nectar.

Parfum du Maroc, un art de vivre

Dans cette salle sombre, à l’ambiance feutrée et séparée par un épais rideau, sont présentés les sept parfums emblématiques du Maroc.

La fleur d’oranger, fleur de la virginité, donne naissance après distillation à une essence recherchée, le néroli. Cette huile est produite plus précisément à partir de la fleur du bigaradier ou oranger amer (Citrus aurantium var. amara), et l’eau obtenue lors de ce traitement n’est autre que la fameuse eau de fleur d’oranger.

Le jasmin dont le nom viendrait du persan « Yasmeen », est attesté en Méditerranée orientale dès l’Antiquité. Parmi plus de 200 espèces, le Jasminum grandiflorum, reste l’une des senteurs les plus utilisées en parfumerie. Sa fleur a un parfum unique, doux, floral, fruité et intense.

Fleurs de rose dans la salle de l’alambic – photo I. Six

La culture de la rose au Maroc est localisée dans la vallée du Dadès, à flanc de montagne. Elle couvre actuellement 1.000 ha qui se présentent sous forme de haies autour des parcelles agricoles. La Rosa Damascena, qui résiste au froid et à la sécheresse, aurait été introduite par des pèlerins de retour de la Mecque au X° siècle. Cultivée pour la consommation locale sous forme d’eau de rose mais également pour l’exportation et l’industrie du parfum, on en récolte trois à quatre mille tonnes par an, au cours d’une semaine qui se clôture par le moussem des Roses au mois de mai.

Deux variétés de menthe sont principalement utilisées en parfumerie : la menthe poivrée (mentha piperata), qui contient beaucoup de menthol et a une odeur aromatique très fraîche, montante, et la menthe verte (Mentha spicata) qui a une odeur plus végétale, herbale. Elles sont employées dans l’élaboration des fragrances fraîches et les senteurs masculines.

Le cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica) se rencontre au Maroc en forêt denses sur les montagnes humides (Rif, Moyen Atlas et Haut Atlas oriental). C’est de l’écorce de bois réduit en copeaux que se distille l’huile essentielle du cèdre.

Le safran, l’or rouge, provient exclusivement de la fleur de crocus (Crocus sativus linnaeus). La fleur est récoltée aux premières lueurs du jour, afin que les pétales restent bien clos et protègent les précieux pistils. Puis les trois filaments rouges du safran (du persan za’farân) sont délicatement retirés lors de l’opération d’émondage et mis à sécher dans un environnement aéré. Quant à son utilisation dans la parfumerie, elle reste encore marginale. La matière première utilisée est le safranal, un composé organique, principal constituant responsable de l’arôme.

La verveine odorante (Aloysia citrodora) est communément appelée Verveine citronnelle ou Citronnelle. Les feuilles, récoltées lorsque la plante est en fleur, conservent un parfum de citron tenace. Cette plante connut un grand succès durant l’Angleterre victorienne, pour la création de pots-pourris. Au début du siècle, on la rencontrait en Inde, à la Martinique, à la Réunion et aussi, en Italie où elle se serait naturalisée, en Tunisie et en Algérie. En France, pour les besoins de la parfumerie, de la liquoristerie et de l’herboristerie, la Verveine odorante était cultivée dans les environs de Grasse, de Cannes, d’Antibes, de Nice. Elle est aujourd’hui répandue dans diverses régions tropicales et sub-tropicales (Chine, Kenya, etc.), dans les zones tempérées chaudes de l’Europe et de l’Afrique du nord (Maroc, Espagne, un peu le Midi de la France, etc.), au Kenya, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

 L’alambic, la magie de la distillation

Le procédé de la distillation – photo R. Six

De la cueillette à la conception du jus, la matière première va subir plusieurs traitements, la première étant l’obtention de l’essence de la plante ou du fruit.

L’outil utilisé est l’alambic probablement inventé entre le VIIIème et le Xème siècle. La distillation est applicable seulement aux produits ne se décomposant pas à la chaleur (lavande, citronnelle, géranium), et à la fabrication des eaux de fleurs. Ce procédé est fondé sur le principe de l’évaporation, puis de la condensation des liquides. Il repose sur la capacité de la vapeur d’eau à entraîner les huiles essentielles.

L’alambic de parfumerie moderne est composé de trois parties : le corps de l’alambic, une cuve ovale sur la partie supérieure de laquelle se fixe un chapiteau ou col de cygne, lui-même relié au réfrigérateur, cuve remplie d’eau froide dans laquelle se trouve un serpentin en métal.

Le produit à distiller (fleurs, herbes, feuilles, branches, racines, mousses…) est chargé dans la cuve, sur les plateaux perforés. L’eau du bain-marie, qui représente au minimum cinq fois le poids en eau des végétaux, est portée à ébullition. La vapeur, chargée des principes odorants contenus dans la plante, s’échappe par le col de cygne et passe alors dans le réfrigérateur, où l’essence se condense. Le mélange d’eau et d’huile essentielle ainsi obtenu est alors récupéré dans des essenciers, encore appelés vases florentins, dans lesquels les deux liquides se séparent naturellement par différence de densité. Les huiles essentielles sont recueillies à la surface pour être utilisées en parfumerie, tandis que les eaux parfumées de certaines essences (eau de rose, eau de fleur d’oranger…) sont réservées à d’autres usages.

L’orgue à parfums

Dans son roman « A rebours » paru en 1884, Joris-Karl Huysmans évoque la relation exceptionnelle de son personnage, des Esseintes, avec le parfum. Il imagine dans ce roman l’orgue à parfums, repris ensuite par Boris Vian dans « L’Ecume des jours » (1947) pour son piano à cocktail. Ce meuble, dont les laboratoires se sont appropriés l’idée et qu’ils ont fait fabriquer par les ébénistes, est destiné à ranger en demi-cercle l’essentiel des flacons de matières premières utilisés par le parfumeur. Il trouve ainsi à portée de main, essences de fleurs absolues, essences de plantes aromatiques, résines, baumes et extraits.

L’orgue à parfums – photo I. Six

Un musée pédagogique

Le Musée du Parfum est un concept interactif et offre au visiteur, outre les expositions, la possibilité de créer en une demi-heure son eau de toilette au bar à parfum ou son huile hydratante ou de massage au bar à huiles. Ainsi le visiteur n’est plus un simple découvreur du musée et de ses collections mais un acteur actif qui peut vivre une expérience olfactive unique.

Le musée s’adresse également à un public jeune puisqu’il met en place une programmation pédagogique destiné aux écoles défavorisées ou éloignées de Marrakech. Des orgues à parfum portatifs initieront les enfants à l’art du parfum, susciteront un éveil olfactif et, peut-être, des vocations.

Des événements pluriannuels ponctueront les activités du musée : distillation de la fleur d’oranger, récolte des roses…

Abderrazzak Benchaâbane et son bar à parfum – photo I Six

 Texte : Isabelle Six

Renseignements pratiques

Musée du Parfum de Marrakech

2 derb Cherif (Diour Saboun), 40000 Marrakech

Ouvert de 9.00 à 17.30

http://www.benchaabane.com/lemuseeduparfum/

>Salon du Livre – Paris 2017

24 mars 2017

AL HUFFINGTON POST  Maghreb-Maroc 23 mars 2017

CULTURE – La princesse Lalla Meryem et le président français François Hollande ont inauguré, jeudi en fin d’après midi, le pavillon du Maroc au Salon du Livre de Paris qui met cette année à l’honneur la littérature marocaine.

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La princesse Lalla Meryem et le président François Hollande au Salon du Livre Paris 2017

 

L’EXPRESS – 24/03/2017

A l’occasion du Salon du Livre à Paris, la revue LIRE dresse un panorama de l’histoire littéraire récente du Maroc, invité d’honneur de la manifestation. Entre questionnements identitaires, problèmes structurels et dynamisme éditorial.

Abdellah Taïa, auteur du livre « Le Jour du roi. » A. Annag