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> Patrimoine et culture à Marrakech avec le Riad DAR ZAMPA

25 avril 2017

DANS LA MÉDINA : Le patrimoine architectural

> Zaouia de Sidi Bel Abbès

Cet édifice religieux honore la mémoire de Sidi Bel-Abbès, le saint-patron de la ville. À sa mort, en 1205, un petit sanctuaire est érigé à sa mémoire. Dès le XVIe siècle, une mosquée puis une bibliothèque sont bâties adossées au mausolée. En 1720, Moulay Ismaïl fait construire une coupole au-dessus de la tombe du saint. Le souk Majadliyin (des passementiers) attenant à la zaouia est construit par Mohammed IV. Avec ses boutiques sous arcades, il a été rénové tout récemment mais a malheureusement perdu ses jolies peintures rouges à étoiles blanches.

> Fontaine Chrob ou Chouf

Avec celle de Mouassine, c’est la plus ancienne fontaine de Marrakech, construite sous le règne du sultan saadien Ahmed el Mansour (1587-1603). Si la fontaine en elle-même n’a pas d’attrait particulier, c’est son auvent en cèdre sculpté et à linteau portant des motifs floraux autour d’inscriptions calligraphiques qui suscite tout l’intérêt. Son nom signifie « Bois et regarde »…

 

 

 

> Qobba Ba’Adiyn ou almoravide

Kaat Benahid, Marrakech Medina (en face de la Mosquée Ben Youssef) / Actuellement fermée au public

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Dernier vestige de la dynastie almoravide, la qobba (coupole) Ba’Adiyn fut ensevelie par des siècles d’alluvions et redécouverte au milieu du XXe siècle. Aujourd’hui, son niveau permet de situer exactement celui de Marrakech au temps de sa fondation. Il s’agirait d’un bassin d’ablutions d’une ancienne mosquée détruite par les Almohades. Le bâtiment est entièrement restauré et surmonté d’une coupole dont l’intérieur est orné de motifs floraux sculptés avec finesse.

> Medersa Ben Youssef

Kaat Benahid, Marrakech Medina / Ouvert tlj (sauf fêtes religieuses) : 08.00-17.00 / Prix : 20 DH

Fermé pour restauration jusqu’en 2020 (?) voir  notre article

Fondée au milieu du XIVe siècle par le sultan mérinide Abou el-Hassan, cette école coranique sera reconstruite en 1565 par Moulay Abdellah, de la dynastie saadienne. C’est alors qu’elle deviendra un des plus importants centres de théologie islamique du Maghreb. Joyau de l’art arabo-andalou, elle accueillait plus de 900 étudiants avec quelque 130 chambres spartiates ouvertes sur l’atrium central ou sur une des sept cours de la médersa.

> Mosquée et minaret de la Koutoubia

Entrée interdite aux non-musulmans

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Monument religieux le plus emblématique de Marrakech, la mosquée de la Koutoubia et son minaret de 77 mètres de haut, ont été édifiés au XIIe siècle sous le règne des Almoravides. Achevée en 1157, une mauvaise orientation géographique par rapport à la Mecque aurait obligé le sultan Abd el-Moumen à en commander une autre qui sera bâtie entre 1158 et 1162. De la première version, il reste un alignement de base de colonnes.  Le minaret sera terminé en 1190 sous le règne de son petit-fils, Yacoub el-Mansour, et servira de modèle à la grande mosquée de Séville dont il ne reste plus que la Giralda. Comme toutes les mosquées du Maroc, la Koutoubia ne peut être visitée par les non-musulmans, mais on peut se promener dans le très beau Parc Lalla Hasna qui l’entoure.

> Place Jemaâ el Fna

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Si la place en elle-même ne présente pas grand intérêt d’un point de vue architectural, cette vaste esplanade de plus d’un hectare est un véritable théâtre de plein air dont l’activité croît à mesure que le soir approche. Marchands de jus d’orange, charmeurs de serpents, conteurs, acrobates, herboristes, tatoueuses de henné, porteurs d’eau, ses acteurs font de la place un chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité.

> Mosquée et fontaine Mouassine

Entrée de la mosquée interdite aux non-musulmans

Carte postale ancienne

La Mosquée et son minaret trapu font partie d’un ensemble comprenant une fontaine, des latrines et une ancienne médersa. La fontaine, protégée par une grille, est surmontée d’un auvent en bois de cèdre sculpté. Un des bassins était réservé aux hommes, un autre aux animaux et un troisième servait de réservoir. Quant aux toilettes situées sur la droite du bâtiment, elles datent du XVIe et se répartissent dans un espace rectangulaire avec des cellules sur quatre côtés et un bassin au centre recouvert d’une charpente à caisson en bois à toit pyramidal. La mosquée est actuellement en rénovation.

 > Dar Cherifa – Café littéraire

8, derb Chorfa Lakbir, Mouassine, Marrakech Medina / Ouvert tlj : 09.00-23.00 / Gratuit (sauf consommations et repas)

Une des plus anciennes maisons de Marrakech construite fin du XVe-début XVIe siècle, Dar Cherifa fut longtemps laissée à l’abandon avant d’être restaurée dans le plus strict respect de la tradition architecturale grâce à des artisans connaissant les techniques ancestrales. Cette belle maison magnifiée par la décoration saadienne est devenue un centre culturel et un café littéraire où l’on peut se restaurer à tout moment pour profiter du calme de son patio ou de sa terrasse.

> Palais El-Badi

Place des Ferblantiers Qzadria, Marrakech Medina / Ouvert tlj : 08.00-17.00 / Prix : 10 DH (+ 10 DH pour voir le minbar de la Koutoubia)

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Ce vaste ensemble, dont il ne reste aujourd’hui que des ruines, fut construit à la fin du XVIe siècle par Ahmed Al-Mansour, dit Ed-­Dahbi (Le Doré), le plus glorieux des sultans saadiens. Lorsque son magnifique palais fut achevé, au bout de plus de 20 années de construction, son plaisir fut gâché par la réflexion de son bouffon qui lui prédit « Quand il sera démoli, il n’en restera qu’un gros tas de terre ! » Et c’est ce qui arriva 5 siècles plus tard lorsque le sultan alaouite, Moulay Ismaïl fit de Meknès sa capitale et déconstruisit un grande partie des palais de ses prédécesseurs. Du Palais El-Badi, il ne reste que des murs en pisé et des jardins mais cet immense espace vide laisse une forte impression de puissance et de grandeur.

> Palais Bahia

Rue Riad Zitoune El Jdid – Marrakech Medina / Ouvert tlj : 08.00-17.00 / Prix : 10 DH

Le palais Bahia est un brillant exemple de l’art marocain du XIXe siècle. Succession de cours, de salons et de jardins, l’édifice se présente comme un rassemblement de plusieurs maisons pour ne former qu’un seul palais. C’est ce qui donne cette impression de dédale désordonné. Construit à la demande du grand vizir Ahmed Ben Moussa, ministre du souverain alaouite Moulay Hasan, puis de son héritier Moulay Abdelaziz, le palais devint la demeure du maréchal Lyautey qui y séjourna quelques temps à l’époque du protectorat français, à partir de 1912.

> Bab Agnaou

Construite au XIIe siècle sous la dynastie almohade, cette porte de la kasbah déploie un magnifique décor sculpté en grès du mont Guéliz. Elle est faite de 4 arcs superposés, tous différents, surmontés d’écoinçons décorés de motifs floraux. Une frise épigraphique en caractère coufique surmonte l’ensemble. Sans réelle fonction défensive, la porte s’ouvre sur le quartier de la kasbah et une belle place joliment aménagée.

> Mosquée El Mansour ou de la Kasbah

Rue de la Kasbah – Marrakech Medina / Entrée interdite aux non-musulmans

Récemment restaurée et mise en valeur par le dégagement des espaces qui l’entourent, la Mosquée El Mansour, mosquée de la Kasbah ou encore mosquée aux Pommes d’Or, a été construite à la fin du XIIe siècle, sous le règne de Yacoub el-Mansour, alors que s’achevaient les travaux de la Koutoubia. Les murs du minaret sont lisses jusqu’à hauteur des toits de la mosquée puis finement décorés jusqu’à son lanterneau de losanges sculptés et entrelacés et d’une frise de faïence. Les fameuses pommes d’or correspondraient peut-être aux boules de cuivre doré au sommet de la flèche qui coiffe le minaret…

> Tombeaux saadiens

Carte postale ancienne

Rue de la Kasbah – Marrakech Medina / Ouvert tlj : 09.00-18.00 / Prix : 10 DH

Découverts seulement en 1917, ces vestiges de l’époque saadienne furent épargnés par le sultan alaouite Moulay Ismaïl, grand bâtisseur à Meknès mais aussi grand démolisseur des œuvres de ses prédécesseurs. Cependant, il enferma le sanctuaire derrière un mur épais où les mausolées et le jardin témoignent de la magnificence et du goût pour les arts de la dynastie qui régna sur le Maroc entre le XVIe et le XVIIe siècle.

DANS LA MÉDINA : Les musées

> Musée du Parfum

2, Derb Chérif, Diour Saboun, Marrakech Medina / Ouvert tlj : 09.00-17.00 (hiver) 18.00 (été) / Prix : 40 DH (l’atelier : 400 DH)

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Le musée du parfum axé sur l’art du parfum, de l’aromathérapie, les soins du corps et le bien-être offre à ses visiteurs la possibilité de vivre une expérience olfactive unique en son genre. Le parfum est un art de vivre au Maroc. En effet, il accompagne toutes les étapes et les rites de passage de la vie des Marocains. Le musée de parfum est un concept interactif. Il offre au visiteur outre les expositions, des activités ludiques et des ateliers. Ainsi le visiteur n’est plus un simple découvreur du musée et de ses collections mais un acteur actif qui peut s’il le désire participer à la vie du musée.

> Maison Denise Masson

3, derb Zemzane, Bab Doukala, Marrakech Medina / Ouvert ma>sa : 10.00-12.00 et 15.00-18.30 / Gratuit

Situé dans le quartier de Bab Doukkala, cet authentique riad était la propriété de Denise Masson, célèbre pour son travail de traduction du Coran en français. Le petit salon abrite l’harmonium de la dame de Marrakech, son bureau renferme encore sa prestigieuse bibliothèque. L’Institut français de Marrakech, qui en a la gestion, organise régulièrement des expositions, des rencontres littéraires, des conférences, ainsi que des concerts dans le magnifique jardin ombragé.

> Musée de Marrakech – Fondation Omar Benjelloun

Place Ben Youssef, Marrakech Medina / Ouvert tlj sauf lundi : 09.00-18.00 / Prix : 50 DH

Installé depuis 1997 dans un ancien palais édifié au XIXe siècle par Mnebhi, vizir du sultan Moulay Hassan, le musée présente des œuvres d’art d’hier et d’aujourd’hui. La visite du bâtiment en elle-même est intéressante car elle montre de somptueux décors de style arabo-andalou.

> Heritage Museum – Musée du Patrimoine

25 Znikat Rahba, Marrakech, Medina / Ouvert tlj : 10.00-18.00 / Prix : 30 DH

Situé dans un ancien riad arabo-andalou du XVIIe siècle, à deux pas de la Place des Épices, le Musée du Patrimoine est un projet familial fondé par le couple Abdellatif Alouani Bibi et Hind Sarmi, passionnés par l’héritage national de leur pays. Le Musée du Patrimoine expose sur deux étages une collection unique d’artisanat berbère, arabe et juif marocain.

> Dar Si Saïd – Musée des arts marocains

Derb el Bahia, Riad Zitoun Jdid, Marrakech Medina / Ouvert me>lu : 09.00-12.15 et 15.00-18.15 / Prix : 20 DH

 Ce grand riad date de la fin du XIXe siècle et accueille un musée des arts marocains : coffres sculptés, fusils berbères. Il plonge le visiteur dans l’histoire de l’artisanat traditionnel du Maroc, du Haut Atlas au sud du pays.

 > Musée Tiskiwin ou Bert Flint

8 derb el Bahia, Riad Zitoun Jdid, Marrakech Medina / Ouvert tlj : 09.00-12.30 et 14.30-18.00 / Prix : 20 DH

Situé dans une ancienne demeure du début du XXe de type hispano-mauresque, le Musée Tisiwin réunit la collection du Hollandais Bert Flint. Professeur d’histoire de l’art et voyageur fasciné par le Maroc, il s’est passionné pour les arts populaires et a rassemblé des instruments de musique, des costumes, des bijoux, des meubles, des tapis, des vieux ustensiles et de l’artisanat berbère, provenant principalement de la vallée du Souss et de la région saharienne.

> Maison de la photographie

46, Rue Souk Ahal Fassi, kaat Ben Nahid, Marrakech Medina / Ouvert tlj : 09.30-19.00 / Prix : 40 DH

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Installée depuis 2009 dans un ancien foundouk, la Maison de la Photographie a pour objectif de montrer l’extraordinaire diversité du Maroc, telle que vue par ceux qui le visitent depuis les débuts de la photographie jusqu’à la période moderne : 1879-1960. La collection comprend des photographies, plaques de verre, cartes postales, journaux, cartes, documentaires.

> Musée Boucharouite

107 Derb al Cadi, Azbezt, Marrakech Medina / Ouvert lu > sa : 09.30-18.00 / Prix : 40 DH

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Musée des arts populaires marocains hébergé dans une ancienne maison d’hôtes de type riad décorée dans le style art déco. L’essentiel de la collection se compose de tapis « boucharouite » et « zindekh » réalisés par les femmes berbères, le plus souvent très modestes, à partir de tissus déchirés provenant de textiles de récupération.

> Musée Mouassine

4-5, Derb El Hammam, Rue Mouassine, Marrakech Medina / Ouvert tlj : 09.30-19.00 / Prix : 30 DH (réduction sur présentation du billet Maison de la Photographie)

Au cœur du quartier saadien de la médina se trouve le musée de Mouassine. La maison et sa douiria, appartement de réception, ont été entièrement rénovés de 2012 à 2014 selon des techniques traditionnelles, un savoir-faire ancien et avec des matériaux traditionnels pour aboutir à une véritable symphonie de couleurs.

Un cycle annuel d’expositions est organisé ainsi que ces concerts chaque vendredi dans ce cadre exceptionnel.

> Musée des bijoux Nawahi

37 Derb Ouayhah, Quartier Sidi Abdelaziz, Marrakech Medina  / Ouvert lu > sa : 09.00-19.00 / Prix : 40 DH

Le musée des bijoux nawahi permet de découvrir des bijoux d’or et d’argent, des parures de mariées de différentes régions du Maghreb. Par une scénographie soignée et contemporaine, chaque salle met en valeur une région d’Afrique du Nord en bordure du Sahara.

La boutique-atelier permet de réaliser soi-même des bijoux d’inspiration berbère à partir de perles en terre cuite.

> Fondation Dar Bellarj

9, Rue Taoualat Zaouiat Lahdar, Marrakech Medina  / Ouvert lu > sa : 09.30-17.30 / Prix : gratuit

La Fondation Dar Bellarj pour la culture au Maroc a pour objectif essentiel de promouvoir la culture vivante. Elle a ouvert ses portes en 1999 au cœur de la médina de Marrakech. A l’emplacement de cette maison se trouvait un ancien fondouk abritant un hôpital pour oiseaux où un sage homme prodiguait les bons soins aux cigognes. Aujourd’hui, la Fondation sert de lieu d’exposition, propose des concerts, des ateliers, des séances de contes, des conférences…

> Dar el Bacha – Musée des confluences

65-69, Riad Laârous, route Dar El Bacha, Marrakech Medina / Ouvert tlj sauf mardi : 10.00-18.00 / Prix : 30 DH

Planté au cœur de la médina de Marrakech, Dar el Bacha est une demeure seigneuriale construite dans les années 1910 par Thami el Glaoui (1878-1956), pacha de Marrakech de 1907 à 1956. Exemple type du riad composé d’un jardin entouré de 6 pièces sur les quatre côtés, le bâtiment se compose de plusieurs dépendances (hammam, douiria , bibiothèque…). Zelliges, plafond en bois sculpté s’insèrent dans le registre décoratif marocain tout en finesse et en harmonie. Sousla tutelle de la Fondation Nationale des Musées depuis 2015, le bâtiment entièrement rénové accueille désormais le Musée des confluences dont le but est de témoigner des apports culturels et patrimoniaux qui ont forgé l’identité du Maroc.

 

Le patio du Dar el Bacha

DANS LA MÉDINA : Les jardins

> Le Jardin secret – Musée en plein air

Rue Mouassine 121, Marrakeche Medina / Ouvert tlj : 10.30 – 17.30/18.30/19.30/20.00 (selon saison) / Prix : 50 DH / Tour : 30 DH

L’origine du Jardin secret remonte à l’époque saadienne mais il a été reconstruit au milieu du XIXe siècle par un influent caïd de l’Atlas et a été la demeure de plusieurs personnalités politiques de Marrakech. Ses jardins et ses édifices font partie de la tradition des palais arabo-andalous. Les espaces verts du Jardin Secret sont aujourd’hui répartis en jardin exotique, abritant des plantes provenant de différentes parties du monde, et en jardin islamique étroitement lié aux structures du riad.

DANS LE GUÉLIZ : Les musées

 > Le musée berbère du Jardin Majorelle

Rue Yves Saint-Laurent, Marrakech / Ouvert tlj : 08.00-17.30/18.00 – Prix : 25 DH

C’est dans l’ancien atelier de Jacques Majorelle de style art déco et conçu par l’architecte Paul Sinoir qu’a été inauguré le Musée Berbère en 2011. Il présente un panorama de la créativité de ce peuple le plus ancien de l’Afrique du Nord.

> Le Musée Yves Saint-Laurent

Rue Yves Saint-Laurent (derrière le Jardin Majorelle) / Ouvert tlj sauf mercredi : 10.00-18.00 – Prix : 100 DH

Le musée Yves Saint Laurent à Marrakech

L’ouverture du musée Yves Saint Laurent à Marrakech, ville qu’il a découverte dès 1966 et où il séjourna régulièrement, coïncida avec celle d’un musée YSL à Paris. L’importance du Maroc dans son œuvre fut telle qu’il était naturel d’y construire un musée à partir des collections de la Fondation. Il est situé Rue Yves Saint-Laurent à proximité du Jardin Majorelle qu’il a, avec Pierre Bergé, sauvé d’une disparition certaine en 1980. Ce nouveau bâtiment, d’une surface totale de 4 000 m2, est bien plus qu’un simple musée : il comprend un espace d’exposition permanente présentant l’œuvre d’Yves Saint Laurent, une salle d’exposition temporaire, un auditorium, une bibliothèque de recherche et un café-restaurant.

> Le MACMA (Musée d’Art et de Culture de Marrakech)

61, rue Yougoslavie, Passage Ghandouri, Guéliz / Ouvert lu > sa : 10.00-19.00 – Prix : 80 DH

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Dans cet espace moderne et lumineux sont conçues, deux fois par an, une exposition avec un caractère narratif (Orientalisme, Art naïf au Maroc…). De plus, le musée possède sa propre collection  alimentée, pour le montage des expositions, par des œuvres de collectionneurs, d’amateurs et de fondations.

DANS LE GUÉLIZ : Les jardins

> Cyber Parc (Arset Moulay Abdeslam)

Avenue Mohamed V (en face du Centre artisanal) / Ouvert tlj : 07.00 – 18.00 / Gratuit

Créé au XVIIIe siècle, ce parc fut agrandi en 1920 puis remarquablement aménagé et modernisé en 2005 grâce à un sponsor de Maroc Telecom. Dans un endroit calme et reposant, il est possible de se connecter au réseau internet grâce à des bornes discrètement aménagées.

> Le Jardin des Arts

Sculpture de Karim Alaoui

Avenue Mohamed V / Ouvert tlj / Gratuit

Ouvert en novembre 2016, dans le cadre COP 22, le Jardin des Arts de Marrakech est le fruit d’une collaboration entre l’artiste et écrivain Mahi Binebine et l’agence BDA. Ce petit espace vert urbain se trouve non loin du rond-point Berdaïne, sur l’avenue Mohamed V, entre Guéliz et médina.  Treize œuvres sculpturales ayant pour thématique l’Afrique et le climat ont été réalisée par une dizaine d’artistes de renom dont : Hassan Hajjaj, Yasmina Alaoui, Florence Arnold, Hicham Benohoud, Jean-François Fourtout, Marco Guerra et Mohamed Mourabiti.

Le Jardin Majorelle

Rue Yves Saint-Laurent, Marrakech / Ouvert tlj : 08.00/09.00-17.30/18.00 / Prix : 50 DH

Dessiné par le peintre Jacques Majorelle (1886-1962), installé à Marrakech depuis 1919, le jardin est ouvert au public depuis 1947. En 1924, l’artiste fait construire une villa à l’extérieur des murs de la ville ocre puis y ajoute en 1931 un atelier de style art déco conçu par l’architecte Henri Sinoir qu’il fait peindre entièrement en bleu outremer. Botaniste amateur, Majorelle collectionne les plantes du monde entier qu’il dispose avec harmonie dans son jardin, entre fontaines et tonnelles. Laissé à l’abandon à sa mort en 1962, le jardin est racheté en 1980 par Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé.

> Le Jardin el Harti

Avenue du Président Kennedy, Guéliz / Gratuit

La création de ce jardin urbain remonte à la fin des années 30. Il recèle une quantité d’arbres et d’arbustes remarquables dont certains sont presque centenaires : palmiers, oliviers, bigaradiers, ficus, caroubiers, etc. La plupart des aménagements présents de nos jours y étaient dès la création : le kiosque à musique, les jets d’eau, les pergolas et les bancs n’ont pas bougé, seules quelques rénovations leur ont été apportées. Un poumon vert au cœur de Guéliz.

DANS LA PALMERAIE : Les musées-jardins

 > Le musée de la Palmeraie – Art Contemporain et nature

Dar Tounsi , Route de Fès / Ouvert : tlj 09.00-18.00 / Prix : 40 DH

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Ces anciens bâtiments agricoles en pisé, au coeur d’un écrin de jardins, abritent une collection permanente consacrée à l’art contemporain au Maroc. En fin de visite du musée, un jardin andalou avec sa collection de rosiers, d’orangers et d’oliviers, un jardin d’eau, un jardin sec, permettent de se ressourcer à l’écart de la ville.

> Musée Mathaf Farid Belkahia

Dar Tounsi , Route de Fès / Ouvert : tlj : 10.00-19.00 / Prix : 50 DH

Inauguré en avril 2016 à l’initiative de Rajae Benchemsi, l’épouse de l’artiste, le musée Farid Belkahia propose de maintenir le rayonnement des œuvres de Belkahia en maximisant leur visibilité et en encourageant la recherche sur leurs diverses influences et périodes marquantes. Ainsi, le musée s’articule autour des principales périodes de l’artiste : expressionnistes, cuivres, peaux et dessins. Le musée est situé au cœur de la palmeraie, au sein même de l’ancien atelier de l’artiste.

ENVIRONS DE MARRAKECH : Les musées

> Museum of African contemporary Art Al Maaden (MACAAL)

Al Maaden, Sidi Youssef Ben Ali – 40000 Marrakech / Ouvert ma > di : 10.00-19.00 – Prix : 40 DH

L’architecture du MACAAL

Le MACAAL est un musée dédié à l’art contemporain africain, inauguré à l’occasion de la COP22. Créé par la Fondation Alliances, à l’initiative de Mohamed Alami Lazraq, le musée offre quelque 900 m² de surface d’exposition, à deux pas du vaste parc de sculptures Al Maaden. Loin de se vouloir exhaustif sur le sujet, le musée expose des oeuvres fortes et de qualité.

Parc de sculptures Al Maaden

Al Maaden, Sidi Yousef ben Ali – 40000 Marrakech

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 Inauguré en septembre 2013, le parc de sculptures Al Maaden intègre des sculptures monumentales dans un parcours de golf au pied de l’Atlas. Œuvres d’artistes marocains et internationaux de dimensions prodigieuses, elles ont été créées exclusivement et en résonance avec le site d’Al Maaden à Marrakech. Du Canada à la Chine en passant par l’Inde, l’Égypte et l’Argentine, les artistes ont pris possession du lieu, rivalisant dans la prouesse technique pour créer des sculptures, dont certaines atteignent 8 mètres de haut ou 12 mètres de long.

> Centre culturel Atlas Golf Marrakech : Musée Fossiles & Minéraux & Astronomie

Km 1 route d’Amizmiz / Ouvert tlj 10.00 – 18.00

Dédié à la diversité minéralogique du Maroc, le Musée Minéraux et Fossiles propose une collection de fossiles (dont un spécimen de plésiosaure, reptile marin vivant il y a 160 millions d’années) et une riche collection de minéraux et météorites.

 > Musée Mohamed VI pour la civilisation de l’eau au Maroc – Aman

Avenue Abdelkrim El Khattabi (Route de Casablanca) / Ouvert tlj : 09.00-19.00 / Prix : 45 DH

Le Musée Mohammed VI de la civilisation de l’eau au Maroc a été inauguré le 5 janvier 2017 à Marrakech. Il ambitionne de « faire découvrir le génie marocain dans la gestion de l’eau et faire connaître le rôle historique des Habous ‘Fondations Pieuses’ dans la régie de l’eau ». Le musée comprend des galeries d’expositions permanentes étalées sur trois niveaux, un espace pour les expositions temporaires, un pavillon éducatif comprenant des salles de formation et d’informatique, ainsi qu’un pavillon administratif, des espaces verts et plusieurs annexes.

L’Ecomusée berbère de la vallée de l’Ourika

Village de Tafza, km 37 / Ouvert tlj : 9.00-19.00 / Prix : 20 Dh

Lors d’une excursion dans la vallée de l’Ourika, faites une petite visite à l’écomusée berbère. Dans une kasbah de village restaurée du village de Tafza sont exposés et expliqués les objets du quotidien des Berbères ainsi que ceux qui constituent le monde de la femme berbère : tissage, poterie, bijoux…

 

ENVIRONS DE MARRAKECH : Les jardins

> Jardins de l’Agdal

Ouvert vendredi et dimanche : 07.30-18.00 / Gratuit

Créés au XIIe siècle, sous le règne d’Abd El Moumen, sultan de la dynastie des Almohades, les jardins de l’Agdal, d’inspiration andalouse, sont probablement les plus anciens de Marrakech. Situés au sud de Dar el Makhzen, les jardins sont à eux seuls d’immenses vergers clos où se rencontrent oliviers, orangers, grenadiers, abricotiers, rosiers…

> La Ménara

Avenue de la Ménara (Route de l’aéroport) – 40000 Marrakech / Ouvert tlj : 8.00-17.00 / Gratuit (visite du pavillon : 10 DH)

Aménagé tout au bout de l’avenue de la Ménara, le site s’étend sur près de 90 hectares. Un bassin de grande dimension a été creusé en son centre, vraisemblablement au XIIe siècle, à l’époque des Almohades. Il aurait servi à stocker les eaux de pluies arrivant des montagnes de l’Atlas environnantes par le biais des khettaras. Plus tard, les jardins de la Ménara se sont enrichis d’un pavillon édifié à fleur d’eau, sous le règne des Saadiens.

 > Anima

Route d’Ourika km 27 / Ouvert : tlj : 9.00-17.00/18.00 (selon saison) – Prix : 120 DH – navette gratuite

Créé par un artiste autrichien, André Heller, le jardin fantaisiste Anima se situe à 25 kilomètres de Marrakech, sur la route d’Ourika. Mise en scène botanique où art et nature se côtoient, Anima se veut un lieu de rencontres et de culture : un jardin, un café et 3 salles d’exposition.

Toutes les photos dans cet article sont de I. et R. Six, sauf mention particulière

I. Six

Article mis à jour le 15 janvier 2018

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> 8 bonnes raisons de découvrir le Maroc avec MAROC SANS FRONTIÈRES

7 août 2018

 

Sur les routes du Maroc

Quand partir ? Affiche de J. Majorelle,

Si vous envisagez de passer vos vacances au Maroc, votre premier réflexe sera certainement de faire des recherches sur internet pour avoir une idée de ce que vous pouvez voir, quand partir, comment y arriver, avec qui et à quel prix. Ces deux derniers points seront décisifs pour la réussite de votre voyage. Face à l’avalanche de possibilités, votre désir de voyage risque de s’émousser : mini-trip ou méharée dans le désert, randonnées dans l’Atlas, découverte des villes impériales, surf sur la côte atlantique, pour ne citer que les exemples les plus courants. Vous constaterez également que des circuits, a priori similaires, se réalisent à un prix pouvant aller du simple au double, selon l’organisateur.

Tout d’abord, ne perdez pas de vue que, comme dans tous les domaines, la qualité d’un service se paye. Vous trouvez normal qu’il y ait une différence de prix entre une pita achetée dans la rue et un repas gastronomique dans un restaurant étoilé ? La comparaison est certes un peu extrême mais elle peut être appliquée également dans le domaine du tourisme.  Oui, vous pouvez « découvrir » le désert pour 50 euros par personne, faire le tour du Maroc en 3 jours pour 100 euros ou encore visiter Marrakech en une journée. Quoi que vous demandiez, vous entendrez à coup sûr : « pas de problème, c’est possible ». Reste à savoir dans quelles conditions…

En approfondissant votre recherche, vous verrez aussi que la plupart des propositions sont toutes les mêmes, ou presque : des prix alléchants pour des programmes pas toujours très détaillés. Et ce sont ces détails qui feront toute la différence. Qui sont les organisateurs, que comprend le prix (souvent indiqué avec la formule « à partir de ») ? Nuitées mais dans quel type de logement ? Quel type de transport : 4×4 privatif, minibus ou taxi ? Tous les repas sont-ils compris ? Et les visites, les boissons ? En payant un prix bas à la réservation, on se retrouve souvent à devoir rallonger des billets pour avoir des services en plus. Et au final, la note s’avérera plus salée que prévu. Bien sûr, il n’y a pas 36 possibilités pour visiter les villes impériales ou pour rejoindre le désert mais il existe plusieurs façons d’appréhender un pays et ses habitants, et de considérer les touristes qui y viennent.

Alors, vous direz-vous, pourquoi choisir les circuits de Maroc sans Frontières plutôt que ceux d’un autre organisateur ? Qu’est-ce qui nous particularise ?

J’entends souvent « C’est mon rêve d’aller dans le désert ! Si seulement je pouvais… ». Ou encore « Un circuit ornithologique au Maroc ? Ca me tenterait bien ». C’est parfois une question de mauvais timing ou de budget mais trop souvent, il n’y a pas de bonnes raisons car VOYAGER EST LA SEULE CHOSE QU’ON ACHÈTE ET QUI NOUS REND PLUS RICHE.

Voici 8 bonnes raisons de découvrir le Maroc en notre compagnie. Pas très objectif ? Oui, c’est vrai. Mais les retours très positifs que nous avons de tous nos clients nous donnent suffisamment confiance en nous pour vous vanter la qualité de nos circuits.

  1. Parfaite connaissance du pays pour l’avoir parcouru en tous sens. Et nous continuons de découvrir des lieux à visiter, de trouver des pistes peu pratiquées, de rencontrer des habitants et d’établir des contacts. Nous sommes en perpétuel recherche de nouveautés à partager.
  2. L’approche bi-culturelle (belgo-marocaine) de notre couple permet de mieux comprendre et de satisfaire les besoins des voyageurs (en matière de visites, logements, confort, nourriture). Nous gardons toujours à l’esprit qu’il s’agit de faire de votre séjour un moment inoubliable. Omar est un enfant du pays qui travaille dans le tourisme depuis l’âge de 15 ans. C’est dire s’il a eu l’occasion de côtoyer de nombreux touristes et de comprendre leur fonctionnement. Quant à Isabelle, elle rencontre le Maroc pour la première fois à 8 ans et depuis ce pays n’a cessé de la fasciner.
  3. Nous proposons un Maroc hors des sentiers battus. Oui, cette expression, vous la retrouverez dans beaucoup de descriptifs d’agences. Mais nous tenons à présenter un Maroc sans fard, sans folklore touristique, protéiforme, empreint de tradition mais aussi de modernité, d’ouverture vers l’Occident mais aussi tourné vers l’Afrique.
  4. Nous adoptons une attitude responsable face à l’environnement et privilégions autant que possible des hébergements profitant à l’économie locale.
  5. Nous nous tenons sans cesse au courant de la qualité et de la réputation des hébergements que nous choisissons, nous vérifions le professionnalisme de nos collaborateurs, le bon fonctionnement de nos véhicules, la praticabilité des routes et des pistes. Prospection, organisation et encadrement nous sont propres. Tout est sous contrôle, rien n’est laissé au hasard. Notre préoccupation première est votre sécurité.
  6. Le prix proposé pour nos circuits est un prix forfaitaire : il comprend tous les services depuis votre arrivée à l’aéroport de Marrakech jusqu’à votre départ. Pas de mauvaise surprise durant votre séjour : tout est bien mentionné sur votre programme : transferts, nuitées, repas, visites, transport par un chauffeur professionnel avec un véhicule aux normes touristiques. Vous préférez plus de marge de manœuvre sur place ? Choisir vous-même les restaurants, les logements, les lieux à visiter ? Il suffit de le stipuler dans votre demande et ces prestations ne seront pas incluses dans le prix du séjour.
  7. Nos circuits sont entièrement conçus sur mesure. Cela veut dire que nous tenons compte de vos souhaits de départ, de votre budget, de l’âge des participants, du nombre de jours, du type de logement à privilégier. De plus, les trajets prédéfinis peuvent être sensiblement modifiés au cours du circuit en fonction des conditions climatiques ou d’événements exceptionnels. Nos circuits sont réellement faits sur mesure : chaque demande est particulière, chaque circuit l’est aussi.
  8. Nous sommes à l’écoute des désirs de chacun, nous fournissons un maximum de renseignements en amont de votre circuit, mais réservons également de petites surprises et attentions particulières qui agrémentent le séjour.

Ces points forts de Maroc sans Frontières vous permettront à coup sûr de passer un séjour en toute quiétude. Notre principale motivation est de vous faire découvrir le Maroc à travers plusieurs prismes d’intérêt et de partager avec vous nos coups de cœur.

Convaincus ? Alors n’hésitez pas à vous lancer dans l’aventure et contactez-nous ! Même le plus long des voyages commence par un premier pas.

contact@marocsansfrontieres.com

Omar et Isabelle, chevilles ouvrières de Maroc sans Frontières (photo N.Vdb)

Coquillages du Crétacé, sur la plage abandonnés…

12 juillet 2018

Rien ne laissait présager qu’au cours de cette petite pause au bord de la mer, nous ferions une découverte géologique aussi intéressante ! Il est vrai que, à chaque expédition, le Maroc nous réserve son lot de surprises, dans quelque domaine que ce soit.

Alors que la chaleur estivale commençait à atteindre des sommets à Marrakech, nous nous sommes rendus à Essaouira pour profiter de l’air et de la fraîcheur du large. Et c’est en cherchant un coin tranquille le long de la côte qu’une belle crique s’est offerte à nous, un peu au sud de Sidi Kaouki. C’est à Sidi Ahmed Essayeh que se trouve la crique d’Azrou. Déserte, la belle plage protégée par des falaises d’une vingtaine de mètres nous invite à s’y prélasser.

Nos affaires installées au pied d’un rocher déjà riche en traces de petits coquillages, nous nous lançons dans les flots sans pouvoir vraiment progresser à la nage, tant la violence des vagues nous emporte vers le rivage. C’est alors que nous décidons de nous diriger au bout de la plage, là où la falaise se termine par une grande plaque rocheuse. Le sol est brûlant et les pierres tranchantes. A force de scruter le sol pour éviter de se couper les pieds, nous apercevons des figures familières. Dans la roche calcareuse se dessine une forme enroulée, puis une autre, et encore une autre ! Grandes, petites, ce sont des ammonites, des gryphées, des ostrea bien visibles mais enchâssées dans le sol. C’est que la région du bassin d’Essaouira est réputée pour présenter des affleurements du Crétacé, période géologique de l’ère secondaire qui s’étend de -145,5 millions à -65,5 millions d’années.

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Ces strates de calcaire et de marne ont été déposées par la mer lors d’une alternance de transgressions et régressions maritimes vers les terres. Et les océans regorgeaient de mollusques céphalopodes tels que les ammonites, ces animaux marins dont il ne reste plus que la coquille en spirale fossilisée. Ou encore les gryphées, mollusques bivalves à coquille allongée et les ostrea, ancêtres de nos huîtres actuelles.

Lorsque l’on va se baigner à la plage, on emporte rarement un marteau de géologue avec soi. Et ce ne sont que des photos et quelques ammonites dégagées parmi les éboulis qui ont pu être ramenées…

© photos Maroc sans Frontières

I. Six

« Dos de femme, dos de mulet », de Hicham HOUDAÏFA

2 juillet 2018

Hicham HOUDAÏFA, Dos de femme, dos de mulet. Les oubliées du Maroc profond, En Toutes Lettres (collection Enquêtes), 2015.

Rencontré lors du Festival du Livre de Marrakech en 2017, Hicham Houdaïfa avait eu la gentillesse de m’expliquer brièvement son travail de journaliste d’investigation dans son pays. Il y présentait, notamment, son dernier ouvrage du moment « Extrémisme religieux. Plongée dans les milieux radicaux au Maroc » (2017) pour lequel j’avais reçu une dédicace. 

Avec son épouse, Kenza Sefriou, également journaliste, il a créé la maison d’éditions En toutes Lettres spécialisée dans les questions de société liées au Maroc. Pays à deux vitesses où les classes sociales – pauvres et riches – sont séparées par un gouffre, le Maroc souffre du laxisme des institutions, des contraintes familiales et du poids des traditions, trois facteurs qui semblent se liguer pour infliger aux femmes des violences et des injustices insupportables.

Son premier livre « Dos de femme, dos de mulet » emprunte son titre à une expression de l’Atlas où l’on croise le long des routes des femmes portant des charges démesurées. Mais ce titre évoque également les « femmes mules » du nord du pays qui, par milliers, traversent chaque jour la frontière entre le Maroc et les enclaves espagnoles. Pour quelques dirhams, elles transportent des dizaines de kilos de marchandises exonérées de taxes. Par choix de l’auteur, le sujet est absent du livre pour avoir été traité en abondance ces derniers temps dans l’actualité. Ce petit recueil rassemble huit reportages et enquêtes réalisées entre fin septembre 2014 et début janvier 2015.

Et comme les exemples d’exploitation et d’injustice sont malheureusement légion, il fallait choisir : choisir de parler de celles dont on ignore l’existence, celles qui n’ont pas la parole parce que pauvres, sans instruction, … et femmes.

Les ouvrières clandestines de Mibladen

Dans la région de Midelt, Mibladen, autrefois prospère grâce à sa mine de plomb exploitée dès 1939 par la Compagnie Minière de l’Afrique du Nord, n’est plus qu’une ville fantôme. Aujourd’hui à l’abandon, la cité ouvrière domine le paysage et hommes et femmes, sans aucune protection et au péril de leur vie, continuent de descendre dans la mine pour ramasser les miettes de plomb et de cristaux de vanadite. Et lorsque l’homme est trop malade ou mort de la silicose, la veuve continue d’investir les galeries pour gratter le plomb.

Les torturées de Ksar Sountate

Les habitants du village de Ksar Sountate, près d’Imilchil dans le Haut Atlas, ressentent encore aujourd’hui les séquelles des exactions commises en 1973 par des troupes armées et des forces auxiliaires. Cette région, alors révolutionnaire et frondeuse, a connu un des épisodes les plus douloureux de la répression des années de plomb. Des opposants au régime d’Hassan II sont arrêtés et exécutés. L’armée soumet la population à tous types d’exactions : violences, torture, viols, assassinats, emprisonnements arbitraires, et les épouses et les filles de ceux qui ont été arrêtés subissent les pires atrocités. Jusqu’à la fin des années 1990, les familles de cette région sont appelés « les gens de 1973 » et mises au ban par leur entourage. Beaucoup de femmes se retrouvent veuves et sans ressources. Aujourd’hui, les victimes ont pu obtenir certaines réparations matérielles. « Ils lui ont pris sa vie, sa dignité, l’avenir de ses enfants. Et ils lui ont donné 100.000 DH pour l’indemniser ».

La double peine des femmes Ninja de Berkane

« Berkane est devenue la destination préférée de milliers d’ouvriers agricoles marocains qui affluent de plusieurs régions du royaume, pour travailler lors de la saison des clémentines ». Tel est le titre d’un article paru en 2017 sur le site Agrimaroc Mais cet eldorado de la clémentine ne concerne visiblement pas les ouvrières agricoles, travailleuses journalières et saisonnières, souvent venues d’ailleurs. Appelée Ninja par les habitants de Berkane, elles portent deux pantalons l’un sur l’autre pour se protéger du froid, des vestes, des bottes et se drapent d’un voile qui ne laisse apparaître que les yeux. Malgré cet accoutrement qui gomme toute féminité, elles subissent une double exploitation, économique et sexuelle. Beaucoup d’entre elles décident de vendre leur corps : « Harcelée pour harcelée, je préfère carrément me prostituer, plutôt que de me faire abuser sans contrepartie par le patron »…

Les femmes prêtées de Kalaat Sraghna

A quelques kilomètres de Marrakech, la province d’El Kelaâ des Sraghna enregistre un des taux les plus élevés du royaume d’analphabétisme et d’abandon scolaire. Trois femmes sur quatre ne savent ni lire ni écrire en milieu rural. Dès 2000, cette petite ville assiste au retour de ses jeunes hommes partis tenter leur chance en Europe. Ces migrants investissent dans l’immobilier et transforment la ville qui se développe très rapidement. Alors que la Moudawana (code de la famille) a été révisé et promulgué en 2004, dans le but de faire diminuer le nombre de mariages de mineurs, ce phénomène connaît une recrudescence dans la région. La pauvreté règne dans les douars avoisinants Kelaat Sraghna, et dans ce contexte où une fille doit se marier le plus tôt possible pour ne plus être un fardeau, des mineures sont données à ces hommes qui signent avec leur père un « contrat » moyennant 20 000 à 60 000 dirhams. Une combine que tout le monde connaît, même les agents du service de légalisation qui ferment les yeux car le document ne mentionne jamais le terme de mariage. L’art de contourner la loi, qui fixe à 18 ans l’âge de la capacité au mariage…

Les sans-papiers de l’Atlas

Dans les régions montagneuses et enclavées de l’Atlas, la condition des femmes est préoccupante : Dhar lmra, dhar lbghel  (dos de femme, dos de mulet). Elles s’occupent des tâches ménagères, des enfants, elles vont dans les champs, coupent le bois. Des mariages coutumiers sont conclus  » à la Fatiha « , sans aucun papier et ce sont souvent des petites filles de six ou sept ans qui sont livrées à leurs beaux-parents, le temps que les premières règles apparaissent et que l’union soit consommée. Ce contrat moral entre le père de la fiancée et le prétendant a des conséquences catastrophiques sur les familles, essentiellement les femmes et les enfants. En effet, des mères de seize ans, mariées à peine à douze ans, se retrouvent avec leur bébé dans les bras, sans existence juridique. Ces milliers de familles ne disposent pas d’acte de mariage, d’aucun document de l’état civil ni de livret de famille. Ce ne sont pas des citoyens à part entière. Les femmes divorcées à la coutumière se retrouvent parfois obligées de se prostituer afin de faire vivre leurs enfants, des enfants qui ne vont pas à l’école puisqu’ils ne sont pas inscrits à l’état civil.

La moudawana est encore insuffisante, et les autorités, au minimum passives, apparaissent comme les principales responsables d’une oppression tenace. Celle-ci se nourrit largement de l’abandon scolaire précoce, notamment en milieu rural. De ce constat très dur émerge une lueur d’espoir : le travail de fourmi des associations locales (Fondation Ytto, Ligue démocratique des Droits des femmes, Insaf).

Les barmettate de Casablanca

A Casablanca, des milliers de femmes gagnent leur vie en travaillant comme barmaids, entraîneuses ou serveuses dans les bars populaires de la ville. Les barmaids sont « privilégiées » et sont payées autour du SMIG. Mais les entraîneuses ne sont rémunérées qu’à la consommation et doivent faire boire au maximum les clients. Le monde de la nuit où alcool, cigarette et travail jusqu’au petit matin se conjuguent, broie des femmes, souvent mères célibataires et dans la plus grande précarité. Au détriment de leur dignité, puisque perçue comme des débauchés, et de leur santé.

Violences envers les femmes : tour d’horizon

Les associations tirent la sonnette d’alarme sur les chiffres concernant les violences faites aux femmes à travers tout le Maroc. Lorsqu’une femme se fait violer ou harceler, elle doit obligatoirement en fournir la preuve, sous peine d’être elle-même condamnée par la justice. Coups, viols, viols conjugaux, violences psychologiques, violences économiques et indifférence des pouvoirs publics… En effet, la lutte contre la violence faite aux femmes est loin d’être une priorité pour les politiques.

Victimes de la traite dans le Golfe

Des milliers de femmes, parties à la recherche d ‘un avenir meilleur dans un des pays du Golfe, se retrouvent esclaves sexuelles à Dubaï, Doha ou Koweit City. Alors qu’elles postulaient pour un poste de coiffeuse ou de manucure, elles s’y retrouvent sans passeport et contraintes à la prostitution afin de racheter leur liberté. Ces femmes sont séquestrées, victimes de violence physique et ne sont jamais laissées seules. Des réseaux œuvrent au Maroc pour piéger des jeunes femmes, généralement sans aucun niveau scolaire. Elles sont recrutées par un kafil, personne physique et morale avec laquelle elles signent un contrat de travail. L’employé(e) ne peut travailler dans le pays d’accueil que pour le compte de l’employeur-kafil dont il/elle devient dépendant(e). Les droits de l’immigré(e) dépendent donc du bon vouloir du kafil.

A l’issue de ces huit enquêtes, le constat est évident : l’absence d’accès à l’éducation, mais aussi l’isolement, vont de pair avec l’exploitation économique et sexuelle des femmes et des jeunes filles vivant en milieu rural ou en périphérie de grandes villes. Il y a un nombre important de filles qui ne vont pas à l’école dans les villages ruraux. Lorsque celle-ci est à plus de 10 km de la maison et qu’elle n’est pas pourvue de sanitaire, on peut comprendre l’hésitation des parents à y envoyer leurs filles. Et une fille qui ne va pas à l’école, c’est une fille que l’on va marier prématurément ou envoyer comme bonne dans la ville car c’est une bouche de plus à nourrir.

Illustrations tirées du livre (Aïcha Beloui)

I.S.

 

> Circuit ornithologique au Maroc du 18 au 24 avril 2018 : compte-rendu

3 juin 2018

Circuit ornithologique organisé par Maroc sans Frontières (www.marocsansfrontieres.com) et guidé par Isabelle Six et Omar El Achab.

Participants : Gérard Charlet, Bernard Dewiest, Bénédicte Dubois d’Enghien, Irène krzyzanowski, Jules et Jacqueline Lambert, Lucie Losseau, Michèle Marcoux, Michel de Mûelenaere, Nadine Vandenbogaert et Ann Van Mingroet.

Cela faisait plusieurs mois que se préparait ce séjour d’observations, demandé par un groupe d’ornithologues belges. Hésitant entre la découverte de l’avifaune du désert et des oasis, celle des montagnes du Haut Atlas, ou encore les espèces locales et migratrices de la Côte atlantique, le groupe a finalement jeté son dévolu sur cette dernière proposition. Ce circuit offre une grande diversité de paysages et la possibilité d’observer des espèces variées du fait de la période de migration. Axé en grande partie sur la côte atlantique à partir d’Agadir jusqu’à la Plage Blanche, il débute par la découverte d’un écrin de verdure niché dans la montagne, Imouzzer-des-Ida-Outanane. C’est à l’Hôtel des Cascades, au charme désuet des années du Protectorat, que nous passons la première nuit du circuit. Le lendemain, nous rejoignons le Parc naturel du Souss-Massa et dormons à l’Auberge Oasis Massa, typique maison d’hôtes familiale ouverte depuis très peu de temps. Ensuite, nous atteignons la côte pour dormir au Mirleft Tayough Guest House tenu par Brahim. Le jour suivant, nous pénétrons vers l’intérieur des terres au niveau de l’embouchure de l’oued Draâ pour passer deux nuits dans un ksar isolé au cœur d’une étendue désertique, le Ksar Tafnidilt. De là, il nous fut possible de rejoindre Tan Tan et l’embouchure de l’oued Chbika. Malheureusement, lors de notre passage, la lagune de Khenifiss était immergée par la marée haute et il aurait été vain d’essayer d’y observer des espèces. Quant à l’embouchure de l’oued Draâ, elle était à ce moment-là zone militaire en raison de la position des USA sur le problème du Sahara occidental et il ne fut pas possible d’y accéder. Nous avons rejoint Taroudant, où nous avons passé la dernière nuit du circuit à l’Auberge La Tour de toile, pour finalement rejoindre Marrakech en traversant l’Atlas et le col du Test. Durant ces 6 jours de circuit, nous avons parcouru un peu moins de 2.000 km et observé près de 90 espèces.

Repas au Riad Dar Zampa, Marrakech

L’objectif du voyage était principalement ornithologique mais de belles curiosités botaniques ont pu être observées et les paysages variés et époustouflants se sont succédés. L’organisation de nos voyages se font toujours en privilégiant autant que possible le contact avec les populations locales et en choisissant des logements ou des repas chez l’habitant.

Le groupe venait pour la première fois au Maroc et ce circuit fut l’occasion pour les onze ornithologues de faire une bonne vingtaine de « coches ». Nous avons volontairement limité la zone d’observation – et donc les distances à parcourir en 4×4 – afin d’obtenir une bonne vision du statut local des espèces rencontrées et de leurs préférences écologiques. Les pluies relativement abondantes et fréquentes tombées sur le pays depuis le mois de février ont sensiblement modifié le paysage qui se couvrait de tapis de verdure en de nombreux endroits. Enfin, signalons que, malgré plusieurs arrêts sur les plages et les falaises face à l’océan, nous n’avons pas fait de « seawatching » approfondis.

Arrivé le 17 avril à l’aéroport de Marrakech, le groupe a été accueilli par nos soins au Riad Dar Zampa en début d’après-midi. Au cours d’une première balade initiatique dans la médina, il put déjà se familiariser avec les espèces les plus courantes à Marrakech : le Bruant du Sahara et le Bulbul des jardins.

JOUR 1 (Mercredi 18 avril 2018) : MARRAKECH – IMOUZZER-DES-IDA-OUTANANE

Après un petit déjeuner copieux, nous quittons le Riad Dar Zampa vers 8 heures pour rejoindre les trois véhicules et leurs chauffeurs, Khalid, Redouane et Omar, l’organisateur logistique du circuit. En outre, il a un don exceptionnel pour repérer les oiseaux à l’œil nu et identifier leur famille quand ce n’est pas l’espèce précise, tout en conduisant. Khalid, moins expert en ornithologie, connaît en revanche parfaitement la région d’Agadir, les sites intéressants et les bonnes adresses à privilégier. Enfin Redouane a l’habitude d’accompagner des groupes de…chasseurs mais son expérience apporte également un atout supplémentaire dans l’identification et la localisation de certaines espèces. Ce sont eux qui nous ont accompagné durant ces 6 jours, qui se sont occupés des pique-niques, de la gestion du temps, du choix des lieux d’observation,…

Du riad jusqu’au parking, nous traversons le grand hangar du souk el-Khemis, encore un peu endormi à cette heure matinale mais bien animé par le cri des Martinets pâles qui semblent s’amuser dans des courses-poursuites, frôlant de près tantôt la toiture tantôt les passants.

Nous rejoignons la route d’Essaouira, bordée d’eucalyptus et d’oliviers, et pouvons déjà observer sur les fils électriques quelques Pie-grièches méridionales et à tête rousse, des Étourneaux unicolores et un grand nombre de Tourterelles turques. Lors d’un premier arrêt d’observation, aux abords de l’oued N’Fiss, où des oliveraies hébergent de nombreux passereaux, sont notés le Verdier d’Europe, le Serin cini, le Pinson des arbres, l’Agrobate roux, le Rougequeue de Moussier, le Merle noir, le Bulbul des jardins, le Moineau domestique, le Pouillot véloce, la Pie-grièche à tête rousse, le Rossignol philomèle, mais aussi les trois espèces de Tourterelle (turque, des bois et maillée), le Pigeon ramier, la Huppe fasciée. Sur une branche d’olivier, bien cachée par les feuilles, une Chevêche d’Athéna nous observe discrètement avant de s’éloigner, gênée dans son intimité.

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Quelques mètres plus loin, de l’autre côté de la piste, une étendue plus aride parsemée de Nicotiana glauca (Tabac arborescent) est le lieu idéal pour quelques Courvites isabelles et un Traquet motteux.

Nous reprenons la route et bifurquons au niveau de Chichaoua pour rejoindre Imintanaout où nous nous arrêtons pour nous désaltérer à la terrasse d’un café. A quelques mètres des voitures, un Faucon crécerelle est posé sur un poteau électrique.

Faucon crécerelle

Après 2 heures de trajet sur une route bordée d’arganiers, nous arrivons dans un petit village proche d’Imouzzer. Nous grimpons à pied une ruelle pour arriver devant une belle maison à l’entrée accueillante et colorée. C’est là que nous déjeunerons. De grands bigardiers ombragent le patio tandis que la terrasse est inondée de soleil. Les tables sont dressées à notre intention dans un salon à l’étage. De la cuisine, on entend le rire des enfants, les bavardages des femmes de la maison, tandis que Mohamed, le maître de lieux, dispose sur les tables du pain encore chaud et quatre petites assiettes avec de l’huile d’olive, de l’huile d’argan, du miel et de l’amlou. Ensuite arrivent la salade marocaine et un couscous gargantuesque. Tout en mangeant, nous observons par la fenêtre un Rougequeue de Moussier posé dans l’arbre nous faisant face. Observer ou manger, il faut choisir !

Le repas englouti, le thé à la menthe est servi. Puis, la fillette de la maison nous conduit dans le jardin à l’arrière de la demeure : grenadiers, oliviers, palmiers, plantes potagères s’étagent selon le principe d’une oasis. La principale activité de la maisonnée est le travail de la noix d’argan dont les coques servent de combustible.

Nous reprenons les voitures pour rejoindre l’Hôtel des Cascades à Imouzzer-des-Ida-Outanane. Ce village pittoresque est perché à 1.250 mètres d’altitude et domine une belle palmeraie. Depuis la terrasse de l’hôtel, la vue s’étend sur la montagne et la vallée. Après une petite sieste pour certains, une baignade dans la piscine de l’hôtel pour d’autres, nous repartons vers la Vallée du Paradis où de nombreuses piscines naturelles formées par l’oued Tamrhakht alternent sous les palmiers. Là nous observons des Tourterelles des Bois, des Bulbuls des jardins et un Agrobate roux.

 

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JOUR 2 (Jeudi 19 avril 2018) : IMOUZZER-DES-IDA-OUTANANE – MASSA

Mésange maghrébine

Au lever du jour, le ciel est gris et nuageux. Une Mésange maghrébine chante dans l’arbre devant l’hôtel. Après un petit déjeuner où se dégustent miel de la région et amlou, pâte à base de miel, d’huile d’argan et d’amandes, nous entamons une promenade vers le fond de la vallée. Sur un poteau électrique au bord de la route, un Rougequeue de Moussier, annonciateur d’une belle journée, se laisse observer. Le ciel s’éclaircit, la température monte peu à peu. Encore aux abords du village, durant les premiers cents mètres de la ballade, l’irresponsabilité des  humains dénature le paysage: décharges d’ordures et odeurs nauséabondes, carcasse de voiture accidentée…

La végétation se compose essentiellement d’arbustes de la famille des Fabaceae (lotiers, genêts,…). C’est le moment idéal pour entendre et observer les oiseaux, dans la douce lumière matinale : Bruant fou, Fauvette mélanocéphale, Serin cini, Rougequeue de Moussier, Pinson des arbres, Traquet rieur, Traquet oreillard

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En chemin, on peut admirer les concrétions calcareuses laissées par les chutes d’eau de la fameuse cascade. Celle-ci ne regorge d’eau qu’en hiver lorsque les pluies ont été abondantes. Elle justifie alors pleinement son surnom de « voiles de la mariée » Dans la vallée de l’oued Tinkert, le long du sentier, quelques petits marchands vendent leurs réalisations artisanales (bijoux, travail du bois…) pour quelques dirhams. Au-delà du gué, les véhicules nous attendent pour continuer notre route. Le paysage dénudé à certains endroits se strie de gigantesques plissements géologiques. Ce sont des strates de dépôts marins chamboulés par des pressions tectoniques.

Un peu plus loin au bord de la route, le groupe observe un Traquet oreillard dans un arbre et un oiseau de dos qui suscite tout d’abord quelques questions quant à son identification. Mais pas de doute, il s’agit d’un jeune Bulbul des jardins. Un autre arrêt nous permet d’apprécier un couple de Guêpiers d’Europe posé sur un arganier.

A l’approche de la côte, la végétation se fait moins dense et une sorte de lande recouvre la falaise. La route longe la mer jusqu’au village de Tamri où nous nous arrêtons pour approvisionner le pique-nique. Des étals de bouchers et des cafés s’échelonnent tout le long de la rue principale. C’est la couleur jaune qui prédomine sur les échoppes des marchands de fruits et légumes. En effet, Tamri est connu principalement pour ses cultures de bananes. Petites, sucrées et savoureuses, elles font la réputation de la région.

Nos chauffeurs choisissent d’établir le campement sur la falaise surplombant la plage de Tamri. Le temps que s’installe le bivouac, que le feu s’allume, les ornithologues descendent sur la plage, longue-vue sur l’épaule. Passant près d’un tamaris, on aperçoit une Fauvette mélanocéphale. Le ressac déverse un flot d’ordures sur le sable et il faut regarder où poser les pieds. Sur la lagune face à la plage, dans l’embouchure de l’oued Tamri, un groupe de Laridés se reposent. Ce sont majoritairement des Goélands leucophées et des Goélands bruns. Parmi eux se distingue un Goéland d’Audouin. Un vol d’Ibis chauves nous confirme que leur site de nidification n’est pas très loin.

Notre estomac nous rappelle qu’il est temps de revenir sur nos pas et nous retrouvons à l’endroit des voitures une installation digne d’un bar de la plage ! Au comptoir, Khalid prépare de copieux sandwiches tandis que Redouane gère la cuisson des keftas à l’abri du vent. Ce pique-nique ne sera que le premier d’une longue série !

Rassasiés, nous repartons vers les falaises de Tamri, lieu de nidification des Ibis chauves. Contrairement à la plupart des espèces d’ibis qui sont liés aux milieux humides, l’Ibis chauve est terrestre et grégaire. Au Maroc, à l’exception de quelques individus erratiques, les ibis demeurent à proximité du site de nidification une fois la reproduction terminée. La ponte a lieu fin février et avril. Pour cette raison, le gardien du site nous demande de ne pas rejoindre le poste d’observation face à la falaise en bord de mer. Il nous conseille de gagner l’intérieur des terres où nous admirons une bande de 10 à 15 individus. En effet, les Ibis chauves parcourent les zones ouvertes, telles que prairies ou steppes, à la recherche de lézards, de scorpions, d’escargots ou de sauterelles.

Quelques centaines de mètres plus loin, au bord de la falaise, un couple d’Allemands imprudents a ensablé son mobilhome. Alors que le 4×4 d’Omar le tracte pour le sortir de ses ornières, nous descendons vers la falaise et rencontrons de jeunes pêcheurs qui rejoignent leur abri de fortune.

Avant de rejoindre Agadir, que nous ne ferons que traverser, nous visitons la coopérative féminine d’argan à Alma. Une jeune femme nous guide de façon très didactique à travers un petit jardin aromatique, nous indiquant chaque plante et ses propriétés curatives. Puis elle explique le processus traditionnel de la fabrication de l’huile d’argan. La visite se termine, bien évidemment, par un passage à la boutique où se vendent miel, huile d’argan, amlou et toutes sortes de produits cosmétiques à base d’argan.

En fin de journée nous arrivons à l’embouchure de l’oued Souss. Un chemin asphalté a été aménagé récemment le long de l’oued et le site semble être un peu moins sale que lorsque nous étions venus précédemment. Nous n’y avons pas observé de rassemblements de Flamants roses ou de Cigognes blanches mais une Sterne hansel sur la rive de l’oued et un couple de Pie maghrébine au bord du chemin.

C’est assez tard que nous rejoignons l’Auberge Oasis Massa, au bord d’un lac du Parc national de Massa. Entreprise familiale, l’auberge n’existe que depuis quelques années et propose des chambres simples et confortables. Le repas est servi dans la pure tradition marocaine.

JOUR 3 (Vendredi 20 avril 2018) : MASSA – MIRLEFT

Pour profiter pleinement du Parc Massa, nous nous levons à l’aurore et rejoignons l’embouchure de l’oued vers 06h30. La traversée du parc le long du fleuve nous permet d’observer un Bécasseau minute, des Grands Gravelots, des Spatules blanches, des Grands Cormorans mais aussi d’apprécier le chant de passereaux. Sont observés la Linotte mélodieuse, le Serin cini, le Verdier d’Europe, le Tarier pâtre, le Cochevis huppé, le Rougequeue de Moussier, la Pie-grièche à tête rousse. A plusieurs reprises et à différents endroits, le chant très particulier du Tchagra à tête noire se fait entendre mais l’oiseau tarde à se montrer. Avec patience et vigilence, nous finirons par le voir parfaitement dans un tamaris.

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Satisfaits de notre promenade, nous rentrons à l’auberge vers 10h00 pour le petit déjeuner. Puis nous prenons la route vers le barrage Youssef Ibn Tachfine : en chemin, Rougequeue de MoussierChevêche d’Athéna et Huppe fasciée sont notés.

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Le long du canal de régulation, le Bulbul des jardins, la Pie-grièche méridionale, une Tourterelle maillée et un Bruant zizi se laissent voir. A la recherche d’un peu d’humidité en attendant les prochaines pluies, des escargots se sont agglutinés en essaim sur les palettes de figuiers de Barbarie.

Nous reprenons les véhicules pour rejoindre le Barrage Youssef Ibn Tachfine sur l’oued Massa. Cette impressionnante construction de plus de 200 mètres de long, réalisée en 1972 sous le règne d’Hassan II, a pour but d’irriguer la plaine des Chtouka.

Pour le déjeuner, nous rejoignons l’auberge Paradis Berbère à Massa où nous savourons de copieuses salades à l’ombre des bananiers et des papayers. L’après-midi est déjà bien entamée lorsque nous quittons le restaurant.

A la sortie de Sidi Bou el Fedaïl, un Rollier d’Europe, le seul de tout le circuit, est posé sur une grosse pierre et nous observe.

Nous rejoignons ensuite Mirleft via une piste le long de la côte, à travers une steppe sableuse et buissonneuse. Un Oedicnème criard trottine dans les dunes avant de prendre son envol. Nous reprenons la route asphaltée jusqu’à Mirleft où nous attend un repas gargantuesque. Au menu du soir, un poisson entier pour deux …

JOUR 4 (Samedi 21 avril 2018) : MIRLEFT – TAFNIDILT

Le petit déjeuner est tout aussi copieux que le repas de la veille. Redoutant probablement que ses hôtes ne meurent de faim, Brahim ne nous laisse aucun moment de répit et nous abreuve d’un flot de paroles et d’une succession d’assiettes : pain, msemen, omelettes… jusqu’à saturation.

C’est le ventre bien rempli que nous grimpons dans les véhicules pour rejoindre la plage de Legzira, à quelques kilomètres au sud de Mirleft. Classée parmi les plus belles plages du Maroc, Legzira garde un caractère sauvage et reste relativement préservée du tourisme de masse. De nombreux pêcheurs jettent leur ligne depuis les gros rochers affleurant les vagues et prélèvent de beaux spécimens de poissons. Une petite marche vers le sud de la plage permet de découvrir une très photogénique curiosité géologique : les arches de grès rouge et de granit. Constamment attaquée par la mer et ses tempêtes, la falaise a été transformée au cours du temps en un paysage étrange et séduisant par sa forme et sa couleur. Mais cette érosion a provoqué l’effondrement de la plus belle arche de la plage en 2016.

Avant de passer sous l’arche subsistante, les ornithologues ont pu observer en contre-jour, au sommet de la falaise, un couple de Faucons crécerelles. Sur un gros rocher battu par les vagues, à droite de l’arche, un Grand Cormoran marocain, bien identifiable par sa poitrine, sa gorge et sa face blanc sale, profite des embruns. Nous passons de l’autre côté de l’arche et observons un limicole sur une roche granitique. Il s’agit d’un Chevalier guignette.

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Un petit marchand a installé son presse-agrumes au pied de la falaise et propose un jus d’oranges fraîchement pressé. Ramassant des ordures sur la plage, il est applaudi par quelques-uns d’entre nous pour cette initiative écologique. Mais il semblerait qu’il ne ramasse que quelques bouteilles en plastique lui servant de récipients pour son commerce…

La marée monte et il faut songer à revenir sur nos pas si nous ne voulons pas être bloqués au niveau de l’arche. Après cette bonne marche vivifiante, nous reprenons la route vers Sidi Ifni où nos chauffeurs s’approvisionnent pour le pique-nique. Edifié sur un plateau rocheux surplombant l’océan, Sidi Ifni est une ancienne enclave espagnole dès 1859 devenue capitale du Sahara occidental en 1934. Restituée au Maroc en 1969, la ville entame un déclin et tente de survivre essentiellement de la pêche et du tourisme attiré par ses plages. Il subsiste encore dans l’architecture et l’urbanisme quelques vestiges de ce passé colonial où l’art déco espagnol se mêle au style marocain traditionnel.

Quittant Sidi Ifni après une balade dans le souk, nous rejoignons la piste côtière en direction de Foum Assaka. Sur le tronçon asphalté, deux Buses féroces sont observées sur un poteau électrique. L’une d’elle est particulièrement claire et certains songent à un Élanion blanc. Mais sa taille est bien trop grande pour en être un. Plus loin, une Chevêche d’Athéna se laisse observer en bord de route, posée sur une borne de fortune portant le n°134. Sur la borne suivante, c’est un Traquet à tête grise qui est posé.

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La piste nous ramène vers le littoral bordé de falaises déchiquetées et entrecoupée de courtes plages. L’oued Assaka est enchâssé dans des gorges tourmentées, parfois profondes. Les pentes sont garnies d’arbrisseaux et d’arbustes et, par endroits, couvertes de cultures de Figuiers de Barbarie. Le paysage végétal est lunaire et aride et c’est une steppe à euphorbes qui prédomine.

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Les véhicules nous déposent sur la plage où sont installés des abris de pêcheurs. Les roches forment une crique près de laquelle est installé notre campement dînatoire. En attendant la grillade de poissons, quelques ornitho dégustent des « pousse-pied » ramassés dans les rochers. Un vol de Spatules blanches, en formation en W, offre un spectacle féérique au-dessus de la mer.

La piste côtière nous amène au début de la Plage Blanche, au niveau de Fort Bou Jerif et offre l’occasion de voir une Perdrix gambra, une Chevêche d’Athéna et quelques traquets (rieurs et à tête grise). Situé au cœur d’un parc écologique de 250 km², ce site paradisiaque fut surnommé Playa blanca par les navigateurs espagnols. Désertique à l’exception de quelques cabanes de pêcheurs ou de campements sahraouis, la Plage blanche est une étendue sauvage de sable fin. Avec ses 60 km, c’est la plus grande plage de tout le sud du Maroc. Du haut de la falaise, nous voyons la marée engloutir peu à peu l’immense plage. Lors de notre dernier passage en septembre, nous avions pu y accéder et observer, entre autre, une multitude de Bécasseaux sanderling. Mais pour l’heure nous rejoindrons Guelmim.

Situé dans une région intermédiaire qui relie le désert et l’océan, Guelmim est considéré comme la « porte du désert », ce que signifie son nom berbère (Aguelmim). Sa position stratégique en a fait un important centre caravanier et d’échanges entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne. Chaque samedi, se tient dans un vaste enclos à la sortie de la ville le marché des dromadaires. Dans ce souk unique en son genre, les nomades de la région vendent leurs dromadaires au prix de 2.000-2.500 euros selon la race et l’âge. Parfaitement adapté au climat chaud et sec de la région, le dromadaire paît souvent en troupeaux dans la plaine du Souss. Elevé pour le portage ou les travaux agricoles, il l’est aussi pour sa viande et son lait. Le tajine et le steak de dromadaire sont d’ailleurs des plats typiques de la région.

Après cette expérience particulière, nous empruntons une route asphaltée en direction de Tan-Tan pour ensuite accéder par une piste à une plaine désertique. Dans un décor digne du « Désert des Tartares », surgit un ksar abandonné au sommet d’une butte. Il s’agit d’un ancien poste des goums français installés dans la région dès 1934 pour surveiller d’éventuelles incursions de bandes venues du Rio de Oro. Mais ce n’est pas là que nous passerons les deux prochaines nuits.

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Quelques centaines de mètres plus loin s’étale au milieu de nulle part un ksar bien plus récent. Construit dans les années 2000, le Ksar Tafnidilt est le lieu de rendez-vous des baroudeurs adeptes du 4×4 ou de la moto. Hors des sentiers battus – on y accède par une piste de 6 km – le lieu offre un confort de base sans luxe tapageur : chambre avec douche, piscine, petite boutique et restaurant. La politique de gestion et d’économie des ressources est en totale adéquation avec le lieu désertique : pas de climatisation dans les chambres, coupure d’électricité dès 23h, économie de l’eau… Tout cela n’enlève en rien, bien au contraire, le sentiment de quiétude et de convivialité au lieu.

Après une soupe et de légumes et un tajine de poisson, chacun regagne sa chambre pour une nuit calme et salvatrice.

JOUR 5 (Dimanche 22 avril 2018) : TAFNIDILT

Nous restons encore une nuit au Ksar Tafnidilt et cette 5ème journée nous permet de sillonner dans les environs, de descendre jusqu’à Tan-Tan et l’embouchure de l’oued Chbika. La journée débute par la découverte du désert entourant le ksar. Alors que la côte atlantique ne se trouve qu’à quelques kilomètres, le paysage est digne du Sahara : dunes de sable fin et steppe peuplée de plantes xérophytes.

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Outre l’immensité et le calme, ce que l’on retiendra principalement de cette incursion dans le désert est l’observation de l’Alouette de Clot-bey.

La route qui conduit à Tan-Tan marque la fin de l’Anti-Atlas et le début des grands plateaux sahariens. Seules les chaînes de montagne de l’Ouarkziz et de Zini marquent un peu de reliefs dans la région. A l’entrée de la ville, deux gigantesques dromadaires blancs accueillent les voyageurs. Tan-Tan ne présente aucun attrait particulier mais ce sont les environs qui offrent plusieurs possibilités d’excursion. A environ 30 km au sud, l’embouchure de l’oued Chbika est un site d’observation d’oiseaux en migration. A la saison des migrations, on y rencontre souvent des groupes de Flamants roses et d’échassiers. Mais depuis la route, nous n’observons rien d’autre qu’un pêcheur à bord d’une chambre à air.

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Il faut s’enfoncer un peu plus le long de l’oued pour enfin voir un groupe de Grands Cormorans marocains, une Aigrette garzette, un Chevalier sylvain, un Héron cendré, un Gravelot à collier interrompu…. Un Agrobate roux se montre très distinctement, voletant d’un arbuste à un autre. Une partie du groupe aperçoit une Cigogne noire en vol, remontant l’oued.

Nous nous posons au bord de l’eau, le temps du pique-nique, alors qu’un troupeau de dromadaires paît quelques mètres plus loin. Ensuite nous revenons à pied jusqu’à l’embouchure, foulant un sol aride parsemé de Crassulacées (Opophytum theurkauffi).

Leprojet de rejoindre l’embouchure de l’oued Draâ est compromis par une présence militaire justifiée par l’attitude des USA sur la question du Sahara occidental. Nous rentrons en fin d’après-midi vers Tafnidilt et visitons au passage l’ancien fort abandonné, pour rentrer à pied jusqu’au campement.

Ce soir-là, les amateurs de découvertes culinaires ont pu déguster un tajine de dromadaire.

J 6 (Lundi 23 avril 2018) : TAFNIDILT – TAROUDANT

Les kilomètres à parcourir pour cette sixième journée seront plus nombreux. En effet, nous quittons Tafnidilt et la région côtière pour remonter vers Guelmim, l’occasion de « découvrir » le supermarché Marjane. A partir de là, le paysage sera sensiblement différent puisque nous retrouvons des collines peuplées d’arganiers et d’Euphorbes cactoïdes jusqu’à Taroudant.

Dans ce décor, ce sont essentiellement des passereaux qui occupent nos jumelles : Rougequeue de Moussier, Gobemouche gris, Traquet oreillard, Traquet rieurCochevis huppé et les premiers Roselins githagines du circuit. Dans les environs de Bou-Izakarn, le dernier pique-nique est organisé à l’ombre d’un arganier.

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Au moment de repartir, un jeune garçon s’approche du groupe d’ornithologue et demande quelques dirhams et des crayons. Il reçoit probablement bien mieux lorsque que Jacqueline lui donne une petite paire de jumelles de poche. Tout heureux, il repart avec son trophée autour du cou et s’arrête quelques mètres plus loin pour étrenner son cadeau. Une vocation est peut-être en train de germer !

Les arganiers ponctuent le paysage et ces arbres aux formes parfois étranges ont de ferventes admiratrices. Des chèvres grimpent avec agilité dans leurs branches noueuses, elles sont parfois cinq ou six sur le même arbre. Bien sûr, le berger aide souvent son troupeau à grimper au sommet de l’arbre pour attirer les photographes lorsqu’il se trouve aux abords d’une route touristique. Mais ce phénomène étrange a une explication : les arganiers produisent un fruit qui ressemble à une olive et qui mûrit au mois de juin. Les chèvres raffolent de ces fruits amers et sont prêtes à grimper jusqu’à 9 mètres de haut pour les avaler en entier. C’est bien la pulpe et la coque dure qu’elles ruminent mais elles recrachent le noyau, trop dur pour être digérer, participant ainsi à la dispersion  des graines et à la continuité de l’espèce Argania spinosa.

Avant de rejoindre Taroudant, nous faisons une halte rapide à Tiznit. Durant le circuit, il a été possible de consommer du vin et de la bière, avec modération bien évidemment, dans la plupart des logements. Mais nos Belges préfèrent se garantir l’assurance de boire une bonne bière fraîche avant le repas du soir. Nous nous arrêtons donc devant un bâtiment à l’allure quelconque, sans aucune enseigne. Un homme est assis près de la porte et laisse entrer les soiffards. Il faut enfiler un couloir sombre avant d’arriver dans une sorte de tripot où des alcools de toute sorte sont vendus sous le manteau. Des cadavres de bouteilles jonchent les tables. Le vendeur au comptoir emballe les bouteilles achetées dans du papier journal, et les enfourne dans un sac sombre, histoire de ne laisser voir à personne de quoi il s’agit !

Ce n’est qu’en fin de journée que nous rejoignons Taroudant où un couscous royal nous attend à La Tour de Toile.

J 7 (Mardi 24 avril 2018) : TAROUDANT – MARRAKECH

Nous débutons la journée par un arrêt à l’entrée de Taroudant. Située à l’intersection de la vallée du Souss et des montagnes du Haut-Atlas, « la petite Marrakech », surprend par la couleur fauve de ses remparts enserrant l’ancienne médina. Près de la Bab el-Kasbah, un escalier permet de grimper en haut des remparts et d’avoir une belle vue sur les jardins. Tout comme à Marrakech, des martinets en grand nombre profitent des trous dans la muraille pour nicher.

A une quarantaine de kilomètres de Taroudant, la décharge nauséabonde d’Ouled Berhil attirent une faune variée. Chiens errants quelque peu agressifs, moutons, cigognes et Milans noirs se délectent des déchets de toutes sortes. En face, un rassemblement de Cigognes blanches a investi la prairie plus salubre. Une Tourterelle des bois et une Pie-grièche à tête rousse sont observées dans les arbres.

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A moins de 10 kilomètres à hauteur du village d’Ouled Berhil, le barrage sur la rivière Talakjounte crée un lac de retenue de taille moyenne. Malgré le vent, le lieu calme et paisible attire les bergers et leurs troupeaux d’ovins. Sur l’étendue d’eau, de nombreux Tadornes casarca et des Canards colverts, des Spatules blanches, des Échasses blanches, des Aigrettes garzettes, des gravelots (grands et petits) et un Chevalier guignette sont contactés.

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Nous quittons la plaine du Souss pour entamer l’ascension vers le Tizi-n-Test à partir de Tafingoult. La route, asphaltée et régulièrement entretenue, est escarpée et étroite à certains endroits. On ne peut ni se croiser ni se doubler et les camions ne la pratiquent pas. Le paysage est magnifique : des vallées, des champs en terrasse vert vif contrastent avec la terre des villages en pisé. La végétation se transforment à mesure que l’on prend de l’altitude. D’abord les arganiers abondent, puis apparaissent les petits palmiers doums qui émergent à peine du sol. Les écureuils de Berbérie prennent un bain de soleil sur les rochers avant de s’enfuir à notre passage. A l’approche du col (2.200 m) la terre devient rouge. Les chênes verts ont succédé aux arganiers.  Passé le col, les pentes sont couvertes de thuyas.

Nous rejoignons le petit village berbère d’Ijoukak pour un déjeuner chez l’habitant. Ensuite, nous revenons sur nos pas pour visiter la Mosquée de Tinmel, monument important de l’histoire du Maroc. Érigée en 1153 par le sultan almohade, Abd al-Moumen Ibn Ali, la bâtisse est bien visible depuis la route, avec sa couleur de terre claire, et son allure de forteresse. Un jeune guide nous attend à l’entrée de la mosquée.

L’intérieur est une forêt de piliers où l’on admire la majesté des travées et la pureté des arcs en fer à cheval. Le mihrâb, indiquant la direction de la Mecque, est situé sous le minaret court et massif. Des Rolliers d’Europe fréquentent régulièrement le monument. Cette année, nous les aurons manqué et n’avons observé que les traditionnels Moineaux domestiques nichant dans les cavités des murs. Deux mois plus tard, le 12 juin, un ornithologue marocain signalera la présence d’une famille de Chouettes hulottes installée sur la charpente en bois.

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Nous rentrons vers Marrakech en empruntant une vallée étroite et escarpée du Massif du Toubkal, jalonnée de kasbahs qui appartenaient aux Goundafa, puissante tribu qui contrôlait toute la région au XIXe siècle.

Rapport rédigé par I. S.

© photos Riad Dar Zampa & Maroc sans Frontières, sauf mention N. Vdb (Nadine Vandenbogaert)

Pour obtenir le relevé des espèces observées durant le circuit, cliquer ICI

The Orientalist Museum, Marrakech

10 avril 2018

L’orientalisme à Marrakech

La mosquée al-Ousta, d’époque saadienne

J’attendais avec impatience l’ouverture du dernier-né muséal de Marrakech dont la thématique me tient particulièrement à cœur : The Orientalist Museum. C’est par une journée ensoleillée de février que je m’y suis rendue, après quelque 20 minutes de marche depuis le Riad Dar Zampa. Quelques repères pour le trouver : il est situé dans le quartier de la Maison de la Photographie, jouxte une vieille mosquée d’époque saadienne, la mosquée Al-Ousta.

Le musée occupe un riad du XVIIe siècle qui doit sa résurrection au savoir-faire des artisans marrakchi, fidèles à la tradition de l’ornementation architecturale. Mais c’est à l’instigation de Nabil El Mallouki, passionné d’art et de patrimoine que ce lieu particulier a vu le jour. En totale immersion dans le monde de l’art, cet insatiable amoureux des belles choses est déjà à l’initiative de la Matisse Art Gallery et du MACMA (Musée d’Art contemporain marocain de Marrakech), dans le passage Gandouri au cœur du Guéliz. Ce dernier avait ouvert ses portes deux ans auparavant, en février 2016. Alors qu’y alternaient expositions thématiques et présentation de la collection permanente dans un lieu design à l’architecture épurée, l’ouverture d’un nouveau musée dans la médina permet désormais au MACMA de concentrer son objectif sur les artistes marocains, depuis l’émergence d’une expression picturale marocaine (années 20) jusqu’aux contemporains. Dans cette perspective, des thématiques seront élaborées, notamment autour des peintres de Marrakech, mais également des rencontres, des conférences, des projections et des événements cibles au sein d’un espace en total harmonie avec de telles activités.

La fontaine du patio

En toute logique, les collections de peintures orientalistes, dont une partie était déjà visible lors de l’exposition « L’Orient à travers l’œil des peintres orientalistes » présentée au MACMA, ont été transférées au cœur de la médina. Riche collection étoffée au fil des ans, le plus souvent grâce à des coups de cœur, elle compte de nombreuses pièces encore non exposées qui permettront de varier régulièrement l’accrochage du nouveau musée, toujours dans l’esprit d’une confrontation entre la représentation par les peintres occidentaux et la réalité orientale.

Rappelons que l’Orientalisme n’est ni un mouvement ni un style pictural, comme se définissent par exemple le néo-classicisme, l’impressionnisme ou encore l’expressionnisme. Il s’agirait plutôt d’un climat qui apparaît au XVIIe siècle et qui trouve sa pleine expression en France sous l’impulsion de plusieurs facteurs historiques en place au XIXe siècle. Parmi eux la campagne d’Egypte de Bonaparte (du 19 mai 1798-31 août 1801), la Guerre de libération de la Grèce (1821-1829), l’ouverture du canal de Suez (1869), la prise d’Alger par les Français (1830) et le voyage de Delacroix au Maroc en 1832.

Au cours de cette période influente dans l’histoire de l’art, bon nombre d’artistes occidentaux traduiront, chacun à leur façon, leurs premières expériences et impressions au contact du monde oriental. Sur les traces de Delacroix au Maroc, leurs périples se chargent de symboles et deviennent une source d’inspiration intarissable pour les écrivains et artistes. La façon de traiter et de mettre en œuvre ces nouvelles données diffère d’un maître à l’autre puisque chacun conserve son style originel. Certains restent dans l’académisme pur, d’autres évoluent vers des mode d’expression plus novateurs. A partir de 1870 de nombreux artistes non-français rejoignent la tendance. L’Orientalist Museum illustre parfaitement l’universalité de cette mouvance.  Ainsi, aux côtés de phototypies de Delacroix, d’aquarelles fauvistes de Raoul Dufy (1877-1953), de tableaux de Léopold Stevens (1866-1935), Mattéo Brondy (1866-1944)Jacques Majorelle (1886-1962), Henri Pontoy (1888-1968), Edy-Legrand (1892-1970), on peut  apprécier les tableaux de peintres belges (Jehan Frison [1888-1961]), allemands (Adolf Schreyer [1828-1899])-, autrichiens (Ludwig Deutsch [1855-1935]), américains ( Edwin Lord Weeks [1849-1903], John Louis Endres [1896-1989]), espagnols (Mariano Bertuchi [1884-1955], Gonzalo Bilbao [1860-1938], Antonio Fuentes [1905-1995]), suédois (Carl August Lundberg)…

Les œuvres de ces peintres d’horizons divers, de nationalité différente, de formation et de sensibilité particulières proposent une vision d’Orient propre à une période de colonisation et d’impérialisme occidental, de découvertes d’autres cultures et d’autres religions.

Au fil des salles, réparties sur deux étages autour d’un patio, les représentations picturales se confrontent à des objets du quotidien, à du mobilier art déco, à des œuvres d’art appliqué… Ainsi la « Fille de Tiznit aux bijoux » réalisé par Henri Pontoy trouve un écho particulier alors qu’elle surplombe une vitrine de bijoux berbères en argent. Un petit salon art déco de facture meknassi accueille le visiteur pour une pause lecture, à l’ombre de la mosquée en restauration de C. A.Lundberg

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Les sujets abordés sont variés et se réfèrent, dans un premier temps, à la vision occidentale de l’Orient : scènes de harem, scènes de batailles (Mario Bertuchi), portraits de notables, représentations de paysage typique (désert, oasis, villes orientales). Compromis entre fiction et réalité, ils se traduisent par des représentations parfois fantaisistes d’un Orient tout droit sorti des Mille et une nuits. Ces thèmes vont peu à peu se substituer au profit d’une peinture ethnographique plus précise et moins idéalisée. Les paysages n’intéressent pas moins les peintres que les types humains.

Longtemps la peinture orientaliste était englobée dans ce que l’on qualifiait d’art pompier, au même titre que la peinture académique d’histoire. Dépréciée sous la plume des critiques, qui y voient l’incarnation du mauvais goût du XIXe siècle, ce n’est que depuis les années 1970 qu’elle est progressivement réévalué. Dès 1980, les musées du monde occidental organisent des expositions autour de la peinture orientaliste et déclinent de nombreux thèmes : Vivant Denon et la campagne en Egypte de Napoléon, la femme dans la peinture orientaliste, le Maroc de Delacroix, Matisse au Maroc, etc.

De plus en plus de musées accueillent de manière permanente une ou plusieurs salles orientalistes au sein de leur parcours, reconnaissant ainsi la valeur historique et esthétique de cette tendance. Mais aucun musée orientaliste à proprement parler n’existe en Europe ou dans le Nouveau Monde. Serait-on accusé d’apologie de l’impérialisme et du colonialisme si on décidait d’en créer un ? Il faut se tourner vers… l’Orient pour découvrir le premier musée du genre à Doha au Qatar.

Fruit d’une donation en 2005 par l’amateur d’art Sheikh Hassan bin Mohammed Al Thani, le musée qatari compte près de 700 peintures, aquarelles, dessins et estampes. Comme son confrère marrakchi, il confronte des objets d’art appliqué orientaux aux œuvres d’art orientalistes afin d’apporter un éclairage nouveau sur la rencontre de plusieurs cultures dans un pays où des populations de différentes nationalités coexistent.

Comment comprendre cet état de fait ? L’Occident aurait-il plus de mal à assumer sa position ethnocentriste alors que l’Orient accepte sans rancune l’image que lui a renvoyée durant des décennies le monde impérialiste et colonisateur occidental ? A moins que ce ne soit une manière de renvoyer à l’Occident sa propre image, celle d’une civilisation imbue d’elle-même et pleine de certitude sur sa prééminence.

Alors que l’appel à la prière retentît depuis le minaret de la mosquée voisine, je me trouvai face à la toile du suédois Lundberg (Restauration d’une mosquée à Tanger), entre rêve et réalité. La fascination l’Orient continue d’opérer… C’est alors qu’une petite voix malicieuse résonna dans ma tête, me posant la question : la ville ocre ne reflète-t-elle pas encore aujourd’hui une image stéréotypée de l’Orient idéalisé, avec sa multitude d’échoppes bigarrées, ses hammams aseptisés où les touristes se font masser telles des odalisques des temps modernes, ses riads et palais de rêve, ses boutiques beldi mais chic pour touristes en quête d’exotisme, mais pas trop ?

Malgré mes questions, qui ne sont que le fruit de mes élucubrations et d’une réflexion purement personnelle, je n’ai en aucun cas boudé mon plaisir durant la visite de l’Orientalist Museum. Des œuvres de qualité, un décor envoûtant et une vue exceptionnelle depuis la terrasse…

Kaat Benahid – Derb El Khamsi N°5 Marrakech 40000، 
Ouvert tlj de 09:00 à 19.00
Tél. 05 24 44 73 79 

L’Atelier Razkas : de Bruxelles à Marrakech

23 février 2018

Lino volant, sigle de Razkas

Fondé en 1986 par Jean-Claude Salemi et Anne-Catherine Van Santen, l’atelier Razkas est un collectif d’artistes belges, dessinateurs, graveurs et lithographes. Cet atelier, à géométrie variable, est avant tout un lieu de travail partagé, mais aussi de matériel nécessaire aux techniques d’impressions. Il a vu le jour grâce à une histoire d’amitiés et de sensibilités artistiques communes. Depuis quinze ans, c’est au 46 rue de la Ruche à Schaerbeek (Bruxelles) que fonctionnent les presses de l’atelier. C’est également depuis ce moment que Razkas propose un parrainage de 12 gravures par an, ce qui permet au collectif de demeurer autonome.

Razkas rassemble douze personnes qui pratiquent la gravure sous toutes ses formes : l’eau-forte, l’aquatinte, la pointe sèche, le bois gravé, la linogravure et la lithographie, toutes ces techniques montrant la diversité des approches.

Si le nom de ce collectif fait davantage penser au poisson que l’on prépare en bouillabaisse, il fut pourtant inspiré par un étrange personnage qui vécut il y a cent ans : Roméo-Antonin Zacharias, mieux connu à une époque sous le nom de Raz et occasionnellement Saint Raz. Graveur, peintre, photographe, musicien et aventurier idéaliste, sa vie tumultueuse a pu être retracée partiellement grâce à des archives conservées par sa sœur.

Patio de Dar Cherifa, Marrakech

Ce mois de février 2018, dans le cadre d’une amitié belgo-marocaine, Razkas expose simultanément des réalisations de quelques-uns de ses membres autour d’un Dialogue gravé à Molenbeek-Saint-Jean (Bruxelles) et de ses 12 artistes au complet à Marrakech.

Nous avons visité l’exposition de Marrakech, au cœur de la médina… Dans le cadre extraordinaire et reposant du Café littéraire Dar Cherifa, les gravures sont fixées à même les murs, éreintés par le temps.

Jean-Claude Salemi a suivi une formation en architecture à Saint-Luc à Bruxelles. Illustrateur pour la presse belge, il réalise des affiches et des illustrations pour Marabout, Vie ouvrière, Van In etc. Salemi est aussi musicien.  Ainsi les linogravures exposées à Dar Cherifa nous plonge dans des ambiances musicales diverses : accordéonistes, chanteuse de jazz, danseuse maghrébine, petit ensemble arabo-andalou… Des noir et blanc que la technique de la linogravure simplifie à l’essentiel.

Anne-Catherine Van Santen

Illustratrice pour divers journaux et magazines où l’image liée à l’actualité doit être instantanée, Anne-Catherine Van Santen explore différentes techniques de gravure permettant d’autres images, où le rapport avec le temps est appréhendé différemment. C’est l’univers familier de l’enfance, tantôt troublant, parfois violent et intime, que décrit Anne-Catherine Van Santen dans cette série de lithographies.

Les héliogravures de Luc D’haegeleer, photographe depuis plus de trente, constituent des documents au service de la mémoire. Ses paysages sont faits d’espaces à l’abandon, de friches, de zones périurbaines, qui témoignent de la trace que laisse l’humain sur son environnement.

Moucharabiehs de Kikie Crèvecoeur

Diplômée de l’Atelier Gravure, Graphisme et Images de l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles, Kikie Crèvecoeur enseigne depuis 1988 la gravure et la lithographie à l’Académie des Beaux-Arts de Watermael-Boitsfort. Kikie Crèvecoeur choisit la technique de la gomme pour créer des moucharabiehs aux motifs végétaux, sortes d’entrelacs de feuilles et de tiges, en parfait accord avec le lieu marrakchi.

Illustratrice de livres pour enfants, Corinne Dubus est diplômée de l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles en 2001. Tout comme Marylin Coppée et Eliane Fourré, elle a également fréquenté l’Atelier de gravure de l’Académie de Dessin de Watermael-Boitsfort. Sa série de six tulipes, gravées sur bois, décline des couleurs vives et des tons chauds extravagants.

Cofondatrice de l’ancien atelier de gravure Kasba, Marilyn Coppée choisit la linogravure pour réaliser des images noir et blanc très contrastées. Ses formes semblent découpées à la lame de cutter et ses aplats noirs striés de griffes blanches.

Si les couleurs pastel des linogravures de Gaby Gailly s’harmonisent aux tons de la ville ocre, les toits pentus, les murs pignons et la cheminée appartiennent bien au vocabulaire architectural occidental.

Licenciée en sciences économiques, Claire Hilgers suit une formation en peinture et gravure à l’Ecole 75 à Bruxelles. Elle apprend les techniques de la lithographie à l’Istituto Statale di Urbino et de la sérigraphie à La Cambre. La contemplation d’éléments de la nature dans ses détails infimes fait partie du champ d’inspiration de Claire Hilgers. Présentées comme une planche contact de photographe, les 9 gravures ressemblent à une radiographie d’éléments végétaux. Dans une alcôve du petit salon, cet ensemble ressort d’un mur dont les taches confèrent à l’esthétique générale.

Myriam De Spiegelaere nous présente une série de 30 lithographies. Il s’agit de portraits d’inconnus croisés au cours de ses voyages, 30 regards intérieurs volés dans l’instant.

Les 12 linogravures de Stéphanie De Loeul sont autant de variantes sur une même main : impressions en négatif sur fond de différentes couleurs, tantôt à peine visibles, tantôt bien contrastées.

 Véronique Goossens a réalisé à la pointe sèche le portrait de 8 enfants, oscillant entre force et fragilité, entre gravité et légèreté.

L’exposition à Dar Cherifa offre l’occasion de découvrir les multiples possibilités que permet la gravure selon le support (bois, linoleum, plaque de cuivre,…), la technique de taille et d’impression employés.

Texte et photos I. Six

Informations pratiques:

Exposition Atelier Razkas

Dar Cherifa, 8 derb Chorfa Lakbir, (quartier Mouassine) Marrakech médina

de 10.00 à 23.00 (entrée gratuite)

du 7 au 28 février 2018

> Randonnée botanique dans l’Oukaïmeden (Haut Atlas, Marrakech)

13 juin 2017
La station d'Oukaïmeden en hiver

La station d’Oukaïmeden en hiver

Au Maroc, Oukaïmeden est un endroit réputé pour sa station de ski. Malheureusement, la popularité du lieu et la forte demande touristique ne trouvent pas assez de bonnes infrastructures d’accueil et d’accès et donne à l’endroit un petit air désuet. Moi qui ne suis pas grande amatrice des sports d’hiver, je préfère nettement m’y balader au printemps ou en été, lorsque la fonte des neiges a bien irrigué le sol et qu’apparaissent une multitude d’espèces botaniques. Le plateau de l’Ouka offre alors de vastes pelouses humides qui ont sensiblement augmenté depuis la construction d’un barrage dans les années ‘70.

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Préparatif pour une rando botanique

C’est par un beau dimanche de juin que j’ai eu la chance de faire partie d’un petit groupe de randonneurs, guidés par Marie Coste-El Omari, l’auteur du précieux guide « À la découverte de la flore de l’Oukaïmeden ». À Marrakech, la chaleur étouffante sévissait depuis quelques jours et c’est avec soulagement que nous avons ressenti la fraîcheur de l’altitude (2700 mètres) à quelque 75 km au sud de la ville ocre.

L’heure n’était pas à l’observation d’oiseaux, le nez étant plus souvent collé au sol que levé en l’air… Cependant, quelques espèces habituelles se sont montrées, d’autres se sont fait entendre. Dès l’arrivée sur le site, on pouvait observer des hordes de Craves à bec rouge se nourrissant dans la prairie humide où volant en groupe au-dessus de la station. Près du barrage, des hirondelles rousselines rasaient la surface de l’eau, à la recherche d’insectes. Plus en hauteur, j’ai pu apercevoir le Traquet rieur et le Rougequeue de Moussier. Les espèces que l’on rencontre fréquemment sont le Monticole bleu, l’Alouette haussecol, la Bergeronnette des ruisseaux, le Bruant fou, le Chocard à bec jaune, pour n’en citer que quelques-uns…. La région est également riche en rapaces : Aigle botté, Circaète Jean-le-Blanc, Faucon crécerelle, et avec beaucoup de chance, le Gypaète barbu…

 

 

Pastel des teinturiers

Pastel des teinturiers

Aux abords du chemin, une plante attire notre attention : des petites fleurs jaunes groupées en grappes couronnent de longues tiges dressées. Des fruits aplatis (siliques) pendent des pédoncules et des feuilles d’un vert brillant… Autrefois, en Europe, ces feuilles étaient broyées dans les moulins à pastel et servaient à la production d’une teinture bleue, avant qu’elle ne soit détrônée par l’indigotier, puis par les colorants de synthèse. Son nom vulgaire, pastel (Isatis tinctoria), vient de la pâte ainsi formée. Toutefois, au Maroc, son usage semble être avant tout médicinal.

La promenade débute par la découverte, au pied des montagnes, d’un beau tapis de fleurs dans la pelouse humide que nous traverserons pour entamer l’ascension vers le plateau du Tizrag. Les couleurs jaune, blanc, violet, rose alternent. La visite commence et les explications fusent. A chaque pas, une espèce différente !

La pelouse humide

La pelouse humide

MILIEUX HUMIDES

Orchis élancé

Orchis élancé

L’Orchis élancé (Dactylorhiza elata) dont les racines en forme de doigts justifient son nom latin, offre une gueule labelle dans laquelle vont s’engouffrer les insectes pollinisateurs. Et comme la nature fait bien les choses, les parties florales de l’orchidée sont soudées et obligent l’insecte à descendre profondément le long d’un éperon pour déguster le précieux nectar. Lorsqu’il ressort de la fleur, son dos frotte contre les étamines, faisant ainsi tomber le pollen sur lui.

Oeillet sylvestre

Oeillets sylvestres

C’est l’Œillet sylvestre (Dianthus saxicola) qui donne à la pelouse une dominante rose. D’après notre guide Marie, son abondance en cet endroit est particulièrement exceptionnelle ! Cette fleur délicate se regroupe sur de belles touffes aux tiges raides à nœuds renflés. Cinq pétales roses dentés s’épanouissent au bout d’un calice en tube.

La balade se poursuit en quittant peu à peu les milieux humides. Nous traversons la route pour rejoindre des pelouses sèches et rocailleuses et commencer à grimper légèrement vers le col du Tizrag.

 

 

PELOUSES SÈCHES OU ROCAILLEUSES

Pelouse humide vue depuis le col du Tizrag

Pelouse humide vue depuis le col du Tizrag

Ce qui semblerait être un chardon est en fait un Panicaut de Bourgat (Eryngium bourgatii). On l’appelle pourtant quelquefois Chardon bleu des Pyrénées. Mais, alors que les chardons sont des plantes composées de la famille des Astéracées, le Panicaut est une ombellifère de la famille des Apiacées. Cette plante aux feuilles à lobes épineux présente des petites fleurs bleues regroupées en têtes (ombelles) et entourées d’une collerette de bractées pointues.

La Catananche gazonnante (Catananche caespitosa) forme d’étranges tapis à ras-du-sol foisonnants de feuilles, de fleurs à ligules jaunes et de bractées membraneuses translucides. Cette endémique du Maroc pousse sur des terrains secs à partir de 1.700 mètres d’altitude.

Sur le même terrain, la Jurinée ou Serratule naine (Jurinea humilis) est une plante vivace à souche courte, que l’on trouve à ras du sol. Ce qui semble être une fleur unique de couleur purpurine est en fait un ensemble de petites fleurs serrées sur un réceptacle commun.

L’Inule des montagnes (Inula montana), également vivace, s’écarte un peu du sol grâce à une tige dressée sur laquelle s’accrochent quelques feuilles blanches soyeuses. Au sommet de la tige un gros capitule dont les fleurs jaune-orangé s’arrangent sur deux rangs : les fleurs externes ont de longues languettes glabres (ligule) quant aux internes elles s’enroulent en petits tubes.

 

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Quand on est un parfait néophyte en botanique, les fleurs à pétales blanches et au cœur jaune semblent toutes les mêmes ! Mais en y regardant de plus près, parfois même de très près, on distingue pourtant de nettes différences… Ainsi, l’Anthémis pédonculée ou Fausse camomille (Antemis pedunculata) a tout d’une marguerite : ligules blanches et cœur de fleurs jaunes en tubes. En revanche, ses tiges sont ramifiées et ses feuilles sont découpées en fines lanières.

De la même famille (Astéracées), le Rhodanthème catananche (Rhodanthenum ou Leucanthemum catananche) est une espèce endémique du Maroc. Les Anglais la nomment Moroccodaisy (litt. Marguerite du Maroc). Elle forme des petites touffes denses et étalées, légèrement bombées. Les fleurs centrales, également jaunes et tubulaires, sont entourées de ligules blanc crème à base pourpre, plus rosées à l’extérieur.

La « marguerite de l’Atlas », Anacycle pyrèthre ou Pyrèthre de l’Atlas (Anacyclus pyrethrum) s’étale au bord des chemins ou sur un rocher grâce à sa tige couchée sur le sol. Le revers des ligules est barré d’une languette rose. Cette plante a des propriétés insecticides. Cette espèce est une rudérale, plante liée à la présence des hommes et des animaux.

 

Dans la montée vers le plateau, sur le même terrain pierreux et aride, une plante s’enroule sur elle-même pour former une boule de feuilles. C’est un phénomène d’adaptation à son environnement inhabituel pour le Plantain corne-de-cerf (Plantago coronopus) ! Finalement reconnaissable à la forme de ses feuilles divisées comme les bois d’un cerf et à son inflorescence en épi simple, il s’agit également d’une espèce rudérale.

L’Hélianthème safrané (Helianthemum croceum) abonde dans les pelouses sèches et rocailleuses. Cette « fleur du soleil » s’oriente en direction du soleil, tout comme les tournesols. Elle a cinq pétales jaunes froissées, un style saillant émergeant au centre de nombreuses étamines.

Ralph parmi les Catananches gazonnantes

Ralph parmi les Catananches gazonnantes

Après cette légère ascension, nous atteignons le col surplombant la station et apprécions le trajet parcouru depuis le refuge du Club alpin français. Avant de poursuivre notre chemin, nous nous installons parmi les Catananches gazonnantes (Catananche caespitosa) pour une première pause.

XÉROPHYTES ÉPINEUSES EN COUSSINET

Sur le plateau, à partir de 2.500 mètres, seules des formes basses résistent à un climat particulièrement rude : trop froid l’hiver, trop sec l’été, trop de vent, pas de sol. Ce sont des xérophytes épineuses, généralement en coussinet qui recouvrent des pentes entières. La forme hémisphérique du buisson permet de créer un microclimat à l’intérieur, mois froid en hiver, moins sec en été, avec de moindres variations de températures et d’humidité au cours de la journée.

Le Cytise jaune (Cytisus balansae ou purgans) est une endémique du Maroc et d’Algérie. Un des premiers xérophytes à fleurir, ses petites feuilles pointues à trois folioles disparaissent et c’est alors la tige verte et acérée qui assure la fonction chlorophylienne.

Également endémique du Maroc, l’Astragale piquante (Astragalus ibrahimianus) forme des tapis épineux. Ce sont les feuilles composées, à sessiles poilues, qui se terminent en pointe acérée.

Autre plante coussin, l’Alysson épineux (Alyssum spinosum ou Hormathophylla spinosa) forme des petits buissons à rameaux intriqués et épineux, composant des touffes. Ce sont les rameaux des années précédentes qui forment les épines. Les feuilles sont petites et oblongues, blanc argenté et les fleurs blanches à quatre pétales en croix ont six étamines.

Orpin à feuilles épaisses

Orpin à feuilles épaisses

Coincée entre un rocher et un cytise jaune, une plante grasse à fleurs délicates tente une percée. L’Orpin à feuilles épaisses (Sedum dasyphyllum) apprécie particulièrement les endroits ombragés. Typiques des Crassulacées, les feuilles sont épaisses et serrées : les tissus sont gonflés de substances liquides et assurent le rôle de réserve. Les fleurs blanches, de petite taille, portent cinq pétales et dix étamines.

ÉTAGE DU GENÉVRIER THURIFÈRE

Nous passons de l’autre côté du col pour longer la falaise et rejoindre l’étage du Genévrier thurifère (Juniperus thurifera). Un beau tapis argenté ondule sous le vent : ce sont des Stipes brillants (Stipa nitens) aux longues arêtes plumeuses qui poussent en abondance dans les rocailles montagneuses.

La vue est magnifique et surplombe une vallée dont les pentes sont recouvertes de genévriers en piqueté. Nous empruntons un chemin un peu scabreux pour rejoindre la nouvelle table d’orientation près de l’antenne TV. Mais il nous permet d’observer une végétation particulière faite de quelques arbustes à feuilles caduques.

FALAISES ET ROCHERS

À l’ombre d’un gros rocher, le Daphné purgatif ou Laurier des bois (Daphne laureola) présente des feuilles oblongues, vernissées. Il est considéré comme toxique. Quelques mètres plus loin, la falaise accouche d’un Nerprun des Alpes (Rhamnus alpina). Émergeant d’une fissure, cet arbuste tortueux porte de grandes feuilles vert vif, ovales et nervurées sur la face inférieure.

À ras du sol, une plante discrète étale ses tiges rampantes. Les Marocains l’appellent « el hidoura » pour sa similitude avec une peau de mouton de prière. En effet, la Paronique argentée (Paronichia argentea) brille par ses bractées lactescentes cachant le centre de fleurs minuscules.

Le Carthame penné (Carthamus pinnatus) s’apparente à une sorte de chardon. Un gros capitule de fleurs violettes repose au centre d’une rosette étoilée faite de feuilles à bord épineux. Mais le capitule du Chardon à grosse tête (Carduus nutans macrocephalus), comme son nom l’indique, est bien plus remarquable par sa taille et par ses bractées pointues.

La promenade progresse jusqu’à l’ancienne table d’orientation. De là, on aperçoit un bel exemplaire d’Alisier blanc (Sorbus aria) qui se détache de la falaise. Après plus de quatre heures de marche, ponctuées de nombreux arrêts, nous nous posons enfin pour le pique-nique.

VERS LES GRAVURES RUPESTRES

Rassasiés et reposées, nous redescendons vers la station et traversons le barrage pour rejoindre un vallon à pelouse sèche. Au-delà d’un petit relief de grès rouge, coexistent plusieurs espèces : la Mauve de Tournefort (Malva tournefortiana), aux feuilles finement découpées. Cousine de l’Hibiscus, elle a, comme lui, ses nombreuses étamines soudées en tube autour du style. L’Œillet de Lusitanie (Dianthus lusitanius), endémique du Maroc, diffère de l’Œillet sylvestre, observé en début de promenade, par un calice plus étroit et des pétales plus fins et frangés aux extrémités. La Phalangère à fleurs de lis (Anthericum liliago) comporte une haute hampe florale portant en grappes de belles fleurs blanches à six étamines et six tépales.

Au pied des gravures rupestre, représentant probablement des éléphants, pousse en abondance la Passerage drave (Lepidium draba). Cette plante invasive porte une inflorescence fournie de fleurs à quatre pétales en croix au sommet d’une haute tige. Également plante de grande taille à fleurs blanches, l’Achillée de Ligurie (Achillea ligustica), aux feuilles finement découpées, se termine en inflorescences en corymbes.

A l’issue de cette belle randonnée riche en découvertes, nous rejoignons la route pour retrouver les voitures et rentrer sur Marrakech.

©photo Isabelle Six

BIBLIOGRAPHIE

  • Marie Coste-el Omari, A la découverte de la flore de l’Oukaïmeden, Ed. Sarrazines, 2017
  • Abderrahman AAFI, Mohamed Sghir TALEB & Mohamed FECHTAL, Espèces remarquables de la flore du Maroc, Rabat, 2002
  • http://www.tela-botanica.org : Le réseau des botanistes francophones
  • http://www.teline.fr : Biodiversité végétale du sud-ouest marocain
  • http://www.atlasbota.com : Les belles fleurs de l’Atlas marocain